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L’autoconsommation bouscule notre référentiel culturel « colbertiste »

Ouvrons les portes et les fenêtres de nos esprits à la révolution numérique de l’énergie… Le temps est venu d’une plus grande autonomie de destin au niveau local.

L’autoconsommation est vue par certains comme un risque de « communautarisme énergétique », une façon de se soustraire à la solidarité nationale de notre système électrique centralisé. L’autoconsommation est pourtant encore hyper marginale et sera sans effet réel sur le système électrique national avant des années. Toutefois, comme elle recèle un énorme potentiel de disruption du système électrique, elle bouscule notre référentiel culturel « colbertiste ».

Je vous propose de sortir de cette pensée jacobine, en remerciant notre système électrique « à la française » qui a accompagné l’avènement de la production nucléaire et de l’électrification des territoires, et d’accepter d’imaginer les sources d’opportunités « girondines » formidables que l’autoconsommation va générer, en même temps que la digitalisation, le stockage et la mobilité électrique. Cela va nous faire sortir du vieux monde pour entrer dans l’ère de la 3ème révolution industrielle, celle de l’internet de l’énergie qui est décentralisé par essence, en synergie positive avec le système électrique global au niveau national et paneuropéen.

L’autoconsommation est en quelque sorte un optimum de décentralisation énergétique, une production électrique au plus près des besoins, plus verte et bientôt durablement moins chère que la production centralisée distribuée, dont les coûts vont aller croissant. Notons que le problème de l’intermittence du solaire sera bientôt jugulé, tandis que le pilotage de la demande et la gestion optimale des véhicules électriques en lien avec les bâtiments va rendre le système électrique globalement plus efficace. Nous attendons aussi les progrès de la libéralisation du marché électrique pour contribuer à la dynamique d’efficacité favorable aux consommateurs.

Il faut intégrer que l’autoconsommation est portée par la révolution simultanée du numérique et du stockage (par l’électromobilité à 90%). Ces deux puissants moteurs vont déclencher des changements qui vont considérablement bouleverser le paysage électrique français d’ici 10 ans. Avec la digitalisation de l’électricité, l’avènement de l’électromobilité et du stockage stationnaire, la voie se pave pour que l’autoconsommation puisse devenir totalement naturelle au pays de Colbert, patrie du nucléaire civil en transition énergétique. Cela se décide d’ici la fin 2017 avec la CRE, le gouvernement et le Parlement : se projeter vers l’avenir ou défendre le passé ?

Ne construisons pas à la hâte une nouvelle ligne Maginot pour défendre à tout prix le centralisme électrique « à la française », en pensant d’emblée à « taxer le soleil ». Une ligne chimérique qui n’arrêterait pas les progrès à venir, ne faisant que les ralentir en dilapidant la création potentielle de valeur. Au contraire, embrassons les nouvelles opportunités que nous offre cette révolution technologique. Faisons entrer la France dans le modèle énergétique du 21ème siècle qui sera par nature largement numérique et décentralisé partout dans le monde. A cette heure pour l’énergie, la production de richesse est accélérée par la révolution numérique et entravée par les conservatismes.

Donnons-nous le temps (2 ans ?) d’étudier cette transformation complexe, dont nous ne sommes qu’aux prémices. Ayons l’esprit ouvert pour que l’autoconsommation tisse de nouvelles solidarités et nous apporte de nouvelles formes de résilience, pour qu’elle contribue à faire baisser le coût d’usage de notre réseau électrique qui est un objectif à poursuivre inlassablement.

A cette fin, il est essentiel de faire entrer la digitalisation de l’électricité, ainsi que le futur de l’électromobilité et du stockage stationnaire dans les débats de la concertation de la CRE relative à l’autoconsommation, afin d’appréhender de façon globale et non partielle la problématique de transformation de notre système électrique. La « métropolisation » doit par ailleurs être intégrée à la réflexion.

Passer du « colbertisme » à la « métropolisation » de l’énergie en lien avec la périphérie

Colbert nous a fait progresser en tant que nation centralisée. C’était avant que Paris ne soit une ville monde ouverte à la mondialisation, avant le bigbang électrique national de 1946, et bien avant encore que nous ne basculions dans la « métropolisation » récente du pays.

Aujourd’hui, l’Etat se désengage autant qu’il peut. Cela sonne le glas du colbertisme, le temps de l’autonomie de destin au niveau local est venu. Les métropoles sont ainsi post-jacobines et doivent s’inventer en villes puissances, alors que cela leur a été nié pendant des siècles. Avec les régions et les métropoles, un nouveau système de politique énergétique plus horizontal se met en place, avec une relation entre les villes centres et leur périphérie à inventer, autant qu’entre le local, le régional et le national… les métropoles ou gouvernements locaux selon l’acception internationale, sont à l’avant-garde des mobilisations climatiques, et poussent les Etats à agir, comme en témoignent les dernières COP.

Notons que cette décentralisation énergétique va créer de nouveaux liens entre les territoires péri-urbains et les métropoles centres. Elle va permettre que ces territoires péri-urbains relégués deviennent des générateurs de richesse (l’énergie) pour le bien commun de la métropole. Ils vont devenir source d’indépendance énergétique locale pour les métropoles, avec la création de nombreux emplois locaux liés à la conception/installation/exploitation des systèmes solaires.

Nous allons passer d’un système du haut vers le bas, avec un système centralisé qui assurait la domination de « Paris » sur « les provinces » (portée à son paroxysme dans notre centralisme électrique), à un système métropolitain beaucoup plus horizontal, créateur de richesses locales là où une partie des français désespèrent de l‘avenir et où d’autres l’enchantent…

L’autoconsommation est le carburant des métropoles pour leur offrir une part toujours plus grande d’autonomie. Une « métropolisation » qui redessine le paysage politique et donne une chance supplémentaire à notre développement en ajoutant un échelon pour le « nous »*. Un « nous » fédérateur local élargi, qui grâce à l’autoconsommation fait passer de « sujets » à « acteurs » ceux qui veulent du mieux vivre ensemble énergétique pour demain.

En dehors des métropoles, l’autoconsommation est aussi le carburant des intercommunalités, dans la même dynamique de subsidiarité locale avec les spécificités du milieu rurbain/rural. Les bénéfices de la décentralisation énergétique de l’autoconsommation se révèlent à toutes les échelles territoriales.

* Jean VIARD « Le moment est venu de penser à l’avenir », m’a inspiré sur la « métropolisation » de l’énergie.

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