La Guyane se lance dans sa transition énergétique

Alors que la Guyane connait un des plus importants mouvements sociaux de son histoire, le décret relatif à sa Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) a été officiellement publié au Journal Officiel au début du mois d’avril. Ce document est le résultat d’un travail de concertation mené et validé en mars dernier par la ministre de l’Écologie Ségolène Royal et le président de la Collectivité territoriale de Guyane Rodolphe Alexandre. Zoom sur les grands projets énergétiques de cette collectivité ultramarine.

Favoriser l’atteinte des objectifs de la transition énergétique

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, adoptée officiellement en juillet 2015, fixe des objectifs précis pour les territoires français d’Outre-mer. Ces derniers devront compter 50% d’énergie renouvelable dans la consommation finale d’énergie d’ici 2020, afin notamment d’atteindre l’indépendance énergétique à l’horizon 2030.

Le décret relatif à la PPE de Guyane vise à favoriser l’atteinte de ces objectifs : il s’agit de mettre ce territoire sur la voie de la transition énergétique en fixant les grandes orientations de sa politique énergétique pour les années à venir. Le texte établit ainsi des priorités d’action qui visent à une meilleure maîtrise de la demande, à une diversification des sources énergétiques, à assurer la sécurité d’approvisionnement ainsi qu’à développer le stockage de l’énergie et les réseaux. La PPE s’étale sur deux périodes : 2017-2018 puis 2019-2023 avec une période de révision fin 2018 afin de confirmer les objectifs énergétiques à l’horizon 2023.

À l’heure actuelle, la Guyane importe près de 80% de ses ressources énergétiques (des hydrocarbures) et ne dispose pas d’interconnexions électriques avec les États voisins. Elle dispose en revanche d’un important potentiel en termes de ressources renouvelables. C’est pour ces raisons que les actions de la première période de la PPE porte sur le déploiement des énergies renouvelables et l’évolution du système électrique.

Cap sur les énergies renouvelables

Le développement des énergies renouvelables constitue, comme pour l’ensemble des PPE tricolores, un axe de travail prioritaire. La feuille de route énergétique guyanaise ambitionne en effet de développer la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à hauteur de 85% minimum.

À l’heure actuelle, plus de 50% de l’approvisionnement électrique de la Guyane est assuré par la centrale hydroélectrique de Petit Saut. D’une puissance de 116 MW, cette dernière a produit 863 GWh d’électricité en 2014. La PPE envisage de renforcer cette capacité de production renouvelable en assurant la construction de nouveaux moyens de production hydroélectrique mais également géothermique, éolienne ou encore photovoltaïque.

« La transition énergétique et la croissance verte constituent un défi et une véritable chance pour la Guyane qui recèle un formidable potentiel de déploiement des énergies renouvelables », estime Ségolène Royal.

Plus concrètement, le réseau électrique guyanais devrait pouvoir compter d’ici quelques années près de 200 MW de puissance de production renouvelable supplémentaire. Sur le littoral, une importante partie de la demande sera couverte de manière locale et respectueuse de l’environnement grâce au déploiement de 40 MW de biomasse locale, 16,5 MW de petite hydraulique et de 20 MW d’éolien. Est également envisagé une puissance photovoltaïque de 51 MW, dont 25 MW associés à des systèmes de stockage de l’électricité afin d’assurer l’autoconsommation. Dans l’Ouest du pays, 20 MW supplémentaires devraient voir le jour en plus des 20 MW récemment installés à Saint-Laurent-du-Maroni.

« Par ailleurs, pour favoriser le développement du solaire, Ségolène Royal annonce la mise en place d’un tarif d’achat pour le photovoltaïque spécifique pour la Corse et pour les Outre-mer – en Guyane, le tarif d’achat pour le photovoltaïque sera augmenté de plus de 35 % – et un principe de priorité d’appel des énergies renouvelables sur les réseaux électriques », explique un communiqué de presse du ministère de l’Énergie.

La centrale thermique diesel de Dégrard-des-Cannes et ses deux turbines à combustion seront remplacées d’ici l’horizon 2023 par une nouvelle centrale thermique de 120 MW. Cette dernière sera conçue pour fonctionner au fioul léger et au gaz naturel. Elle sera associée à une nouvelle centrale solaire de 10 MW (sans solution de stockage) et à 20 MW « de moyens de production à partir de sources renouvelables à puissance garantie ».

Un meilleur accès à l’énergie électrique

Dans un territoire où les zones rurales sont bien souvent isolées du réseau électrique, l’objectif est de favoriser l’accès de tous les citoyens à l’électricité. La PPE guyanaise prévoit à ce titre diverses actions expérimentales pour répondre aux enjeux d’électrification des espaces habités intérieurs. Il s’agira notamment d’évaluer l’intérêt de l’autoconsommation et du stockage d’électricité.

Mais il sera également important d’encourager le développement de solutions locales d’électrification à partir d’énergies renouvelables. Un appel d’offres devrait à ce titre concerner les localités de Maripasoula, Grand Santi, Régina et Papaïchton.

La part des énergies renouvelables sera également renforcée dans le secteur de la production thermique, allégeant ainsi le réseau électrique. Pompes à chaleur, solaire thermique et encore bois-énergie devraient en effet permettre d’éviter plus de 36 GWh de production électrique dans les secteurs résidentiel, tertiaire et industriel, tout en améliorant le bilan carbone. La PPE guyanaise prévoit également de travailler sur des mesures concrètes d’amélioration de l’efficacité énergétique : l’objectif est de réduire d’ici 2023 la consommation électrique de 17%.

Enfin, la PPE prévoit la création d’un syndicat mixte d’électrification du territoire. Cette structure aura pour mission d’aider les communes rurales à développer leur réseau électrique et à structurer la gestion des aides accordées dans le cadre du fonds d’électrification rurale. Les distributeurs d’électricité comme le groupe EDF ou encore Eni devraient être parties prenantes de ce syndicat mixte.

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