« L’objectif de neutralité carbone ne sera atteint sans l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie européenne »

La Commission européenne a, par une lettre de son vice-Président, Frans Timmermans, adressée à 86 députés européens, confirmé qu’elle suivrait les conclusions des rapports d’experts scientifiques européens en matière de finance verte et de nucléaire. Pour le Cérémé (Cercle d’Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique), c’est « un grand pas vers l’inscription du nucléaire dans les activités « durables » ». Interview de son président Xavier Moreno.

Quels sont les véritables enjeux de l’inclusion ou non du nucléaire dans la taxonomie européenne ?

La taxonomie européenne consiste à identifier les activités économiques durables, en se fondant sur leurs émissions de gaz à effet de serre et sur leur impact environnemental, de manière à orienter vers elles les capitaux privés et publics, au détriment des activités regardées comme préjudiciables à l’environnement.

Il s’agit d’une classification qui servira de référence aux acteurs de l’économie, notamment aux investisseurs et aux institutions financières, pour atteindre les objectifs du Pacte Vert pour l’Europe : une réduction de 55% des émissions de GES en 2030 par rapport à 1990 et la neutralité carbone en 2050.

Tous les experts européens concluent que cet objectif de neutralité carbone, auquel les membres de notre Cercle d’études adhèrent pleinement,  ne pourra être atteint sans l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie européenne. L’exemple allemand a montré que renoncer au nucléaire nécessitait de recourir plus massivement au gaz et au charbon, même en investissant fortement dans les renouvelables.

En effet les énergies renouvelables, comme l’éolien ou le solaire, dépendent …. du soleil et du vent ! Leur intermittence ne peut être compensée par du stockage à l’échelle des quantités en jeu et avec les technologies actuelles . Il faut donc les doubler par des énergies fossiles  (gaz et charbon) .

Le nucléaire est la seule énergie décarbonée à même de répondre aux besoins. Pourquoi ? Parce que c’est l’énergie la plus dé-carbonée avec l’hydraulique. Parce qu’elle est produite de manière concentrée sur un petit nombre de sites, ce qui facilite son acheminement dans le réseau et évite d’occuper de grandes surfaces au sol.

Parce qu’elle est pilotable et donc on peut compter sur elle pour faire face aux pointes de consommation.

Parce que, enfin, elle garantira un approvisionnement des Français à des prix stables et supportables tandis que le couple renouvelables / Gaz rend les prix dépendant des fournisseurs de gaz et cumule le double coût des renouvelables quand la météo et défavorable et que les centrales à gaz prennent le relais pour les périodes sans vent ni soleil.

Tous les systèmes de stockage imaginés pour éviter le couplage avec le gaz ont  à la fois de mauvais rendement, un impact environnemental négatif ( batteries ),  et un coût insupportable pour les consommateurs .

Quelles seraient les conséquences si le nucléaire en était exclu ?

La première conséquence serait de détourner les flux financiers de tout investissement dans le nucléaire. Ce qui rendrait très difficile l’indispensable renouvellement du parc actuel. Ce serait donc un désastre pour la sécurité d’approvisionnement des Français en électricité et pour le climat. En incitant à investir dans les énergies renouvelables, la taxonomie conduirait inéluctablement à une dégradation du bilan carbone de l’UE pour les raisons dites ci dessus liées à l’intermittence. L’Allemagne nous en fait aujourd’hui la démonstration.

Cette décision serait également calamiteuse sur le plan économique. La France, dont le mix électrique est déjà décarboné à 92% grâce au nucléaire et à l’hydraulique, gagnerait à cibler ses investissements publics dans la rénovation thermique des bâtiments ou le développement des transports en commun plutôt que de gaspiller l’argent public dans le développement des énergies renouvelables intermittentes, inutiles pour réduire les émissions de CO2 et qui demain imposeront de nouvelles centrales à gaz.

Inversement cette industrie de pointe et créatrice d’emplois non délocalisables qu’est le nucléaire a besoin de l’accès aux financements européens, car elle nécessite des investissements lourds.

Pourquoi le nucléaire, pourtant bas carbone, n’est-il pas spontanément classé durable ?

Le nucléaire, comme toutes les énergies, comporte des inconvénients et des risques. Ces derniers sont remarquablement maîtrisés dans le parc français et surveillés aussi par un réseau international et des normes communes de sécurité.

Mais face à la dimension émotionnelle de ces risques, les États membre et la Commission se sont entendus pour lancer un processus plus long et approfondi que celui retenu pour les autres énergies.

Les travaux demandés aux experts sont maintenant terminés. Leurs conclusions « science based » sont très favorables à l’inclusion du nucléaire dans la Taxonomie.

Ce qui a déclenché un baroud d’honneur d’opposition de pays comme l’Allemagne ou l’Autriche qui avaient pourtant accepté de faire reposer la décision sur celle du Comité scientifique . On voit la part du jeu politique intérieur et de la rivalité avec les atouts énergétiques de la France.

Plus précisément,  le Joint Research Committee, qui est le laboratoire de recherche de l’UE, a démontré, en mars dernier, dans un rapport de 600 pages qu’en plus d’être l’une des énergies les plus décarbonées, l’électricité d’origine nucléaire n’entraînait pas de nuisances environnementales supérieures à celles des autres énergies. Ce constat est corroboré par les experts du GIEC, qui voient en l’énergie électronucléaire la seule alternative crédible aux énergies fossiles pour réduire, dans les 30 ans prochaines années, les émissions de CO2.

Rappelons que si L’Allemagne milite ainsi contre l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie européenne elle souhaite que le gaz naturel soit considéré comme une énergie de transition… alors qu’il émet 8 fois plus de CO2 par kWh que le nucléaire !

A ces pressions étatiques, s’ajoutent des pressions idéologiques exercées par des ONG dites écologistes, qui alimentent des peurs irrationnelles sur le nucléaire. Certaines d’entre elles sont représentées dans le groupe d’experts techniques sur la finance durable, qui conseille la Commission sur la taxonomie.

commentaires

COMMENTAIRES

  • Selon l’ADEME, le nucléaire émet 6 g de CO2/kWh et le gaz 418g de CO2/kWh, ce qui place le différentiel entre nucléaire et gaz à un facteur 70 et non pas 8. Le nucléaire émet donc 70 fois moins de GES que le gaz. Le facteur 8 est plutôt représentatif de la différence entre l’électricité allemande et l’électricité française en terme d’émissions GES en incluant tous les modes de production : le système allemand émet 8 fois plus de GES par kWh que le français.

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    • Autrement dit, on est dans un match France Allemagne, dont on connaît aussi la performance industrielle.
      Je me souviens de cet interview du PDG de Siemens qui disait ä l’époque, « le nucléaire c’est 5% de notre activité et 95% de mes soucis ». Intéressant.
      A côté de cet article ce serait bien d’avoir le pendant qui défend les positions prises par les Allemands.
      Ils ont probablement d’aussi bonnes raisons de défendre la thèse inverse, comme le fait par exemple le scénario negawatt.
      D’ailleurs à quand un article qui présenterait ce scénario?.

      Répondre
  • La remarque de M. Margot est très juste.
    Si le GIEC s’est clairement prononcé sur l’importance du nucléaire dans la lutte contre le réchauffement du climat, il est très surprenant de lire la dernière lettre d’information de l’AIE, qui donne l’alerte sur la recrudescence des émissions de CO2 mais ne prône que le recours au solaire et à l’éolien dans la production d’électricité. Idéologie, quand tu nous tiens… A moins que cette Agence soit aussi conditionnée par les pressions des antinucléaires ?

    Répondre
  • Le Cérémé est un think tank de lobbying pro-nucléaire donc n’a aucune objectivité, et Xavier Moreno n’est pas du secteur énergétique et n’a pas de compétences très pointues en énergie, en conséquence cet article est plein d’erreurs.

    D’abord l’histoire du « tout » nucléaire n’a pas permis le développement comme il aurait été souhaitable des autres approches et technologies peu carbonées qui se développaient aussi à l’époque et généralement moins coûteuses pour les consommateurs, mais qui ont été mises à l’écart avec les centre de R&D et innovateurs et entreprises concernés par une politique trop exclusive en faveur du nucléaire et a conduit au final à une gabegie énergétique du modèle complet nucléaire avec des chauffages et chauffes-eau de type « grille-pain » largement diffusés et qui sont bien souvent encore à l’origine des quelques 8 millions de personnes en précarité énergétique « électrique » sur les 12 millions de personnes en précarité énergétique, quand les réseaux de chaleur et solaire thermique très peu développés en France ont traditionnellement des prix plus bas et que l’hydro, l’efficacité énergétique, l’isolation des bâtiments etc parmi les solutions qui existaient ont été mise de côté parmi d’autres au profit du « tout » nucléaire avec un mauvais bilan final si on a l’objectivité d’analyser le bilan historique complet qui aurait pu être bien meilleur au plan décarbonation des nos consommations énergétiques, au plan économique et d’indépendance énergétique. De nombreuses personnes dont des équipes du CNRS s’en souviennent encore et ont peut en retrouver sur internet.

    Ensuite comme on le voit et comme le souligne l’Agence internationale de l’énergie atomique elle-même, le nucléaire n’est envisagé que pour une part de 6 à 12% dans le mix électrique mondial à horizon 2050 selon cette agence qui est pourtant optimiste habituellement sur ce thème qu’elle défend ardemment, donc pour décarboner, les renouvelables ont déjà dépassé le nucléaire en production et auront une place bien plus importante à cet effet

    De plus quand Xavier Moreno prétend dans l’article que « Tous les systèmes de stockage imaginés pour éviter le couplage avec le gaz ont à la fois de mauvais rendement, un impact environnemental négatif (batteries) et un coût insupportable pour les consommateurs » il ne connaît vraiment pas ce sujet ni ses évolutions.

    Pour info il y a plus de 300 types de stockage répertoriés dans les études scientifiques sur le sujet et si on prend par exemple les seules batteries de flux, plusieurs d’entre-elles n’ont pas d’impact sur l’environnement, un rendement élevé, et leurs prix deviennent de plus en compétitifs pour plusieurs options parmi elles

    Cet article scientifique résume par exemple une partie de ce seul thème :

    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0378775320311083

    .

    Répondre
  • (Suite)

    Inclure le nucléaire comme les énergies fossiles (gaz etc) dans la taxonomie « verte » c’est évidemment tromper les épargnants parce que par exemple le complexe militaro-industriel russe Rosatom va pouvoir en bénéficier dans les fonds de placement tout comme le chinois CNNC, y compris quand des réacteurs sont vendus pour des intérêts géopolitiques, de dépendance etc et pas du tout dans le but de décarboner (Soudan, EAU etc) et aussi sur des entreprises intervenant sur le sarcophage de Tchernobyl qui devra être refait plusieurs fois. En outre des études estiment que la probabilité d’un nouvel accident majeur sur une centrale d’ici à 2050 est d’une risque sur 2. Que dira-t-on à ces épargnants qui auront perdu leurs actifs et que leurs investissements prétendus « verts » auront été à l’origine d’une région durablement contaminées. Cela signifie également que des gens qui font la distinction entre ces secteurs, y compris dans des pays qui n’ont pas choisi le nucléaire, vont voir leurs actifs orientés sur ce thème qu’il n’ont pas choisi

    Je rappelle aussi qu’en cas de terrorisme aggravé ou conflit le nucléaire est devenu indéfendable, donc avec les grands barrages qui lui ont été associés (les approches renouvelables complètes n’ont pas besoin de ce type de grands barrages), ce sont 2 points d’une fragilité extrême lors de conflits avec des conséquences durables redoutables dont évidemment il ne faut jamais parler car le secteur nucléaire estime qu’il va permettre plusieurs milliers d’années d’énergie (la géothermie fait mieux tout comme bien mieux encore les autres renouvelables) mais il n’assume jamais les conséquences ni en cas d’accident ni en cas de terrorisme aggravé ou conflit.

    Il n’y a pas si longtemps un pilote allemand dépressif s’est suicidé avec son avion de ligne et les équipages et passagers en France. Il aurait pu cibler un site de stockage ou une centrale nucléaire, volontairement ou pas, çà n’aurait sans doute pas été très brillant.

    Ni fossiles ni nucléaire ne peuvent recevoir le label vert de la taxonomie, de part leur absence de recyclabilité, leurs risques et déchets pour l’un et leurs émissions pour les autres.

    Les épargnants européens n’ont pas à être trompés par le secteur nucléaire français ou les fossiles d’autres pays, qui est en difficulté et ne vend guère de réacteurs donc ne décarbone quasiment pas dans le monde (la preuve en est qu’il doit s’orienter vers des SMRS) et n’aura quasiment aucun impact pour décarboner dans les délais impartis pour agir suffisamment à temps.

    Plus globalement comme l’estiment de nombreux scientifiques et ingénieurs qui eux ont bien étudié et modélisé les approches énergétiques parmi les plus rapides en incluant les systèmes de stockage (pour mémoire il y a plus de 200 études et modélisations scientifiques sur le sujet dans le monde et bien plus encore si l’on inclue celles d’opérateurs, intervenants, etc) l’argent est en réalité plus efficace lorsqu’il est investi sur les renouvelables. L’IEA par exemple met les SMRs et la Gen 4 hors délai et ne retient que la 3 et 3+

    Si l’on veut décarboner le monde plus vite, à meilleur prix, sans risque, de manière recyclable et renouvelable et pas limitée dans le temps, sans promouvoir le complexe militaro-industriel Rosatom, le chinois CNNC qui vendent du nucléaire à n’importe quel pays sans se soucier des risques et implications régionales et futures (Soudan, EAU etc), en conservant l’uranium pour des applications plus utiles (spatial etc) et en impliquant beaucoup plus d’acteurs puisque les renouvelables sont universelles et se développent, des grands réseaux jusqu’aux coeur des bâtiments et véhicules, les renouvelables sont la meilleure approche et le meilleur investissement.

    Les universitaires et chercheurs internationaux les plus spécialisés sur les transitions énergétiques, dont plusieurs étudient depuis près de deux décennies la réalisation d’un approvisionnement énergétique complexe et sécurisé avec 100 % d’ENR, ont résumé les résultats de leurs recherches dans une déclaration en 10 points

    Leur message principal est le suivant : la transformation vers 100 % d’énergies renouvelables est possible et viendra beaucoup plus rapidement que prévu. Un approvisionnement en électricité 100 % renouvelable est possible d’ici 2030, et avec une volonté politique substantielle dans le monde entier, une énergie 100 % renouvelable est également techniquement et économiquement réalisable dans tous les autres secteurs d’ici 2035.

    Un système 100 % ENR sera plus rentable qu’un futur système basé principalement sur les énergies fossiles et nucléaires.

    Avec de nombreux autres universitaires et chercheurs ils ont signé une déclaration publique appelant à lutter contre le changement climatique en passant à 100 % d’énergie renouvelable à partir de sources telles que l’énergie éolienne, solaire, hydroélectrique, géothermique, marémotrice, houlomotrice etc

    L’énergie nucléaire n’est pas considérée comme renouvelable. La fission nucléaire, le processus actuellement utilisé pour créer de l’énergie nucléaire utilisable, nécessite de l’uranium comme combustible, qui est une ressource limitée.

    “INVESTIR DANS LE NUCLEAIRE EST SELON CES CHERCHEURS LE MOYEN LE PLUS SUR DE PROVOQUER UNE CATASTROPHE CLIMATIQUE”

    Le changement climatique est urgent et les nouvelles centrales nucléaires sont chères et longues à construire.

    L’énergie nucléaire s’accompagne de préoccupations que les énergies renouvelables n’ont pas, notamment la prolifération des armes, les fusions, les déchets radioactifs, les risques d’extraction d’uranium, les transports, les sites à l’abandon etc

    De nombreuses études ont été menées sur les systèmes “100% énergie renouvelable” à l’échelle d’une région, d’un pays, ou du monde entier et ont fait le constat qu’ils fonctionnent non seulement pour répondre à la demande d’électricité, mais aussi pour couvrir tous les besoins énergétiques.

    Une transformation vers un système 100% énergie renouvelable peut advenir plus vite que les prévisions actuelles : le secteur électrique peut être transformé d’ici 2030, suivi des autres secteurs peu après. Avec de la volonté politique, une transformation du secteur énergétique mondial d’ici 2030-2035 devient possible

    L’électricité dans un système 100% ENR coûtera moins cher que dans notre système énergétique actuel : le coût total d’un système 100% ENR sera inférieur au coût de l’énergie conventionnelle, même si l’on exclut les coûts sociaux.

    L’ensemble des coûts sociaux (coût énergétique, environnemental, climatique et sanitaire) d’un système 100% ENR sera considérablement inférieur à celui du statu quo. Plus vite nous atteindrons un système 100% ENR, plus vite ces économies seront réalisées

    Un système 100% ENR peut couvrir les besoins énergétiques des régions, des pays et du monde de manière fiable (24h / 24 et 7j/7) et peu coûteuse.

    Une refonte massive du système énergétique mondial sera nécessaire, notamment en améliorant l’efficacité énergétique à tous les niveaux.

    Le solaire et l’éolien seront les principaux piliers de l’approvisionnement énergétique, associé au développement de la flexibilité sous de multiples formes, notamment avec le stockage, le couplage sectoriel, l’effacement des consommations, et l’intégration aux réseaux à grande et petite échelle.

    Les études s’accordent à dire que l’électricité prendra une part largement majoritaire (environ 80 à 95%) de l’approvisionnement énergétique mondial. L’électrification se traduira par une surabondance d’énergie propre et renouvelable bon marché, augmentant ainsi la prospérité de toute l’humanité.

    L’urgence climatique de la Terre nécessite l’achèvement d’une économie à zéro émission beaucoup plus tôt que l’année cible généralement discutée de 2050

    A ce jour, 11 pays ont atteint ou dépassé 100 % d’électricité renouvelable.

    12 pays ont adopté des lois pour atteindre 100 % d’électricité renouvelable d’ici 2030

    49 pays ont adopté des lois pour atteindre 100 % d’électricité renouvelable d’ici 2050

    14 États et territoires américains ont adopté des lois ou des décrets pour atteindre jusqu’à 100% d’électricité renouvelable d’ici 2030 et 2050

    Plus de 300 villes dans le monde ont adopté des lois pour atteindre 100 % d’électricité renouvelable d’ici 2050 au plus tard

    Plus de 280 entreprises internationales se sont engagées à utiliser 100 % d’énergies renouvelables dans l’ensemble de leurs activités mondiales.

    Le Danemark a adopté des lois pour atteindre 100 % d’énergie renouvelable dans tous les secteurs d’ici 2050.

    L’UE dans son ensemble n’a fixé qu’un objectif de 32 % d’ENR dans l’énergie totale d’ici à 2030

    Parmi les signataires de la déclaration publique :

    Andrew Blakers Professor of Engineering at the Australian National University
    Brian Vad Mathiesen Professor in Energy Planning and Renewable Energy Systems at Aalborg University
    Christian Breyer Professor for Solar Economy at LUT University, Finland
    Prof. Eicke R. Weber co-Chairman of the European Solar Manufacturing Council ESMC
    Hans-Josef Fell Founder and President of the Energy Watch Group, an independent, non-profit, non-partisan global network of scientists and parliamentarians
    Mark Z. Jacobson Director of the Atmosphere/Energy Program, Professor of Civil and Environmental Engineering at Stanford University and Senior Fellow of the Woods Institute for the Environment and of the Precourt Institute for Energy
    Tony Seba world-renowned thought leader, author, speaker, educator, angel investor and Silicon Valley entrepreneur
    Prof Armin Aberle, CEO, Solar Energy Research Institute of Singapore
    Gorm Bruun Andresen, Assoc. Prof., Aarhus University
    Prof. Cristina Archer, University of Delaware
    Dr.-Ing. Philipp Blechinger, Reiner Lemoine Institut
    Prof. Gregory W. Brooks-English, Yonsei University
    Dr. Mary A. Cameron, Atmosphere/Energy Alum and Consultant, Stanford University
    Prof. Juan Cole, University of Michigan
    Dr Richard Corkish, UNSW Sydney
    Dr. Mark Delucchi, UC Berkeley
    Dr Mark Diesendorf, UNSW Sydney
    Dr. Adam Dorr, RethinkX
    Prof. Neven Duic, University of Zagreb
    Michael J. Dvorak, PhD, Founder, Weather Tactics
    Prof. Renate Egan, UNSW, Sydney
    Dr. Peter Enevoldsen, Director of Centre for Energy Technologies, Aarhus University
    José Etcheverry Ph.D., Board of Governors, York University
    Dr. Maria Cristina Facchini. Director, Institute of Atmospheric Sciences and Climate (ISAC), National Research Council (CNR), Italy
    Paul Gipe, wind-works.org
    Prof. Martin Green, UNSW Sydney
    Prof. Martin Greiner, Aarhus University
    Prof. Robert Howarth, Cornell University
    Dr. Heidi Hutner, Stony Brook University
    Prof. A. R. Ingraffea, Cornell University
    Prof. Claudia Kemfert, DIW
    Dr. Bin Lu, Research Fellow, Australian National University
    Prof. Henrik Lund, Professor in Energy Planning, Aalborg University
    Prof. Michael Mann, Penn State U
    Prof. Henning Meschede University of Paderborn
    Professor Enebish Namjil, Institute of Physics and Technology, Mongolian Academy of Sciences
    Prof. Mika Ohbayashi, Director, Renewable Energy Institute, Tokyo, Japan
    Dr. Thomas Reindl, Deputy CEO, Solar Energy Research Institute of Singapore (SERIS)
    Prof. Julieta Schallenberg-Rodriguez, University of Las Palmas de Gran Canaria
    Professor Hans Joachim Schellnhuber, Founder and Director Emeritus of the Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK)
    Prof. Benjamin K. Sovacool, Aarhus University
    Professor Peter Strachan, Robert Gordon University, Aberdeen, Scotland
    Dr. Thure Traber, Energywatchgroup, Berlin, Germany
    Assoc. Prof. Dr. Sven Teske, Inst. for Sustainable Futures, University of Technology Sydney
    Dr Pierre Verlinden Amrock, Adjunct Prof. University of New South Wales, Sun Yat-Sen University
    Dr. Marta Victoria, Assist. Professor, Aarhus University
    Professor Ray Wills, School of Earth and Agriculture, The University of Western Australia

    Les différentes études et modélisations vont dans leur sens comme aux Etats-Unis le NREL, le Naris, le DOE (qui donne 11 à 13% de nucléaire aux Etats-Unis seulement) et l’Agence internationale de l’énerrgie atomique ne dit finalement pas autre chose avec ses prévisions d’une part de 6 à 12% seulement de nucléaire à horizon 2050

    https://global100restrategygroup.org/

    .

    Répondre
    • Si votre suggestion de recourir plus largement au solaire thermique est probablement une bonne idée, il y a beaucoup de pensée magique dans votre (longue) prose. Impossible de tout reprendre sans y consacrer beaucoup de temps, alors quelques points :
      1) Les investisseurs (et non les épargnants qui ne s’achèteront pas une centrale nucléaire, soyez sans crainte) : à eux de peser le pour et le contre, ils sont habitués à calculer les risques financiers.
      2) Barrages : êtes-vous à ce point promoteur (ou vendeur) d’ENRi que même l’énergie renouvelable hydraulique ne trouve pas grâce à vos yeux ?
      3) Terrorisme : la peur n’évitant pas le danger, possédez-vous un autocuiseur ? Dans ce cas, il est urgent de vous en débarrasser, mal utilisé ou mal entretenu, il pourrait exploser et vous occire alors que mijote votre daube à la provençale que vous venez d’oublier.
      4) Conflit nucléaire : si l’humanité tombe dans cette frénésie, éoliennes, panneaux solaires, centrales nucléaires ou pas, ce sera probablement la fin de l’homme moderne et de ses problèmes.
      5) Géothermie : ces solutions sont disponibles et sont complémentaires des autres sources d’énergie. Creusez si cela vous amuse et si vous y trouvez votre compte, mais évitez tout de même de déclencher un tremblement de terre.
      6) Taxonomie : en quoi la vertueuse Allemagne pourrait-elle promouvoir ses ENRi produisant une électricité 8 fois plus carbonée que la France alors que le nucléaire est virtuellement irréprochable sur ce point ?
      7) Déchets : les déchets sont un problème du nucléaire, mais ils sont traités et personne ne se trouve en contact avec. Du reste, les ENRi ne sont pas épargnées et vont en produire beaucoup plus que le nucléaire (peu de déchets toxiques contre beaucoup de déchets peu toxiques). Qui l’emporte ? 1000 x 0,001 = 0,001 x 1000 ? Que deviennent les styrènes, silanes, bisphénols et autres adjuvants dans les pales en décomposition enfouies sous votre potager ?
      8) 100% d’ENR : le dédain que vous manifestez vis-à-vis des barrages ne devrait pas vous autoriser à vanter les ENR, mais uniquement les ENRi. Vous pouvez alors citer toutes les études que vous voulez, tous les professeurs, tous les pays et villes qui ont décidé d’être 100% ENRi en 2050, regardez la réalité et promenez-vous sur ElectricityMap : à part les pays richement dotés en hydro (mais il ne s’agit alors pas d’ENRi, mais d’ENR), aucun pays ne présente une empreinte carbone meilleure que la France équipée de son maudit parc nucléaire.
      9) Rentable : «Un système 100 % ENR sera plus rentable qu’un futur système basé principalement sur les énergies fossiles et nucléaires. » Amusant, lorsque précisément le nucléaire permet de se passer du fossile alors que les ENRi en sont totalement dépendantes (cf. la réalité, mais ce n’est apparemment pas un paramètre qui vous intéresse).
      10) CATASTROPHE : «INVESTIR DANS LE NUCLEAIRE EST SELON CES CHERCHEURS LE MOYEN LE PLUS SUR DE PROVOQUER UNE CATASTROPHE CLIMATIQUE ». Si vous suivez ce que dit la science, les changements climatiques sont provoqués par une augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, principalement du CO2, qui réfléchissent une partie des IR vers la Terre, ce qui conduit à augmenter légèrement sa température. Le nucléaire n’émettant pas de GES (ou si peu), vous pouvez le vouer aux gémonies pour tout un tas de raisons, mais pas celle-ci. Je ne sais pas en quoi ces chercheurs cherchent, mais surement pas en physique ni en climatologie. En astrologie, peut-être ?
      11) Prolifération : si vous ne faites pas la distinction entre nucléaire civil et militaire, cessez d’utiliser l’électricité en France, cessez de vous faire radiographier, refusez les traitements de radiothérapie, refusez bien des aliments irradiés pour leur conservation…
      12) Rapide : voudriez-vous chiffrer vos affirmations pour avoir un système 100% ENRi en 2030 (en € ainsi qu’en matières premières) ? Merci aussi de préciser le bilan carbone et la disponibilité du réseau.
      13) Fiable : pouvez-vous donner une définition de ce que vous appelez un système fiable ? Comment ferez-vous pour approvisionner l’Europe entre le 15 janvier et le 3 février 2033 alors que la météo annonce un phénoménal anticyclone sur l’Europe, conséquence directe des changements climatiques (et accessoirement, une absence de vent et un soleil, certes radieux, mais au mauvais angle et très peu matinal) ?
      14) Surabondance : «L’électrification se traduira par une surabondance d’énergie propre et renouvelable bon marché, augmentant ainsi la prospérité de toute l’humanité. » AMÈNE (je ne sais pas comment vous le dites, dans votre religion) !
      15) 100% : Merci de préciser quels sont les pays qui ont dépassé 100% d’énergie renouvelable (sans les affreux grands barrages dont on n’a pas besoin) ?
      Merci pour toutes ces précisions qui me permettront peut-être de voir les ENRi sous un jour meilleur.

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