Un vent de croissance souffle sur la filière éolienne française

Un vent de croissance souffle sur la filière éolienne française

Mature et compétitive, l’énergie éolienne est un outil identifié comme particulièrement efficace dans le cadre de notre transition énergétique. Il s’agit en effet d’une ressource qui permet de diversifier notre mix électrique de manière totalement respectueuse de l’environnement tout en favorisant notre indépendance énergétique.

La filière se heurte cependant à certaines contraintes qui l’empêchent de tirer pleinement partie du potentiel qu’offre le territoire hexagonal. Explications.

Une filière écologiquement…

Depuis quelques années, le secteur français de l’éolien est porté par des vents largement favorables et l’année 2018 n’aura pas failli à cette dynamique. C’est du moins les conclusions que l’on peut tirer de l’Observatoire annuel de l’éolien, une étude publiée par l’association France Énergie Éolienne et qui propose un bilan détaillé de la deuxième filière renouvelable de France.

En 2018, le parc éolien hexagonal a vu sa puissance cumulée totale atteindre les 15.309 MW grâce à la mise en service de 1.552 MW de nouvelles capacités de production.

Une croissance annuelle particulièrement vigoureuse, juste en deçà des résultats record de 2017 (+1.692 MW), qui permet à la filière de dépasser l’objectif de 15.000 MW installées fin 2018 (comme prévu dans la précédente Programmation Pluriannuelle de l’Énergie – PPE).

La France compte désormais 7.950 éoliennes sur son territoire, réparties dans 1.380 parcs. Ces turbines permettent de couvrir localement 6% des besoins en électricité des Français.

… et économiquement au service de la France

Si l’énergie éolienne est un atout pour notre transition énergétique, elle est également une véritable source de croissance économique pour notre pays. L’association France Énergie Éolienne affirme que la filière est en effet le premier employeur énergie renouvelable de France : en 2018, elle employait plus de 18.200 personnes (soit 1.100 emplois de plus qu’en 2017). Et d’ici 2030, ce ne sont pas moins de 40.000 nouveaux emplois qui auront été créés.

« Pour chaque nouveau MW d’énergie éolienne raccordé, la filière créé 1,2 emploi au cœur des territoires. Non délocalisables, durables et faisant intervenir des compétences techniques en pleine mutation, ces emplois représentent une opportunité de dynamisme économique pour les collectivités qui accueillent parcs et entreprises du secteur », expliquent les auteurs de l’Observatoire.

L’éolien est d’ailleurs une filière dont les retombées économiques s’inscrivent au cœur des territoires français. Au-delà des emplois qu’ils permettent de générer, les parcs éoliens sont en effet une source durable de revenus pour les collectivités territoriales.

France Énergie Éolienne estime qu’un parc éolien entraîne annuellement un million d’euros de retombées fiscales (taxes foncières, cotisation foncière des entreprises, cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, etc…) pour les différentes collectivités qui composent sa zone d’implantation.

« Il est clair que les recettes nouvelles générées par l’éolien pour les collectivités sont un plus pour leurs budgets, notamment communaux. Dans un contexte de baisse des dotations de l’État, ces recettes permettent souvent de maintenir ou de créer les services publics qui se sont trop souvent éloignés de nos campagnes », explique à ce titre Olivier Perot, le Président de l’association qui réunit plus de 300 professionnels français.

Favoriser l’acceptabilité des éoliennes par la population

Pourtant, la croissance qui caractérise la filière éolienne n’est pas de tout repos. Les auteurs de l’Observatoire déplorent en premier lieu le déficit d’image dont souffrent les turbines françaises, régulièrement ciblées par des campagnes de désinformation visant à freiner le développement de la filière.

« La filière éolienne est prête à assumer son rôle de moteur dans la transition énergétique du pays (…) et ce en dépit des positions dogmatiques d’une poignée d’organisations, dont les actions se bornent à ralentir la transition énergétique de notre pays par le biais de recours juridiques systématiques, à répandre de fausses informations et à jouer sur les peurs et les angoisses pour monter les Français les uns contre les autres ».

Une enquête menée par Harris Interactive en janvier dernier semble pourtant indiquer que les Français sont largement favorables à l’énergie éolienne : 77% de la population soutient son développement. France Énergie Éolienne appelle ainsi à davantage d’information, de pédagogie et de transparence pour susciter toujours plus d’adhésion de la part des citoyens.

La France doit rattraper son retard dans l’éolien offshore

Les professionnels du secteur éolien souhaiteraient également que le gouvernement sécurise le déploiement des turbines sur le territoire à l’aide d’une « feuille de route lisible et ambitieuse ». Une condition qui semble importante pour atteindre l’objectif de 34 GW en 2028 fixé par la PPE, et qui va nécessiter de passer à un rythme de raccordement annuel de 2 GW (contre 1,5 actuellement).

« L’éolien est également de mieux en mieux représenté dans le mix énergétique européen : en 2018, la production pour l’ensemble des pays européens atteignait 362 TWh, et a couvert 14% des besoins totaux en électricité de l’Europe. Si la France garde sa 4ème place par sa puissance éolienne totale installée, l’écart continue de se creuser avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, dont les politiques volontaristes en matière d’éolien en mer se concrétisent avec d’ambitieux projets ».

Les acteurs de la filière ont en effet des attentes fortes en matière de développement des éoliennes en mer. Malgré la compétitivité de la filière offshore et l’incroyable potentiel de notre territoire (2ème gisement européen de vent, 3.500 kilomètres de côtes…), la France ne compte toujours pas de parc éolien en mer en service.

L’association France Énergie Éolienne semble cependant confiante sur la capacité du gouvernement à se saisir de l’opportunité que représente l’éolien offshore.

Elle affirme en effet dans la première partie de son Observatoire que le Parlement a renforcé son ambition de développement de l’éolien en mer « en fixant un nouvel objectif de rythme d’attribution de 1GW par an d’ici à 2024 ».