pour repondre urgence climatique exploitons pleinement potentiel solaire france - Le Monde de l'Energie

Pour répondre à l’urgence climatique, exploitons pleinement le potentiel solaire de la France !

Une tribune signée Jérôme Owczarczak, Directeur général du groupe EverWatt.

 

En mars 2024, un triste record a été établi : celui du mois le plus chaud jamais enregistré sur Terre. Ce record s’inscrit dans une série de dix mois consécutifs ayant tous battu les records de température mondiaux. Les scénarios les plus pessimistes du GIEC semblent ainsi se réaliser. Dans ce contexte, l’accélération de la transition énergétique devrait être plus que jamais une priorité pour les pouvoirs publics. Cependant, le potentiel solaire de la France demeure largement sous-exploité en raison d’obstacles administratifs et financiers freinant le développement de ce secteur stratégique.

Un fossé grandissant avec les autres pays européens

En 2023, la France a vu la puissance de son parc photovoltaïque augmenter de 3,2 GWc. Un chiffre à comparer aux 14 GWc installés sur la même période en Allemagne, aux 5,6 GWc installés en Espagne ou encore aux 4 GWc déployés par la Pologne, et à inscrire dans l’histoire énergétique nationale marquée par une prééminence du nucléaire, qui a longtemps assuré des prix bas et stable à l’hexagone. Avec une longue série de problèmes de maintenance et les difficultés de lancement de la nouvelle génération de centrales, la donne a changé. Puis la prise de conscience climatique est venue donner un caractère plus urgent à la diversification du mix énergétique, tandis que le conflit ukrainien a accentué la nécessité de développer une maîtrise des coûts de l’énergie via les circuits courts et locaux : l’autoconsommation individuelle ou collective.

Une ambition d’accélération entravée par des moyens insuffisants

Face à ces défis techniques, écologiques et géopolitiques, une solution s’est imposée : initier une accélération massive des énergies renouvelables, incluant le solaire, afin de diversifier le mix énergétique. C’est notamment ce que visait la Loi Climat et Résilience en rendant obligatoire l’installation de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments neufs ou encore la Loi APER en obligeant à solariser les parkings de plus de 1500m². Pourtant, les résultats de ces politiques ambitieuses se font toujours attendre. Et pour cause, des complexités administratives pèsent de tout leur poids sur chaque projet.

Les lois APER et Climat & Résilience ont donné naissance à des dispositifs prometteurs mais dont la gouvernance inclut différents échelons administratifs aux règles hétérogènes. Au sein des mairies, les projets d’installations solaires sont instruits comme de l’immobilier classique, doivent dès lors attendre de longs mois pour voir leurs autorisations de construction aboutir. Les exigences en matière d’études techniques sont quant à elles toujours plus élevées et ralentissent, elles aussi, des projets déjà freinés par la frilosité des assureurs en la matière, le manque de moyens des administrations publiques et la lenteur des procédures contraintes par le code de la commande publique.

Un besoin crucial de visibilité

Ces freins administratifs sont doublés d’une seconde difficulté : le manque de clarté et de continuité des politiques énergétiques. Tandis que l’Allemagne tient un cap constant depuis 2005, la France connaît des avancées par à-coups entrecoupées de reculs imprévisibles et des évolutions réglementaires aux contours flous. Or, l’investissement dans un actif de production d’énergie destiné à rester en activité entre 20 et 30 ans nécessite une bonne visibilité fiscale et administrative.

Pour atteindre les objectifs d’accélération, la filière solaire devra donc pouvoir s’appuyer sur une administration aux moyens suffisants mais aussi sur un cadre réglementaire clair et adapté qui lui offrira la visibilité nécessaire à une action de long terme. Des transformations d’autant plus pressantes que chaque élément ralentissant le déploiement de capacités solaires est synonyme de coûts plus importants mais aussi d’émissions de CO2 supplémentaires et donc d’intensification de l’urgence climatique. Agissons et n’attendons plus.

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