COP23 : une coalition de 25 pays s’engage à sortir du charbon d’ici 2030

La création de la coalition pour la sortie du charbon, baptisée « Powering Past Coal Alliance », est sans conteste une des annonces majeures de la COP23. Dans le cadre de leur objectif de lutte contre le réchauffement climatique, une vingtaine de pays se sont en effet engagés à ne plus utiliser de charbon, énergie fossile la plus polluante, d’ici l’horizon 2030. Une manière forte, pour la communauté internationale, de rappeler qu’elle ne cautionnera jamais les politiques pro-énergies fossiles, comme celle menée par Donald Trump.

Vers un mix énergétique sans charbon d’ici une dizaine d’années

La coalition « pour faire du charbon une énergie du passé » a été lancée à la veille de la clôture des négociations de la COP23 par la Canada et le Royaume-Uni. L’initiative de ces deux nations a rapidement été soutenue par 23 autres pays ou collectivités : on trouve notamment la France, le Danemark, la Belgique, l’Italie, le Mexique, le Costa Rica, la Nouvelle-Zélande, le Portugal et les États américains de l’Oregon et de Washington.

La Powering Past Coal Alliance se définie comme un rassemblement de gouvernements, d’entreprises et d’organisations qui ont pour objectif commun l’accélération de la croissance propre et la protection du climat grâce à l’élimination rapide du charbon conventionnel. L’engagement des membres de cette coalition est donc simple : fermer progressivement toutes les centrales à charbon en activité sur leur territoire. Et ainsi se passer définitivement de cette énergie fossile d’ici 2030.

Les parties prenantes se sont également engagées à « imposer un moratoire sur les nouvelles centrales au charbon conventionnelles sans capture et stockage du carbone ». Autrement dit, les membres de la Powering Past Coal Alliance laissent la possibilité aux énergéticiens d’exploiter des centrales dites propres.

Les engagements de cette coalition anti-charbon sont d’autant plus symboliques qu’ils ont été annoncés quelques jours après la publication du 12ème rapport annuel des scientifiques du Global Carbon Project. Selon les résultats de cette étude présentée en marge de la COP23, les émissions mondiales de CO2 seraient reparties à la hausse (+2%) en 2017, après 3 années consécutives de baisse.

La France ne veut pas s’engager sans réfléchir

« À l’initiative du Royaume-Uni et du Canada, nous avons rejoint une coalition en cohérence avec nos propres engagements, qui vise à nous débarrasser définitivement du charbon« , a déclaré le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, rendant ainsi officielle l’adhésion de la France à la Powering Past Coal Alliance.

La participation de l’Hexagone à cette coalition fait en effet écho aux engagements pris par le gouvernement français, qui souhaite fermer ses quatre dernières centrales à charbon (en activité à Gardanne, en Moselle, à Cordemais et au Havre) d’ici 2021. À cette date, notre mix énergétique devrait donc être définitivement débarrassé de cette ressource polluante.

Lors de son discours à la tribune de la COP23, Emmanuel Macron a d’ailleurs rappelé l’importance de mettre en place une politique énergétique prudente et raisonnée. Le Président français a en effet évoqué l’importance « d’accélérer la montée en charge des énergies renouvelables et donc les mutations technologiques les accompagnant« . Tout en étant prudent : « que personne ne se trompe : prétendre que nous devrions accélérer la fermeture des centrales nucléaires sans avoir préalablement répondu à cela, c’est nous condamner dans les prochaines années à rouvrir des centrales à charbon« .

L’absence regrettable des grands pollueurs

E. Macron ne semble pas vouloir faire la même erreur que l’Allemagne, aujourd’hui prisonnière de sa dépendance au charbon. La chancelière Angela Merkel avait annoncé en 2011 sa volonté de fermer les centrales nucléaires allemandes, sans se rendre compte que cette décision allait entrainer un retour en force du charbon. Pour compenser l’arrêt de la production des réacteurs électronucléaires, nos voisins d’Outre-Rhin n’ont d’autres choix que de relancer l’extraction du lignite pour alimenter leurs centrales à charbon. L’Allemagne est ainsi devenue en quelques années le 7ème plus gros pollueur de la planète.

Dans ce contexte, impossible pour Berlin de s’engager dans une sortie du charbon. D’autres pollueurs notoires brillent également par leur absence dans la Powering Past Coal Alliance : Chine, Russie ou encore États-Unis. De fait, cette nouvelle coalition ne représente qu’une part minime de la consommation mondiale de charbon.

« Les principes qui nous guident sont un accès universel à une énergie sûre et abordable, et des marchés ouverts et compétitifs promouvant l’efficacité et la sécurité énergétique. Nous souhaitons soutenir les énergies les plus propres, les plus efficientes, quelles qu’en soient les sources », a expliqué Judith Garber, secrétaire d’Etat adjointe envoyée à Bonn par Washington.

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