La Smart city du futur

Avant de se projeter dans la smart city du futur, il est bon de définir ce qu’est une smart city.

Une smart city est une ville, ou communauté territoriale, qui utilise le digital et les nouvelles technologies pour s’améliorer et transformer la qualité de vie et les services publics en proposant de nouveaux services aux citoyens, en optimisant ses coûts (énergie, réseaux, services de la ville…) et en mettant l’environnement au cœur de sa politique avec une économie durable et des énergies renouvelables.

Les nouvelles technologies sont principalement basées sur des réseaux et des capteurs de données, sur l’analyse de ces données avec de l’intelligence artificielle, et sur leur visualisation avec un hyperviseur pour gérer les données de la ville. Le tout en veillant dès la conception au respect des données personnelles.

L’introduction des nouvelles technologies redéfinit la ville sur tous ses aspects. La smart city constitue donc une évolution vitale pour les zones urbaines.

Comment la smart city peut-elle renforcer l’attractivité et la compétitivité des espaces urbains ?

L’attractivité est un enjeu majeur pour les villes de demain. En 2050, les deux tiers de la population mondiale habiteront dans une ville.

L’amélioration de la qualité de la vie des habitants est un axe majeur et une smart city va permettre la proposition de nouveaux services et applications mobiles pour les aider dans leur quotidien : transports, accès aux acteurs, activités et commerces locaux, services de la ville et communication avec la mairie, activités culturelles et sportives.

La ville de Nantes a par exemple mis en place l’application “Nantes dans ma poche” pour améliorer la qualité de la vie de ses habitants. Elle fournit à elle seule une vingtaine de services, elle permet de signaler un problème sur la voie publique, de consulter l’état du trafic et des parkings en temps réel, les menus des cantines, les services à proximité ou de recevoir les alertes de pollution de l’air…

La numérisation et l’ouverture à tous, en “open source”, des données de la ville va permettre de démultiplier le potentiel de ces services. En effet, l’une des vocations de la smart city est de désiloter et de permettre le traitement de milliers de données issus de différents systèmes existants mais non exploités. Les données étant ouvertes, des entrepreneurs peuvent les exploiter et créer de nouveaux services dans leurs domaines en lien avec la ville.

Ces mêmes services permettent en particulier de mettre en valeur les commerces et entreprises locales et favorisent le développement de circuits courts.

De quelle manière la smart city permettra-t-elle d’améliorer la consommation énergétique, de promouvoir l’autonomie énergétique et de lutter contre la pollution ?

La meilleure gestion de l’énergie est l’un des domaines clés de la smart city. Dans beaucoup de projets de smart city, l’un des premiers services déployés est l’éclairage intelligent des rues avec des ampoules LED et un éclairage variable suivant le besoin.

L’énergie est adaptée en fonction du taux de passage : une rue vide en pleine nuit ne nécessite pas un éclairage à pleine puissance.

Ainsi, on constate qu’une réduction de la consommation allant jusqu’à 65% est possible. Ce résultat a notamment été obtenue à Copenhague, précurseur dans ce domaine.

A plus long terme les ambitions et l’optimisation rendue possible sont fortes : production d’énergie verte sur les bâtiments, smart grid pour optimiser la production locale, stockage d’énergie, recharge des véhicules électriques, distribution pour les usages locaux, et auto-suffisance pour les usages de la ville.

La ville d’Amiens souhaite, par exemple, multiplier par dix sa production d’énergie tout en réduisant de plus de 60% sa consommation pour atteindre « l’autonomie énergétique » d’ici 2050[1] . Pour cela, la capitale de la Picardie rénovera ses bâtiments pour réduire fortement la consommation et utilisera l’électricité renouvelable produite sur ses bâtiments pour son usage.

Comment la smart city agit-elle sur l’environnement ? Comment permet-elle de façonner le monde de demain, plus propre, plus vert, plus efficient ?

La ville de demain prendra en compte l’environnement notamment par l’amélioration de la qualité de l’air, l’optimisation de la consommation des ressources et un meilleur traitement des déchets. L’atteinte de ces objectifs aura pour accélérateur la donnée.

Le défi sera alors de capitaliser sur les informations de chaque service et de trouver des synergies grâce aux données pour prendre les décisions adéquates sur le terrain.

La gestion des déchets est aussi un aspect fondamental de la Smart City. Il conviendra alors d’agir sur le tri, la collecte et le recyclage pour assurer la réussite des projets.

L’éco-quartier Clichy-Batignolles[2] a mis en place un réseau pneumatique souterrain permettant de relier les bornes de dépôt au centre de tri le plus proche. L’apport de valeur se concrétise alors par la diminution des rejets carbones en optimisant les trajets des camions de collecte, toujours nécessaires pour les encombrants et les surplus.

Un autre exemple, des capteurs de qualité de l’air ont été installés à Grenoble, lorsqu’ils détectent une forte densité de particule fine, les autorités prennent pour décision de réduire la vitesse de circulation par l’apparition d’un message sur les panneaux routiers.

Pour compléter cette action, une information aux habitants est envoyée sur tous les supports[3] afin de limiter leurs déplacements, leurs activités sportives et les inciter à utiliser les transports en commun ou des modes de transports alternatifs.

Quels sont aujourd’hui les nouveaux moyens de mobilité et de mobilité partagée ? Comment la smart city optimisera-t-elle les flux et la mobilité en 2050 ?

La smart city rendra les transports plus divers et plus faciles pour l’utilisateur. Covoiturage, vélos, scooters et voitures électriques en location aujourd’hui, et demain des navettes autonomes pour le dernier kilomètre.

L’offre de transport aux citoyens devient aujourd’hui multimodale associant les transports en commun à ces nouveaux modes.

Par l’exploitation et la mutualisation de la donnée la smart city va donner à l’utilisateur la meilleure information sur son trajet : horaire des transports en commun, correspondances, disponibilité des vélos ou voitures en location, horaires et réservation des navettes autonomes. Tout cela avec une bonne prévision du trafic et une information détaillée pour les automobilistes.

Des applications mobiles multimodales utilisant les données partagées et l’open data existent déjà. L’intégration des nouveaux moyens de transport et l’amélioration de la précision des mesures permettront aux utilisateurs de migrer vers ces solutions.

L’optimisation des flux de mobilité s’impose donc comme une des clés de la ville de demain. Selon l’institut IFOP, un tiers des automobilistes urbains seraient prêt à renoncer à leur véhicule personnel au profit des offres de mobilités partagées[4] .

La smart city est-elle compatible avec le respect de la vie privée des citoyens ? Peut-elle garantir la sécurité des individus ?

La smart city puise ses ressources dans les données collectées sur le terrain. Les capteurs de tous type, caméra, capteur de trafic, de lumière, de pollution, de remplissage, sont les points d’entrée de l’information nécessaire à l’analyse des usages et des espaces et donc aux services de demain.

La notion de vie privée est essentielle et les citoyens et les autorités y sont vigilent. En 2019, devant la polémique suscitée par l’installation de détecteurs sonores, la ville de Saint-Etienne a finalement repoussé leur mise en place[5] . A noter que la CNIL, en France, est très présente quant à la protection de la vie privée dans l’utilisation des capteurs urbains et reste une autorité de contrôle garante de ce principe.

L’exploitation des données est une question prépondérante. Dernièrement, la réhabilitation d’une zone industrielle à Toronto, le programme Quayside, confiée à une filiale de Google a été arrêté. Les critiques des associations d’usagers liées à l’utilisation massive des caméras et à l’utilisation des données personnelles des citoyens sans leur consentement ont eu raison du projet[6] .

L’attractivité d’un territoire dépend donc de l’acceptation de ses usages smart. La protection de la vie privée en est la clé. Aussi le programme Européen H2020 incluant des appels à projets smart city impose la prise en compte des notions d’éthique pour chaque réponse[7] .

Il s’agira alors de composer des projets garantissant des approches mesurées pour répondre aux problématiques des villes. Connaissant les différents enjeux des territoires et les attentes de leurs habitants, le défi sera alors de proposer une transition progressive et inclusive par l’usage de la donnée afin de mettre en place une politique durable, efficace et acceptée de tous.

 

 

[1] https://www.latribune.fr/entreprises-finance/la-tribune-de-l-energie-avec-enedis/amiens-ambitionne-l-autosuffisance-energetique-pour-2050-832362.html

[2] https://les-smartgrids.fr/smart-city-gestion-intelligente-dechets/

[3] https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/actualite/la-ville-intelligente-au-service-de-la-qualite-de-lair

[4] https://www.ifop.com/publication/lobservatoire-des-mobilites-partagees-et-de-la-multi-modalite/

[5] https://www.leprogres.fr/actualite/2019/10/29/capteurs-sonores-la-cnil-avertit-la-ville-de-saint-etienne

[6] https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-google-city-de-toronto-les-raisons-dun-echec-1203831

[7] https://www.horizon2020.gouv.fr/cid82023/l-ethique-dans-horizon-2020.html

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