Ouessant, Sein et Molène visent le 100% énergies renouvelables d’ici 2030

Les systèmes énergétiques insulaires représentent un véritable défi pour la transition énergétique française : en raison de leur isolement géographique, ces réseaux électriques doivent être en mesure de produire localement toute l’électricité qu’ils consomment. Mais les îles sont encore trop dépendantes des ressources fossiles polluantes. L’enjeu pour ces territoires est aujourd’hui de répondre aux objectifs de la transition énergétique (et donc de réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre) en développant les sources d’énergies renouvelables et les smart grids, et en favorisant la sobriété énergétique. Et c’est dans cette voie qu’œuvre depuis un an et demi l’association des Îles du Ponant. Depuis le lancement de leur projet, les îles d’Ouessant, de Sein et de Molène ont déjà réduit de 16% leurs émissions de dioxyde de carbone. L’objectif final : dépendre à 100% des énergies renouvelables d’ici l’horizon 2030.

Réduire la dépendance des îles aux centrales thermiques

C’est en 1971 qu’un regroupement de 15 îles du littoral de la Manche et de l’Atlantique décide de mutualiser leurs forces en créant l’association des Îles du Ponant. Parmi les objectifs de cette association, qui réunit élus et responsables socio-professionnels, figure la volonté de dynamiser l’économie locale tout en soutenant la transition écologique et énergétique. Une ambition forte qui apparait aujourd’hui comme une nécessité pour des îles qui ne sont pas raccordées au réseau électrique continental et qui doivent donc produire leur électricité grâce à des centrales au fioul.

C’est dans ce contexte que les îles d’Ouessant, de Sein et de Molène se lancent en 2016 dans un ambitieux projet visant à accélérer leur transition énergétique. L’objectif est simple : réduire de 30% leurs émissions de gaz à effet de serre en 3 ans. Pour finalement atteindre un mix électrique 100% énergies renouvelables d’ici l’horizon 2030.

Et les premiers résultats sont plus qu’encourageants. Lors du premier bilan des actions engagées, l’association a annoncé une économie d’énergie électrique de 1.139 MWh (alors que l’objectif initial de cette première étape était de 753 MWh) et une réduction de la consommation de fioul à hauteur de 386.700 litres en un an. De fait, le bilan carbone des trois îles s’en trouve grandement amélioré : les émissions de dioxyde de carbone d’Ouessant, de Sein et de Molène ont baissé de 16%.

Renforcer la production renouvelable

Le volet production électrique de cette ambitieuse transition énergétique passe par le renforcement des unités de production renouvelable, qui doivent prendre le relai des anciennes centrales au fioul. Les îles d’Ouessant, de Sein et de Molène ont pour cela misé sur les trois éléments que sont le soleil, la mer et le vent.

Les panneaux photovoltaïques ont donc fait leur apparition sur les toitures de la région. À Ouessant, ce sont plus de 290 mètres carrés de panneaux solaires qui recouvrent désormais les toits de la salle omnisports et de la salle polyvalente. Même démarche à Sein où 517 mètres carrés de l’écloserie sont consacrés à la production d’énergie solaire. Et les projets ne manquent pas : les ateliers techniques d’Ouessant, les bâtiments EDF de Molène ou encore la déchèterie et la gare maritime de Sein devraient également être convertis en centrales solaires.

La grande innovation du projet est sans conteste l’hydrolienne Sabella, une turbine sous-marine développée par la PME quimpéroise Sabella. Entre septembre 2015 et juillet 2016, lors d’une première phase d’expérimentation en condition réelle d’utilisation, elle a été immergée par 50 mètres de profondeur au Fromveur, un des plus forts courants marins d’Europe : elle a produit plus de 70MWh d’électricité 100% renouvelable pour les habitants de l’île d’Ouessant. L’hydrolienne devrait à nouveau être immergée d’ici le début de l’année 2018, et vise cette fois la production d’un volume électrique de 400 MWh.

Le développement de l’énergie éolienne est en revanche un peu plus long à se mettre en place, en raison notamment de la taille des structures à déployer et de la dimension des terrains nécessaires.

Moderniser le réseau électrique

En plus de la création de nouveaux moyens de production renouvelable, les Îles du Ponant ont également travaillé à la modernisation de leur réseau électrique. Le déploiement des compteurs communicants Linky a été achevé afin de faciliter l’intégration des sources d’énergies renouvelables intermittentes (solaires et éoliennes). Dans cette même optique, une installation de stockage/pilotage du réseau électrique a été déployée par l’électricien EDF.

« Sur les îles, la consommation peut varier de 1 à 9. Il faut réagir à la milliseconde. Nous avons installé à Ouessant en juillet et Sein en mai des batteries lithium-ion qui vont permettent de stocker ces énergies renouvelables », explique Caroline Ducharme, chef de projet chez EDF Système Electrique Insulaire.

Enfin, des programmes de sobriété énergétique ont été mis en place afin de réduire les volumes d’électricité consommée par les habitants. Distribution d’ampoules LED, travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments publics, remplacement des appareils électroménagers énergivores.

« Il a fallu que tout le monde y mette du sien. Et ce, par le biais d’un programme d’intérêt général qui vise à accompagner techniquement et financièrement les habitants des îles pour la réalisation de travaux d’amélioration de leurs logements respectifs », expliquent les responsables de l’association.

L’association des Îles du Ponant est accompagnée dans cet ambitieux programme par de nombreux acteurs institutionnels (Ademe, Conseil Régional de Bretagne, Conseil Départemental du Finistère…) et professionnels (EDF, Enedis, Sabella…). Deux programmes cumulant 1,6 million d’euros de financement sur trois ans ont également facilité les démarches (un appel à projet de la Région Bretagne baptisé la « Boucle énergétique locale », et un appel à projets national baptisé Territoire à énergie positive pour la croissance verte).

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