Arrivée en Italie d’une unité flottante de regazéification controversée

Une nouvelle unité flottante de regazéification, jugée cruciale pour la sécurité énergétique de l’Italie, est arrivée dimanche soir en provenance de Singapour dans le port toscan de Piombino (centre-ouest), suscitant des protestations au sein de la population locale.

Une fois opérationnel, le Golar Tundra pourra remettre à l’état gazeux du gaz naturel liquéfié (GNL) acheminé par voie maritime, qui sera ensuite injecté dans le réseau national d’approvisionnement en gaz de la péninsule.

Cette installation, qui peut stocker 170.000 m3 de GNL, devrait garantir 5 milliards de m3 de gaz par an et devrait être opérationnelle à partir de mai, a indiqué la semaine dernière Stefano Venier, patron du groupe Snam, propriétaire du Golar Tundra.

Ce projet s’inscrit dans la stratégie de l’Italie pour réduire sa dépendance au gaz russe. Rome a également signé plusieurs nouveaux contrats de fourniture de gaz avec des pays comme l’Algérie et la Libye.

« Notre programme pour permettre à l’Italie de se libérer complètement d’ici la fin de l’année de la dépendance au gaz russe a été respecté », a affirmé lundi le ministre des Entreprises Adolfo Urso sur Radio 24. « Nous sommes déjà passés de 40% d’importations de gaz russe en 2021 à 16% l’an dernier et les regazéificateurs complèteront notre autonomie ».

Le port de Piombino doit permettre notamment d’alimenter en gaz le nord du pays, fortement industrialisé.

Selon le gouvernement, cette installation est temporaire et sera déplacée au bout de trois ans. Mais le projet suscite des protestations au sein de la population, concernant notamment les risques pour la sécurité.

« Ce navire est dangereux parce qu’il est proche des habitations », a expliqué lundi à l’AFP Francesca Marino, membre du Comité contre le regazéificateur, qui s’inquiète d’éventuels accidents.

Des groupes de défense de l’environnement craignent également que ce projet ne ralentisse la transition du pays vers les énergies renouvelables.

« Cinq milliards de m3 de gaz nous permettent d’atteindre l’autosuffisance », a salué de son côté le président de la région Toscane Eugenio Giani à l’arrivée du Golar Tundra.

D’après Snam, il pourrait contribuer pour environ 6,5% aux besoins de l’Italie en gaz.

Le groupe avait annoncé en juin l’achat à la société Golar LNG du Golar Tundra pour un montant de 330 millions d’euros.