L’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) à horizon 2050 influe toujours fortement sur la planification urbaine. Face au gel du foncier, les communes densifient les quartiers existants et la structure bois s’impose souvent : environ cinq fois plus légère que le béton, elle permet d’ajouter des étages sans lourdes reprises des fondations.
L’artificialisation des sols – altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol – nuit à la biodiversité et est un facteur aggravant du changement climatique. Afin de mettre un terme à ce phénomène, la loi « Climat et résilience » d’août 2021 fixe à la France l’objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN) d’ici 2050.
Le « Zéro artificialisation nette » durcit les règles d’urbanisme
Le texte établit un premier palier : réduire de 50 % l’artificialisation entre 2021 et 2031 par rapport à la décennie précédente. Chaque commune reçoit un quota annuel d’artificialisation, appelé à diminuer progressivement.
Alors qu’un assouplissement de 20 % avait été voté mi-avril 2026 pour les grands projets, le Conseil constitutionnel l’a censuré le 21 mai. Les communes disposent désormais des leviers réglementaires suivants :
- réduction, voire gel, du foncier urbanisable ;
- obligation de compenser tout nouveau projet par de la renaturation ;
- priorité au renouvellement urbain et à la valorisation des friches ;
- densification des zones déjà urbanisées.
Le bois, atout technique pour surélever et densifier
Agrandir les bâtiments « par le haut » constitue l’une des options les moins contraignantes, sur le plan réglementaire, pour densifier la ville. Parmi les solutions disponibles, la surélévation en bois se distingue par sa légèreté, ses coûts maîtrisés et sa simplicité de mise en œuvre.
Cinq fois moins lourd que le béton, le bois permet souvent d’ajouter plusieurs étages à des immeubles sans reprise des fondations. Et même lorsque celles-ci sont nécessaires, elles restent bien plus limitées qu’avec d’autres matériaux.
Autre avantage : à hauteur équivalente, une surélévation en bois coûte sensiblement moins cher. Plus simple à mettre en œuvre et moins contraignante pour le bâti existant, souvent préfabriquée ou assemblée hors-site, elle réduit aussi la durée des chantiers.
Le bois ne cesse d’ailleurs de gagner du terrain dans les travaux d’extension. Selon Batizoom, la plateforme d’indicateurs bâtiment portée par l’ADEME, la construction bois représentait en 2024 28,5 % des extensions et surélévations de logements.
Des projets qui se multiplient
La percée du bois se concrétise sur le terrain par des chantiers d’envergure variée. La rénovation du Pavillon Keller, à Paris, illustre l’intérêt du bois pour réhabiliter et agrandir des bâtiments existants en site urbain dense. La structure béton d’origine a été conservée tandis que les extensions ont été réalisées en ossature bois, afin de limiter les charges sur les éléments porteurs et de réduire l’impact environnemental du projet.
D’autres opérations témoignent également de l’essor du bois dans le renouvellement urbain. Parmi elles figurent la réhabilitation de la salle Saint-Joseph à Cattenom, la Maison de l’Innovation à Nantes ou encore la tour Wood Up, qui abrite 132 appartements dans le XIIIe arrondissement de Paris.
Un matériau renouvelable qui stocke le carbone
À ces atouts techniques – légèreté, coût, facilité de mise en œuvre –, le bois ajoute des avantages environnementaux. Renouvelable, il stocke pendant toute la durée de vie du bâtiment, le carbone capté par les arbres lors de leur croissance.
En érigeant le bilan carbone en pilier de la construction neuve, la RE2020 a renforcé l’attractivité de ce matériau pour les constructions neuves – une dynamique appelée à s’amplifier avec la RE2028. Apprécié aussi pour ses qualités esthétiques, le bois s’impose dans une grande diversité de projets. Bien au-delà des surélévations, il s’installe durablement dans le paysage de la construction.

Pas grand chose à dire sur cet article que j’approuve en totalité. Mais il est dommage quon n’y parle pas de la ,=nécessité absolue de révégétaliser les villes y compris par le retour des arbres.