Vendée : de l’hydrogène vert pour accélérer la transition écologique

L’entreprise nantaise Lhyfe a levé 8 millions d’euros de fonds pour installer en Vendée un premier site industriel de production d’hydrogène vert, qui sera opérationnel au premier semestre 2021. Eclairage de Matthieu Guesné, fondateur et CEO de Lhyfe.

Quelle est concrètement cette solution unique de production d’hydrogène vert ?

Aujourd’hui, 95% de l’hydrogène est fabriqué à partir d’hydrocarbures (pétrole, gaz naturel et charbon). On l’appelle l’hydrogène gris. C’est la solution la moins coûteuse mais ce processus est très émissif de CO2 1 kg d’hydrogène produit = jusqu’à 10 kg de CO2 émis.

A contrario, l’hydrogène vert – qui commence à émerger – est produit à partir d’énergies renouvelables et est non émissif de CO2 : on utilise l’électricité issue de l’éolien, du solaire ou de l’hydraulique, pour faire passer le courant dans l’eau, qui va décomposer la molécule d’eau H2O en Oxygène (O2) d’un côté, et en Hydrogène (H2) de l’autre. C’est ce qu’on appelle l’électrolyse de l’eau.

Si la source d’énergie utilisée pour produire est propre, on obtient ainsi un hydrogène zéro émission, de la production à l’utilisation.

Lhyfe est un Pure player de l’hydrogène vert : nous avons développé un savoir-faire unique d’intégration d’une solution clé en main de production d’hydrogène vert à prix compétitif tout en accompagnant les acteurs locaux dans le déploiement de cette nouvelle énergie.

Nous concevons, développons et opérons des sites de production innovants permettant l’intégration d’une solution de production d’hydrogène vert unique.

Cette solution présente 4 particularités : d’abord une solution bénéfique pour l’environnement car notre hydrogène est fabriqué à partir de ressources naturelles et renouvelables. Pour produire cet hydrogène, nous n’émettons aucun CO2.

Mieux, notre process industriel émet de l’oxygène (pour 1 kg d’hydrogène produit, 8 kg d’oxygène émis).

Ensuite, c’est une solution modulaire en connexion directe aux sources d’énergies renouvelables. Je m’explique : pour produire un hydrogène 100% vert (sans aucune émission de CO2 sur l’ensemble de la chaîne), notre solution modulaire se connecte directement aux ressources naturelles et renouvelables, quelles qu’elles soient : éolien, photovoltaïque, hydraulique, biomasse solide, biogaz, géothermie… Nous avons choisi d’implanter nos sites de production à proximité des usages de l’hydrogène pour limiter son transport.

Notre solution est également évolutive, c’est à dire que le format évolutif de nos sites de production nous permet d’accompagner de façon souple et simple l’évolution des besoins des territoires : il suffit d’ajouter les briques nécessaires pour augmenter la capacité de production. La solution est dimensionnée pour produire localement et se déploie au fur et à mesure pour une réponse adaptée à chaque région.

Enfin, dernière particularité, il s’agit d’un procédé industriel unique qui lui permet d’obtenir la meilleure efficacité du marché

En quoi votre solution est, selon-vous, plus efficace que les solutions existantes ?

Nous avons développé un procédé industriel unique de production d’hydrogène vert par électrolyse de l’eau, qui nous permet d’obtenir une efficacité inédite (énergie produite vs énergie consommée) par rapport aux solutions de production les plus proches existantes sur le marché.

Ce gain d’efficacité significatif est dû à plusieurs secrets industriels et à deux points majeurs. Grâce à son équipe d’experts pluridisciplinaires et à son indépendance totale vis-à-vis des acteurs du marché, Lhyfe a développé un savoir-faire unique qui lui permet d’assembler les briques technologiques les plus adaptées à chaque site, tenant compte de l’ensemble des contraintes (du type d’énergie et de la puissance disponible à la capacité de production nécessaire) pour une production optimale.

Et notre algorithme de pilotage développé en interne nous permet d’optimiser le process de bout en bout : de la gestion de l’énergie à la distribution de l’hydrogène.

Cette efficacité permet à l’entreprise de faire baisser d’un quart le coût de son hydrogène vert.

Quelles sont les énergies renouvelables que vous allez privilégier pour cette production ?

Je vais vous répondre en 3 temps :

  1. Notre solution modulaire se connecte directement aux ressources naturelles et renouvelables, quelles qu’elles soient : éolien, photovoltaïque, hydraulique, biomasse solide, biogaz, géothermie… Tout dépend des ressources disponibles sur chaque territoire.
  2. Sur le site vendéen, nous allons nous connecter au parc éolien de Bouin, qui a pour particularité de se situer à proximité immédiate de l’Océan Atlantique, nous lançons donc la production de notre hydrogène 100% vert et pouvons en même temps tester en réel les conditions de l’offshore.
  3. Car si aujourd’hui, la plupart des sources d’énergie se situent on-shore (sur terre) (c’est pourquoi nous avons développé une solution capable de se connecter aux différentes sources d’énergies renouvelables disponibles, pour produire un hydrogène vert à partir des sources existantes), si l’hydrogène connait l’avenir qu’on lui promet, les solutions on-shore existantes ne suffiront plus à produire l’énergie nécessaire à la production d’hydrogène, il faudra donc trouver de nouvelles sources d’énergies renouvelables, or :
  4. En Europe, l’éolien off-shore est reconnu comme étant la source d’énergie renouvelable la plus abondante, la plus puissante et la moins intermittente de toutes,
  5. Les solutions off-shore sont jugées plus « acceptables » par la population,
  6. Les océans couvrent 80% de la surface de la terre,
  7. Les projections démographiques prévoient que plus de 75 % de la population mondiale résidera à moins de 150 km du rivage d’ici 2035

La mer offre par conséquent une réponse idoine à la transformation énergétique qui s’impose.

À terme, l’éolien off-shore constitue donc une source d’énergie inégalable, il se développe d’ailleurs à grande vitesse, notamment en Europe du Nord. Nous sommes convaincus par la pertinence de ce modèle et travaillons d’ores et déjà sur le développement de son procédé industriel off-shore. Un démonstrateur sera visible dès 2021, et une première version commercialisable sera disponible dans la foulée.

Pouvez-vous nous décrire le site de production vendéen ?

La construction de notre premier site industriel débutera en Vendée, à proximité du parc éolien de Bouin, au premier semestre 2020. Il s’agira du premier site de production d’hydrogène 100% vert en France.

Vous trouverez quelques photos en PJ pour le visualiser.

Ce site comprendra un site de production et le pôle R&D de Lhyfe. Il s’étendra sur 4 000 m², emploiera 15 personnes.

Il produira dès le premier semestre 2021 de l’hydrogène vert en quantité industrielle (de 300 kg à 1000 kg d’hydrogène par jour) pour répondre de façon évolutive aux besoins du territoire vendéen.

Ce sera le seul site de production d’hydrogène connecté directement à une source d’énergie renouvelable en France.

Ce site a été co-financé à hauteur de 3 millions d’euros par différents acteurs publics et privés : la Communauté de Communes de Challans-Gois, la Région Pays de Loire, Bpifrance et co-construit avec les acteurs du département de la Vendée.

En parallèle de ce financement, Lhyfe vient de lever 8 millions d’euros, qui contribueront à financer les investissements de l’entreprise, et notamment ce site.

Concrètement, comment les entreprises et les collectivités pourront profiter de votre production ? Pour quelles utilisations ?

Sur le site de Bouin, pour distribuer ce carburant vert, les acteurs de la collectivité implanteront une station à hydrogène dans la ville de La Roche-sur-Yon, afin de développer les usages et d’ouvrir la voie à ce carburant d’avenir. Cette station permettra d’alimenter une première ligne de bus ainsi que des véhicules de la collectivité (bennes à ordures ménagères, etc.). Elle sera également ouverte au grand public.

De façon plus générale, sur chaque territoire, nous travaillons avec les collectivités pour identifier les meilleures sources d’énergie disponibles localement et co-pilotons, avec les territoires, le projet de développement du site de production, de l’idée à la mise en service.

Nous aidons également les collectivités à créer un écosystème favorable au développement de l’hydrogène et aidons les acteurs souhaitant s’équiper de véhicules hydrogène à identifier les solutions les plus adaptées à leurs usages (type de véhicule, constructeur) et les dispositifs qui pourront les aider à financer leurs équipements.

Les utilisateurs et usages de l’hydrogène sont les suivants : les territoires et collectivités qui souhaitent proposer à leurs concitoyens des transports sans dioxyde de carbone (CO2) ni oxyde d’azote (NOx) en alimentant leurs bus, leurs bennes à ordures ménagères, leurs flottes de véhicules avec de l’hydrogène vert; les acteurs du transport et de la logistique qui souhaitent verdir leurs flottes (véhicules lourds, utilitaires, véhicules de service) et améliorer significativement le bilan carbone de leur activité en approvisionnant leurs véhicules à l’hydrogène vert; les industriels utilisant déjà de l’hydrogène dans leur process industriel et souhaitant passer de l’utilisation d’un hydrogène gris (très émissif de CO2 dans sa phase de production) à de l’hydrogène vert de Lhyfe (non émissif de CO2).

Dans ce cas, l’hydrogène sera utilisé comme matière première ou comme gaz vecteur (dans l’électronique, la chimie, l’industrie du verre, la métallurgie…); les particuliers auront également accès à l’hydrogène vert de Lhyfe à travers les stations à hydrogène qui se déploieront sur le territoire.

commentaires

COMMENTAIRES

  • Il semble que, comme beaucoup de citoyens, vous soyez très mal informé des possibilités (très) limitées du vecteur hydrogène (ce n’est pas un combustible) et que les porteurs du projet ne vous en aient présenté que quelques menus intérêts. Et certainement pas financiers, ou alors ils vous ont menti. Or …
    – sur l’économie, (je cite M. Gay – Contrepoints du 4.06.2018) : » … l’économie « hydrogène » consomme en amont 75% à 90 % de l’énergie produite par une autre source d’énergie (nucléaire, vent, soleil, biomasse,…) pour n’en livrer que 10 à 25% à l’utilisateur final à un coût durablement élevé. Il faudra vraiment en avoir besoin pour gaspiller autant d’énergie et donc … d’argent. S’engagera-t-on dans cette gabegie énergétique et financière ? » Il semble que ce soit fait ??
    – sur la production par du solaire (qui par définition ne produit que de jour où les besoins sont plus importants que la nuit), c’est une aberration d’en perdre 75 % en la stockant au lieu de l’injecter au réseau. Rappelons en outre que le facteur de charge (fonctionnement à puissance nominale) des panneaux solaires est de l’ordre de 15%. Un parc (sic) de 10 MWc (mégawatt-crête) équivaut à 1,5 MW en réalité.
    – sur la sécurité, la nature même de la molécule de l’H², la plus petite existante, nécessite une étanchéité des canalisations et réservoirs de stockage sans commune mesure avec les équipements pour le gaz naturel et en particulier semble exclure les stockages souterrains. Son inflammabilité, voire explosivité, rend son utilisation risquée sur des véhicules même si certains ont osé.
    – sur l’éthique, il n’est pas évident qu’il soit de la vocation d’une collectivité de soutenir une activité de transformation d’énergie, a fortiori quand tous les critères techniques et économiques sont loin d’avoir un caractère fiable. Qu’elle facilite les démarches administratives se comprend, si du moins le projet présente un intérêt. Mais les impôts des contribuables locaux (ou subventions d’Etat) n’ont pas à supporter les aléas de ce type de projet.

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    • Totalement d’accord avec GIL Serge, l’hydrogène n’a AUCUN intérêt, sinon d’enrichir certains futés !
      – Très coûteux à produire et à stocker pour les aléas du solaire.
      – Dangereux à manipuler.
      En un mot: A EVITER !

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  • Pour alimenter des véhicules à hydrogène, fabriqués en Chine pour un coût au moins trois fois un véhicule thermique au GPL. Quelle gabegie, en effet !

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  • Je ne comprends pas que l’on utilise une production d’énergie décarbonate pour en refaire une autre avec perte de rendement et que ce soit bon pour accélérer la transition écologique.

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  • « Si la source d’énergie utilisée pour produire est propre, on obtient ainsi un hydrogène zéro émission, de la production à l’utilisation. »
    Si vraiment votre objectif est de produire un hydrogène zéro émissions, produisez le à partir de l’électricité produite par les centrales nucléaires qui, sur toute leur durée de vie, émettent moins de CO2 (c’est l’ADEME qui le dit) que les énergies « propres »!
    Si au contraire votre objectif est de « stocker » l’énergie des sources d’électricité intermittentes (éolien, solaire), c’est tout autre chose.
    Mais il ne faut pas démarrer à partir d’un constat erronné ou d’un mensonge, même si ce mensonge est très répandu.

    Répondre
  • Ouh, tous ces petits trolls réactionnaires complotistes !
    Les drôles en dessous d’un article autrement plus intéressant.

    L’hydrogène est une voie royale du stockage à grande échelle.
    Le monde entier s’y met, comme aux renouvelables.

    Mais chut ! cochelin et autres vous diront que c’est une conspiration extraterrestre !

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  • le 19iéme siècle fut celui du charbon , le 20ième, celui du pétrole , le 21ième celui de l’hydrogène
    Que l’on produise de l’H² à partir d’énergie fossile ou pas , le rendement sera toujours le même, donc l’éolien et le voltaïque d’origine 100% vert sera toujours gagnant .En plus les Chinois produisent des panneaux photovoltaïques à des prix dérisoires et fabriquent aujourd’hui déjà des électrolyseurs et des piles à combustible à des prix 5 fois moins élevés que ceux produits en Europe !Ils vont bientôt apparaitre sur notre marché , se faisant , l’énergie produite par l’H² sera moins chère que toutes celles que l’on connait aujourd’hui ! taboo pour ce qui du danger ?l’H² est beaucoup moins dangereux qu’une cuisinière au gaz naturel !

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