L’Ademe actualise son étude sur les coûts des énergies renouvelables

L’Ademe actualise son étude sur les coûts des énergies renouvelables

Un article de notre partenaire Les Energies de la mer.

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) vient d’actualiser son étude sur les coûts des technologies renouvelables.

Pour les énergies marines, les données n’apparaissent que pour l’éolien offshore (posé et flottant) et pour l’hydrolien. En France, même si les projets ne sont pas encore sortis, cette nouvelle étude, montre bien une chute des « coûts des énergies renouvelables et de récupération ».

Comme l’étude porte d’abord sur la France, il convient de rappeler que le tarif d’achat résultant des appels d’offres pour l’éolien posé a fortement chuté. Pour les six parcs attribués lors des deux premiers appels d’offre (2011 et 2013), les tarifs moyens pondérés sont après la renégociation de 2018, 148 €/MWh et 134 €/MWh respectivement, sur 20 ans d’exploitation.

En revanche, le tarif d’achat pour le projet de Dunkerque accordé l’an dernier à EDF Renouvelables /Innogy / Enbridge est de 44 €/MWh sur 20 ans, devant huit candidats.

Une tendance similaire à celle enregistrée en Europe (Allemagne, Pays-Bas et Royaume-Uni et Danemark), les tarifs obtenus par les porteurs de projet se situaient à 170 €/MWh en 2014, puis à 140 €/MWh en 2015 et sont proches de 60 €/MWh en 2016-2017.

Les deniers publics moins nécessaires

Certains projets sont désormais sans soutien public, signale en outre l’Ademe. L’étude estime d’ailleurs que la tendance devrait largement se poursuivre, grâce à plusieurs facteurs combinés : allongement de la durée de vie des parcs à 30 ans, et diminution des coûts en capital (grâce à des machines plus grandes) mais aussi de l’exploitation.

L’étude indique qu’en se basant sur la littérature existante, le coût complet de production d‘un megawatt-heure, plus connu sous l’appellation de LCOE (Levelized Cost Of Energy) d’un parc en exploitation pourrait être de 56 à 88 €/MWh, en 2030, et descendre entre 35 et 54 €/MWh en 2050.

Quel avenir pour l’éolien flottant ?

Pour l’éolien flottant, l’Ademe rappelle qu’un seul parc est en exploitation en Europe, mais entre 2019 et 2022, huit parcs pilotes devraient être mis en service (pour 200 MW au total), dont quatre en France entre 2020 et 2021 (pour 100 MW)*.

En capitalisant sur leurs retours d’expérience, la PPE prévoit de lancer entre 2021 et 2024 des puissances supplémentaires comprises entre 750 MW et 1 000 MW. En se fondant sur la littérature existante, le LCOE d’un parc en exploitation pourrait être de 77 à 97 €/MWh en 2030 et de 58 à 71 €/MWh en 2050.

L’hydrolien, une filière en devenir

Enfin, sur l’hydrolien, où les projets sont essentiellement pilotes, l’Ademe rappelle qu’en France plusieurs parcs ont vu le jour entre 2018 et 2019, notamment un parc fluvial de quatre machines sur le Rhône par Hydroquest à Caluire et trois démonstrateurs marins ont été installés pour des tests à Ouessant dans le Fromveur (en octobre avec Sabella, 1 MW), dans le Ria d’Etel (en 2019 par Guinard, 20 kW) et à Paimpol-Bréhat dans le site d’essai EDF (avril 2019, OceanQuest, d’Hydroquest, 1 MW).

Au Canada, un tarif d’achat a été fixé pour un projet dans la baie de Fundy (9 MW, 350 €/MWh et une aide de 20 M€). L’Ademe signale qu’en Europe, une baisse des coûts a déjà été enregistrée de 40% entre les premiers démonstrateurs et les machines mises à l’eau récemment.

Une progression qui dépasse les perspectives de baisse escomptées par la Commission européenne, qui finance largement ces projets. L’Ademe indique cependant que la poursuite du développement de la filière, poussée au niveau européen, pourrait passer par un couplage avec des mécanismes de soutien nationaux.

En France, la progression vers des parcs pilotes est suspendu dans le cadre du PIA, NEPTHYD et Normandie Hydro, suite au retrait des turbiniers de Naval Energies et General Electric, mais Hervé Morin, président de la Région Normandie, n’a pas laissé tomber et a passé des accords en 2018 avec Simec Atlantis Energy.

Brigitte Bornemann

Avant de diriger le portail des "Énergies de la mer", Brigitte Bornemann a été conseillère technique chargée de la presse, de la communication et de l'audiovisuel scientifique au ministère de la Recherche et de l'Espace en 1992. Elle s'occupait précédemment de la presse internationale au sein du service de presse d'Edith Cresson.