Neutralité carbone : la France fixe un cap vers la fin du pétrole en 2045

Neutralité carbone : la France fixe un cap vers la fin du pétrole en 2045

Le gouvernement vient de franchir une nouvelle étape dans sa politique climatique en adoptant la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC-3). Ce document, qui doit être officialisé par décret dans les prochains jours, définit la trajectoire que la France entend suivre pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Une sortie progressive des énergies fossiles

La feuille de route prévoit un calendrier de réduction progressive des principales énergies fossiles. Le charbon devrait disparaître d’ici à 2030, tandis que la sortie du pétrole est programmée pour 2045. Le gaz fossile, de son côté, resterait utilisé jusqu’en 2050, date à laquelle la France ambitionne de ne plus émettre davantage de gaz à effet de serre qu’elle n’en absorbe.

À plus court terme, l’exécutif confirme son objectif de réduire de moitié les émissions nationales d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, ce qui implique une diminution moyenne d’environ 5 % chaque année.

Des objectifs propres à chaque secteur

La stratégie détaille les efforts attendus dans les principaux secteurs émetteurs.

Les transports, premier poste d’émissions en France, devront tendre vers une quasi-neutralité carbone en 2050. Pour y parvenir, le gouvernement mise notamment sur l’accélération de l’électrification du parc automobile. Dès 2030, près des deux tiers des voitures neuves vendues devraient être électriques, tout comme une très large majorité des nouveaux autobus.

L’agriculture est également appelée à réduire significativement son empreinte carbone, avec un objectif de baisse de 26 % des émissions d’ici à 2030, puis de plus de moitié à l’horizon 2050.

Du côté de l’industrie, la transition reposera principalement sur l’électrification des procédés, l’amélioration de l’efficacité énergétique, les efforts de sobriété ainsi que le développement des technologies de captage et de stockage du carbone. Le secteur devra réduire ses émissions de 70 % d’ici à 2030, avant de viser une diminution de 96 % en 2050.

Des associations écologistes encore critiques

Si la publication de cette nouvelle stratégie marque une étape importante, plusieurs organisations environnementales estiment que les mesures proposées restent insuffisantes.

Elles regrettent notamment que la sobriété énergétique ne soit pas davantage mise en avant, en particulier dans les domaines du transport aérien et maritime international, qu’elles considèrent comme des leviers majeurs pour accélérer la réduction des émissions.

Un contexte marqué par les effets du changement climatique

L’adoption de la SNBC-3 intervient alors que la France vient de connaître plusieurs épisodes de chaleur exceptionnelle en quelques semaines.

Le gouvernement fait également face à des critiques concernant les moyens consacrés à l’adaptation au changement climatique, après le gel d’une partie des crédits du Fonds vert destinés aux collectivités.

Par ailleurs, le rythme de baisse des émissions françaises tend à ralentir. Après des réductions importantes enregistrées en 2022 et 2023, le recul des émissions s’est révélé plus modéré en 2024 puis en 2025, un constat qui souligne l’ampleur des efforts encore nécessaires pour respecter les objectifs climatiques fixés pour les prochaines décennies.