Alstom propose un train à hydrogène aux régions françaises

Le constructeur ferroviaire Alstom a présenté mercredi une version française de son train à hydrogène, dont il aimerait que les régions commandent une trentaine d’exemplaires au premier trimestre 2019, pour qu’il puisse circuler dans diverses configurations avant un déploiement général.

Le train proposé par Alstom est une version bimode, électrique et hydrogène, du modèle Regiolis –aussi appelé Coradia polyvalent– qui circule actuellement dans les régions françaises en versions électrique et bimode diesel-électrique.

Il s’agit d’une adaptation au matériel français du train à hydrogène que le groupe français a mis en circulation à la mi-septembre dans le nord de l’Allemagne, et dont la chaîne de traction a été conçue à Tarbes.

L’idée est de trouver une alternative “verte” aux TER diesel qui vont arriver en fin de vie dans dix ans, a expliqué à des journalistes Olivier Delecroix, le directeur commercial d’Alstom France.

“Ou dans dix ans, au moment de les remplacer –et on ne parle pas de quelques trains, on parle de 450 à 500 trains–, on a une technologie zéro émission qui est une alternative au diesel (…), ou on n’y arrive pas. Et si vers 2028 ou 2030 on repart avec la technologie diesel, on en a jusqu’en 2060 ou 2070”, a-t-il argumenté.

Or, le patron de la SNCF a fixé la sortie du diesel vers 2035, a-t-il rappelé.

“Pour être prêt à ce moment-là, il faut que la technologie hydrogène ait infusé dans l’écosystème ferroviaire, de manière à ce que tous les acteurs (…) puissent être confiants sur le fait que c’est la technologie de remplacement du diesel”, a noté

“Il faut donc avoir une trentaine de trains à hydrogène qui puissent être testés dans différents points du territoire (…), dans des vraies exploitations TER” entre 2024 et 2028, et pour être prêt en 2024, il faut homologuer le train, et donc développer un prototype.

Ce calendrier est compatible avec celui du gouvernement, qui veut qu’un train à hydrogène soit homologué en France d’ici à 2022.

Pour ce faire, Alstom a besoin d’un engagement “significatif”, portant sur “une trentaine de trains”, selon le directeur commercial. Le “plan idéal” serait d’avoir une telle commande au premier trimestre 2019, a-t-il noté.

Toutes les régions sont intéressées sauf l’Ile-de-France, a assuré M. Delecroix.

Le député LREM Benoît Simian, à qui le gouvernement a confié une mission sur le “verdissement” du parc ferroviaire, doit rendre un rapport sur le sujet jeudi.
liu/tq/mcj

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