Déchets nucléaires inflammables à Bure: un changement de conception envisageable (experts)

Pour pouvoir accueillir certains déchets inflammables, la conception du futur site d’enfouissement profond de Bure (Meuse) devrait pouvoir être modifiée, solution moins coûteuse que le traitement de ces déchets, selon un groupe d’experts cité jeudi par l’ASN.

L’Autorité de sûreté nucléaire avait en janvier 2018 formulé une “réserve” sur le dossier du projet Cigéo à Bure (Meuse), concernant les déchets bitumineux.

Ces boues radioactives, qui ont par le passé été conditionnées dans du bitume, représentent environ 18% de l’ensemble des déchets qui seront stockés par Cigéo, et elles sont très inflammables.

L’IRSN, bras technique de l’ASN, avait soulevé le problème en demandant à l’Andra, qui gère ce projet, d’étudier deux options pour y remédier: la possibilité d’un prétraitement de ces déchets pour neutraliser leur inflammabilité avant leur enfouissement, ou un changement dans la conception de leur stockage. L’ASN estimait que la première piste devait être privilégiée.

“Sur la neutralisation de la réactivité chimique des colis: sa faisabilité industrielle reste à démontrer”, conclut une expertise commandée par le gouvernement et l’ASN, citée par cette dernière. L’expertise a été menée avec des spécialistes français et étrangers.

“Le groupe estime improbable que la mise en service d’une telle installation puisse intervenir avant 2040, mais considère que les études doivent être poursuivies et qu’il serait utile de réexaminer l’intérêt de la dissolution chimique du bitume avant le choix définitif d’un procédé à industrialiser le cas échéant”, indique l’ASN dans une note d’information.

Mais “sur l’évolution de conception de Cigéo, le groupe estime que les études conduites par l’Andra devraient permettre d’arriver à court terme à une conception dont la sûreté pourrait être démontrée de façon convaincante”, poursuit-elle.

Les experts ont aussi conclu que le coût de cette solution de stockage direct “serait nettement inférieur” à une neutralisation préalable de la réactivité des déchets.
Le projet Cigéo, d’un coût estimé à 25 milliards d’euros, vise à enfouir à 500 m sous terre les déchets radioactifs de haute activité ou de moyenne activité à vie longue, de l’ordre de centaines de milliers d’années.

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