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Sûreté nucléaire : un enjeu de taille en France

L’autorité administrative indépendante a notamment estimé, dans son rapport sur l’exploitation nucléaire pour 2018 remis le 16 mai dernier, que le projet Cigéo avait atteint une “maturité technologique satisfaisante” au regard de la sûreté.

Contrairement à ce que certains Cassandre prédisaient, l’exploitation nucléaire française a traversé l’année 2018 sans anicroches. Telle est la conclusion du rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), remis à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), au sujet de l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France l’an dernier.

« L’ASN estime qu’en 2018 la sûreté de l’exploitation des grandes installations nucléaires et la radioprotection dans les domaines industriel et médical se sont globalement maintenues à un niveau satisfaisant. Le dialogue technique avec les exploitants et les responsables d’activité a permis un approfondissement suffisant des dossiers traités au regard des enjeux de sûreté et de radioprotection », note effectivement l’autorité administrative indépendante sur son site Internet.

“Dispositif dual”

Mais avant de poursuivre, de quoi s’agit-il exactement ? Trop souvent confondus par le grand public – parfois même dans les médias –, les termes de sûreté nucléaire et de sécurité nucléaire diffèrent pourtant fondamentalement.

Du premier, l’ASN note la définition suivante : « L’ensemble des dispositions techniques et des mesures d’organisation relatives à la conception, à la construction, au fonctionnement, à l’arrêt et au démantèlement des installations nucléaires de base, ainsi qu’au transport des substances radioactives, prises en vue de prévenir les accidents ou d’en limiter les effets. »

Autrement dit, la sûreté nucléaire, garantie par EDF, l’exploitant des 58 réacteurs français (répartis dans 19 centrales), consiste à prévenir les risques et à prendre en compte pour cela de façon systématique les défaillances techniques ou humaines potentielles afin de s’en prémunir.

Dès la conception des centrales, des systèmes automatiques et autres mécanismes de sécurité ont été prévus pour parer à tout incident éventuel. La sécurité nucléaire, quant à elle, englobe la sûreté nucléaire, mais également la radioprotection et, plus largement, les actions de sécurité civile en cas d’accident.

Si l’électricien français est donc responsable de la sûreté nucléaire de ses installations, l’ASN, en tant qu’autorité administrative indépendante, doit toutefois veiller à ce qu’il respecte bien la réglementation en vigueur. Et contrôle ainsi régulièrement les centrales.

Grâce, notamment, à l’expertise de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), les deux entités formant ce qu’il est convenu d’appeler le « dispositif dual » de sûreté nucléaire et de radioprotection.

“Prophéties alarmistes”

Dans son rapport sur l’exploitation des centrales en 2018, l’ASN note ainsi d’emblée : « Le nombre d’événements significatifs a été globalement stable en 2018 par rapport à 2017. Aucun événement significatif n’a dépassé le niveau 1 de l’échelle INES » (l’échelle internationale de classement des événements nucléaires), qui en compte 7.

Mieux, « l’ASN a constaté en 2018 qu’EDF a davantage privilégié, par rapport aux années précédentes, la remise en conformité rapide de son installation après la détection d’un écart. » Des bons points attribués également à Orano Cycle, exploitant de deux installations nucléaires (La Hague et Tricastin), au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), qui pilote des réacteurs dévolus à la recherche par exemple, et ceci « malgré un contexte budgétaire préoccupant », relève l’autorité.

Pas de quoi s’affoler, par conséquent. Car régulièrement, dans la presse, certains regrettent que la France ait encore recours à l’atome, quand d’autres Etats nucléarisés – comme l’Allemagne – l’ont abandonné il y a quelques années.

Le sujet, assez sensible dans l’Hexagone, revenant au gré de l’actualité, lorsqu’il est question du stockage des déchets nucléaires par exemple. L’an dernier, Francis Sorin, membre honoraire du Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN), et conseiller à la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), faisait pourtant ce constat (implacable) : « En France, depuis 50 ans qu’elles fonctionnent, les centrales nucléaires n’ont fait aucune victime ».

Un brin alarmiste, les Français ? Oui, selon lui. « Le nucléaire demeure chez nous un champ inépuisable de prophéties alarmistes désignant chaque centrale comme le lieu d’un accident inéluctable. Un bref aperçu sur la situation de la sûreté nucléaire en France doit conduire à des appréciations moins angoissées », estimait-il à l’époque. Le rapport de l’ASN pour 2018 lui donnant d’ailleurs plutôt raison.

A propos du stockage des déchets, d’ailleurs, sujet brûlant s’il en est, l’autorité « constate une nette amélioration au cours des dix dernières années pour les activités d’agréments et de surveillance des colis de déchets faible et moyenne activité à vie courte […] . »

Et concernant le projet Cigéo (Centre industriel de stockage géologique), l’ASN d’ajouter que sa conception « a atteint globalement une maturité technologique satisfaisante au stade du dossier d’option de sûreté. » De quoi battre en brèche ses contempteurs, alors que vient de s’ouvrir un débat public sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR).

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COMMENTAIRES

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    C’est quand même la vieille école énergétique car :

    – plus de 100.000 ans de déchets à très hauts risques pour seulement environ 1 siècle d’une électricité qui couvre moins d’1/4 de nos besoins énergétiques c’est très peu alors que l’on sait faire des bâtiments producteurs d’énergie de plus en plus souvent capables de se couper du réseau et des coûts de l’ancienne centralisation et manque de diversification

    – nos 58 réacteurs sont devenus indéfendables face aux missiles hypersoniques qui se déploient et un potentiel de 58 Tchernobyl ou même moins en France devrait être un paramètre énergétique et une préocupation à intégrer faute de revoir en cas de conflit une mise à genou bien plus rapide encore que lors de la dernière guerre mais avec des conséquences très néfastes durables et bien plus lourdes

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