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Idée reçue n°2 : le nucléaire est une technologie du passé

En ces temps de dates anniversaires des catastrophes de Fukushima et Tchernobyl, de nombreux débats et avis s’opposent sur la baisse de la part du nucléaire dans la production d’électricité et viennent parsemer l’actualité. Que l’on soit pour ou contre l’atome, il est essentiel d’avoir accès à des données et faits objectifs pour comprendre les enjeux du futur mix énergétique français. Des enjeux que nous tous, citoyens, pourrons suivre pendant la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie qui débute le 19 mars.

La rédaction du Monde de l’Energie a décidé de décrypter pour vous les idées reçues les plus souvent reprises concernant le nucléaire.


Certains affirment que le nucléaire est une technologie du passé… et pointent du doigt le “grand âge” du parc français… D’autres pensent que la grande majorité des centrales actuelles, opérationnelles environ depuis 30 ou 40 ans, devront être arrêtées un jour ou l’autre et que ce sera la fin de l’énergie nucléaire. Pourtant, les faits contredisent ces positions : un grand nombre de pays (Pays-Bas, Etats-Unis,…) optent résolument pour le prolongement de la durée de fonctionnement de leurs centrales et font les investissements nécessaires pour continuer à les exploiter en toute sûreté pendant 60 voire même 80 ans. D’autres pays, à l’image de la Chine, de l’Inde ou de la Finlande, ont opté pour la construction de nouvelles centrales, de 3e génération. Des choix évidents de sécurisation de l’approvisionnement dans les décennies à venir qu’a fait la France avec la construction de l’EPR de Flamanville et son Grand carénage.

Alors, quel avenir pour l’énergie nucléaire ? Le nombre de centrales nucléaire dans le monde est-il en augmentation ou, au contraire, diminue-t-il ? S’agit-il d’une énergie du passé ou du futur ?

Le nucléaire est une énergie dépassée

Le nucléaire innove : les performances du nouveau nucléaire en font une référence à l’export.  Avec un standard de « 3ème génération », l’EPR bénéficie d’importantes améliorations en termes de sûreté, de protection de l’environnement et de performance grâce à notamment une durée de fonctionnement fixée à au moins 60 ans, une augmentation de la disponibilité et de la manœuvrabilité, un contrôle-commande numérique et un dispositif de sûreté renforcé.

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Le Grand carénage ne sert à rien

Le Grand carénage est le programme d’investissement destiné à prolonger la durée de fonctionnement du parc nucléaire français au-delà de 40 ans, tout en continuant à produire en toute sûreté. Cette prolongation du parc existant est également la solution la plus économique : le coût « cash » de production du parc nucléaire français s’établit aujourd’hui à 32 euros par mégawatt/heure (MWh) et peut compter sur le  grand carénage pour redescendre progressivement à moins de 30 euros par MWh. En comparaison, l’éolien terrestre et offshore affichent des coûts de 60 à 100 euros pour le premier et de 150 euros par MWh pour le deuxième.

A noter que ce Grand carénage, in fine, permet à la France d’être un pays leader de la production d’énergie bas carbone dans le monde. Il vise également à renforcer ses installations existantes pour favoriser une production flexible en complémentarité des énergies renouvelables.

Les centrales nucléaires deviennent vétustes

En plus de la maintenance quotidienne de ses installations, l’exploitant améliore systématiquement et à chaque inspection décennale leur niveau de sûreté au gré des innovations techniques et des progrès scientifiques. A Saint-Alban par exemple, la visite décennale du réacteur n°1 en 2017 a permis la rénovation complète de la salle de conduite et du contrôle-commande de l’unité permettant d’optimiser l’ensemble des systèmes de mesure et des fonctions de régulation et de protection de l’installation. Dans le cadre du programme d’investissement Grand Carénage (48Mds€ sur la période 2014-2025), EDF procède donc à des remplacements de matériels et au rapprochement des exigences de sûreté des centrales existantes à celles de « dernière génération » comme l’EPR. Par ailleurs, l’ensemble des centrales nucléaires françaises font l’objet d’un contrôle permanent et indépendant de la part de nombreux organismes comme l’ASN, l’IRSN, etc.

Le nucléaire est en recul dans le monde

A l’international, le développement de nouveaux réacteurs n’a jamais été aussi important depuis 25 ans. Une soixantaine de nouvelles unités sont actuellement en construction. La capacité nucléaire devrait être doublée d’ici 2050 pour atteindre les objectifs climatiques, d’après l’Agence Internationale de l’Energie. L’excellence française est d’ailleurs sous le feu des projecteurs avec la signature, ce 10 mars 2018, d’un protocole de coopération relatif à la construction de six EPR à Jaitapur en Inde à l’occasion de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron. Ce dossier est présenté comme le plus grand projet de centrale nucléaire au monde. En janvier dernier, en déplacement en Chine, le président français avait déjà confirmé que le premier EPR au monde serait opérationnel d’ici fin 2018 à Taishan.

Retrouvez l’idée reçue n°1 : le nucléaire est une énergie dangereuse

Retrouvez l’idée reçue n°3 : le nucléaire coûte cher

Retrouvez l’idée reçue n°4 : l’industrie du nucléaire ne sait que faire de ses déchets

Retrouvez l’idée reçue n°5 : le nucléaire ne laisse pas la place aux énergies renouvelables

Retrouvez l’idée reçue n°6 : Le nucléaire fragilise les emplois et les territoires

La tribune de Michel Gay – PPE : confusion dans le pilotage de la politique énergétique de la France

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COMMENTAIRES

  • Non ce n’est pas du passé ! on vient de remettre en action la plus vieille centrale du monde (1969!) : Beznau 1 en Suisse après 3 ans de “revamping” ; voilà un pays qui ne construit plus de nouvelles centrales mais utilise les anciennes au maximum ! Une très bonne gestion de l’argent public : pourrait on en faire autant à Fessenheim ?
    Marc Blaizot

    Répondre
  • Oui il faudrait réouvrir Fessenheim si cela permet de payer moins d’impôts. EDF, à cause d’Areva, est maintenant très endetté et je me demande si à la limite l’explosion de cette centrale ne couterait pas moins cher au contribuable que son démantèlement, car très complexe et compliqué. Il serait bon d’avoir un grand débat publique sur la question.

    Répondre
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