Le projet de construction de deux réacteurs EPR2 à Gravelines entre dans une nouvelle phase. EDF a obtenu l’autorisation de lancer les travaux préparatoires nécessaires à la réalisation de ces nouvelles unités nucléaires dans le Nord. Une étape importante pour l’énergéticien, qui vise une mise en service des réacteurs à l’horizon 2038-2039.
Un décret publié le 12 août permet désormais à EDF d’engager une série d’opérations sur le site. Il ne s’agit pas encore de construire les réacteurs eux-mêmes, mais de préparer les terrains et les infrastructures nécessaires à ce chantier de très grande ampleur.
Terrassements et génie civil peuvent commencer
Les premières opérations concernent notamment les terrassements, certains travaux de génie civil et l’aménagement général du chantier.
Plusieurs infrastructures existantes doivent également être adaptées ou déplacées. Le terminal ferroviaire du centre nucléaire de production d’électricité de Gravelines doit notamment être relocalisé. La création d’un chenal d’amenée figure également parmi les opérations prévues.
Mais l’un des chantiers les plus complexes concernera directement le sous-sol sur lequel doivent être construits les futurs réacteurs.
Un terrain qui représente un défi technique
La centrale de Gravelines présente en effet une particularité géologique importante. Elle est implantée sur un polder, c’est-à-dire un territoire gagné sur la mer et protégé contre les eaux.
Le sous-sol est notamment composé d’importantes couches de sable et d’argile. Or, le poids considérable des installations nucléaires pourrait entraîner des tassements différents selon les zones.
Pour des bâtiments nécessitant une très grande stabilité, ces mouvements doivent être maîtrisés avec précision. EDF avait initialement proposé une première méthode de consolidation, mais celle-ci avait suscité des réserves de la part de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR).
L’entreprise s’est donc orientée vers une solution reposant davantage sur des techniques déjà éprouvées.
2 000 structures en béton implantées dans le sol
Le dispositif envisagé est particulièrement impressionnant. Environ 2 000 barrettes en béton doivent être implantées dans le sous-sol. Chacune pourrait descendre jusqu’à une cinquantaine de mètres de profondeur.
Leur fonction sera notamment de limiter les différences de tassement sous les futures installations et de mieux répartir les contraintes exercées par les bâtiments.
En complément, les quinze premiers mètres de terrain doivent être excavés. Les matériaux retirés seront remplacés par un remblai compacté afin de constituer une base plus homogène pour les futures constructions.
Ces opérations donnent une idée de l’ampleur des travaux nécessaires avant même que ne débute la construction proprement dite des réacteurs.
Gravelines pourrait considérablement augmenter sa puissance
Le choix de Gravelines pour accueillir deux EPR2 revêt également une dimension symbolique. Le site abrite actuellement six réacteurs d’environ 900 MW électriques chacun, ce qui en fait déjà l’un des plus importants complexes nucléaires européens.
Les futurs EPR2 viendraient considérablement augmenter cette capacité. Si les six unités historiques fonctionnent toujours lorsque les nouveaux réacteurs entreront en service, la puissance totale du site pourrait atteindre environ 8,8 GW.
Une telle capacité placerait Gravelines parmi les centrales nucléaires les plus puissantes de la planète, devant plusieurs complexes majeurs actuellement en exploitation.
La comparaison dépendra toutefois de la situation du parc mondial à cette échéance et, surtout, du maintien en activité des six réacteurs actuels.
Un calendrier qui reste particulièrement long
Malgré l’autorisation accordée pour les travaux préparatoires, le projet ne fait donc que commencer. Les opérations de préparation des sols et des infrastructures seront suivies de nombreuses étapes administratives, techniques et industrielles avant la production du premier mégawattheure.
EDF vise actuellement une mise en service des deux nouveaux réacteurs autour de 2038 et 2039. Le respect de ce calendrier constituera l’un des principaux défis du programme français de relance du nucléaire.
Le démarrage des travaux préparatoires à Gravelines marque néanmoins une étape concrète. Après plusieurs années consacrées aux études et aux procédures, le projet commence désormais à prendre forme directement sur le terrain.
« Le démarrage des travaux préparatoires à Gravelines marque néanmoins une étape concrète. Après plusieurs années consacrées aux études et aux procédures »,
Que de temps perdu avec ces procédures (batons ds les roues) !