Energies propres

L’AIE appelle au développement « immédiat et massif » des énergies propres

Dans un rapport publié le 18 mai dernier, l’Agence internationale de l’énergie exhorte les pays à diminuer leurs investissements dans les solutions énergétiques fossiles, responsables des trois quarts des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, afin de se concentrer sur les moyens de production plus vertueux, comme les énergies renouvelables et le nucléaire.

Une transformation totale d’ici 2050

C’est une « tâche monumentale »,souligne d’emblée l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dans un rapport remis le 18 mai dernier. Mais si l’on veut coller aux objectifs établis par la Conférence de Paris sur le climat (COP21), en 2015, et limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, pas le choix : il convient d’accorder les promesses et les actes. Car, pour l’instant, « il y a un énorme fossé entre la rhétorique et la réalité, estime Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE. Cette année devrait encore être l’une des pires en matière d’émissions de CO2. » Si rien n’est fait, 22 milliards de tonnes de carbone seront encore émises dans l’atmosphère en 2050.

Raison pour laquelle l’AIE, qui reconnaît pour la première fois la nécessité de limiter le réchauffement global à 1,5 °C, appelle à un développement « immédiat et massif » des énergies propres. En pratique, selon le rapport, plus de 600 gigawatts (GW) d’énergie photovoltaïque et près de 400 GW d’éolien devront être installés, chaque année d’ici à 2030, pour assurer les besoins énergétiques de la planète – qui grossissent – tout en limitant la hausse des températures. En 2020, ces capacités étaient 4 fois moindres. De l’autre côté, les énergies polluantes devront être à tout prix abandonnées ; les projets fossiles qui n’inclueraient pas de solution de stockage du carbone refusés.

La fin des hydrocarbures ne convainc pas tous les acteurs 

Ne nous y trompons pas. Il s’agit d’une petite révolution. Car « l’AIE tourne le dos à l’industrie des hydrocarbures qu’elle a longtemps soutenue. C’est un message très fort », estime Marc-Antoine Eyl-Mazzega, le directeur du centre énergie et climat de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Ce qui démontre, quelque part, l’urgence qu’il y a à (ré)agir. En France notamment, où le processus de transition énergétique piétine. « La transition écologique passe par une première étape : désinvestir. Ni pétrole, ni gaz »,estime ainsi la députée européenne Aurore Lalucq (Socialistes et Démocrates). Qui insiste sur le « ni gaz ».

L’ancien soutien de Benoît Hamon (Parti socialiste) à la présidentielle de 2017, fait bien d’appuyer sur la manette des gaz : la nécessité de mettre fin aux hydrocarbures, dans l’Hexagone, ne va pas de soi ; elle n’est pas entendue, semble-t-il, par tous les acteurs de l’énergie. Engie, par exemple, communique à grand renfort de chiffres pour souligner ses investissements renouvelables, tout en ne souhaitant pas abandonner sa poule aux œufs d’or fossilisée. 

« Le gaz est abordable, fiable et stockable. Tous les scénarios de mix énergétique prévoient que la part du gaz devrait se maintenir, au niveau mondial, aux alentours de 25 % du mix énergétique à horizon 2050 (?), ne serait-ce que pour remplacer les unités de production au charbon », estime-t-on dans les hautes sphères du troisième énergéticien tricolore. On repassera donc pour l’élan vert(ueux). Engie convoque la pilotabilité du gaz, contrairement aux énergies renouvelables – intermittentes -, pour justifier son recours ? C’est oublier bien vite qu’en France, le nucléaire est non seulementpilotable, mais aussi, ce dont on refuse, parfois, de se souvenir, propre.

Miser sur les énergies propres

EDF, le propriétaire des centrales en France, s’engage d’ailleurs à atteindre la « neutralité carbone » – l’état d’équilibre entre les émissions carbonées émises dans l’atmosphère par l’Homme et les quantités retirées de son fait – d’ici 2050. Et ce grâce aux renouvelables et à l’atome. Pour cette raison, il a signé, l’an dernier, l’engagement « Business Ambition for 1.5 degrees », afin de diminuer de 50 %, en 2030 ses émissions directes. Sachant que, depuis 2010, le groupe a mis à l’arrêt définitif 23 unités au fioul et au charbon. Tout en investissant dans les énergies vertes. La « tâche monumentale », dixit l’AIE, sa résolution du moins, passe par toutes ces actions.

commentaires

COMMENTAIRES

  • Tous les acteurs ne sont pas convaincus. Et pour cause, arrêter toute exploration et développement et se contenter de vivre jusqu’en 2050 avec la production du socle déclinant, conduirait à une rupture offre/demande dès le milieu des années 2020 et engendrerait à moyen terme une flambée structurelle et incontrôlées des cours du pétrole et du gaz.

    Cette flambée déboucherait sur une crise énergétique mondiale majeure source de tension internationale et de conflits sociaux particulièrement en Europe dépendante aujourd’hui à 95 % de ses approvisionnements pétroliers et à 80 % de ses approvisionnements gaziers.

    N’en déplaise à l’AIE et ses nouveaux supporters, nous sommes malheureusement condamnés à continuer l’exploration et le développement de nouveaux champs pétroliers et gaziers durant de nombreuses années.

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  • Encore un copier-coller provenant d’un site bien connu pour son dénigrement des énergies renouvelables. Le sujet mérite un peu plus de réflexion et un point de vue personnel étayé serait plus approprié.

    Mais ces propos copiés, comme ceux dont se gaussent les habitués du site en question, ne sont que le combat d’arrière-garde d’un monde en retraite.

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    • Mais comme d’habitude, vous n’avez rien de concret pour contrer ces arguments, à part des montagnes de données copiées ici et là, associées à des propos simplistes sans plus de réflexion pour noyer les différents sujets qui sont abordés sur ce site.

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  • Le problème est surtout celui de l’énergie en général et de la production de nourriture dans les pays à la population galopante.

    Un exemple aux conséquences catastrophiques est celui de la Syrie. La population y est passée de 3,4 millions d’habitants en 1950 à 16,4 Mhab. en 2000 et 21,4 Mhab. en 2010 : +30% en dix ans. C’était 17,1 Mhab. en 2002 lors du pic de production du pétrole de ce pays.

    La production de pétrole a progressé jusqu’en 1995 (29,6 Mt) avant de stagner en ondulant pour atteindre un maximum en 2002 avec 32,7 Mt, suivi d’un rapide déclin en deux ans (21,7 Mt en 2004), suivi d’un déclin plus lent mais continu jusqu’en 2010 (et après évidemment).

    Avec l’augmentation de sa population, la Syrie a dû importer de plus en plus de blé et autres produits alimentaires. Un fort développement du pompage a pu être fait par les propriétaires les plus riche, augmentant la consommation de pétrole. Mais cela a vite fait baisser le niveau des nappes phréatiques, empêchant les petits agriculteurs d’irriguer leurs terre de façon traditionnelle, d’où une baisse de leurs récoltes, la pauvreté et l’immigration vers les villes.

    Alors que le pays était exportateur, ce qui permettait d’avoir des devises pour importer de la nourriture et subventionner les produits essentiels, le pays est devenu importateur de pétrole en 2004, de façon croissante.

    En 2008, un forte baisse des subventions aux produits alimentaires a peu à peu conduit aux révoltes contre le régime, puis à la guerre civile.

    Le principal problème est celui de la surpopulation d’un pays en relation avec les ressources, surtout alimentaires, dont il dispose.

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  • La plupart des pays pétroliers ont ce genre de problème et connaîtront aussi des situations dramatiques, tout simplement parce que leur production arrive un jour à un maximum, pour des raisons géologiques, et décline ensuite, alors que leur population continue d’augmenter fortement.

    En Algérie, la production de pétrole a culminé en 2005-2007 avec 86,5 Mt pour décliner en ondulant jusqu’à 64,3 Mt en 2019. Pendant ce temps, la population est passée de 8,9 millions d’habitants en 1950 à 33,2 Mhab. en 2005 et 43,9 Mhab. en 2020 (+32% en 15 ans). La consommation de pétrole est passée de 11,0 Mt en 2005 à 20,1 Mt en 2019. Les exportations de pétrole, brut ou raffiné ont diminué en conséquence, limitant les possibilités d’importation de nourriture.

    Au Nigeria, la production pétrolière oscille de 90 Mt à 120 Mt depuis 1990, la tendance récente étant plutôt à la baisse. Pour sa part, la population continue d’augmenter, passant de 37,9 millions d’habitants en 1950 à 138,8 Mhab. en 2005 et 206,1 Mhab. en 2020 (+48% en 15 ans).

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  • Rien ne sert encore une fois de déplorer une forte augmentation de la démographie. Parler de “surpopulation” est un jugement de valeur et non scientifique. Le fait est là, mais la tendance est à la baisse en moyenne dans le monde. Reste à proposer des solutions qui soient satisfaisantes pour ces populations et les sortir de la misère. Et, là, les énergies fossiles sont encore, et pour longtemps, irremplaçables. Tout stopper dans la prospection et l’exploitation des hydrocarbures au nom du climat engendrerait de graves conflits qui ne nous épargneraient pas. Ayez le sens des réalités ou c’est le retour d’une forme de néo-colonialisme.

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  • La population est loin d’être à la baisse dans le monde, bien au contraire.

    Selon les estimations de l’ONU, la population mondiale est passée de 6,96 milliards d’habitants en 2010 à 7,79 Md hab. en 2020 : 840 millions hab. et 12% de plus en dix ans.

    Pour l’avenir, la projection de référence indique 9,74 Md hab. en 2050 et 10,88 Md hab. en 2100. Dans l’hypothèse de plus faible croissance, la population atteindrait 8,91 Md hab. en 2050 et 7,32 Md hab. en 2100, en passant par un maximum à 8,92 Md hab. en 2054.

    Pour les sept autres hypothèses, la population serait de 9,12 à 10,59 Md hab. en 2050 et de 8,92 à 21,63 Md hab. en 2100.

    Les images de villes surpeuplées dans différents pays du monde, celles où les gens voyagent sur le toit des trains faute de place dans les wagons plus que bondés … montrent des aspects concrets de la surpopulation et devraient faire réfléchir sur la qualité de vie de ces populations.

    La première chose à faire pour sortir les gens de ces pays de la misère, c’est de limiter les naissances de façon drastique : un seul ou deux enfants par femme, pas cinq ou six. Lorsqu’un champ produisait pour nourrir une famille il y a cinquante ans, il ne peut nourrir
    cinq ou si familles tout aussi nombreuses aujourd’hui.

    Pour ce qui est du climat, la surpopulation entraîne la destruction des forêts (et des mangroves) et la modification de l’occupation des terres, ce qui conduit à agir sur le climat. De mémoire, une étude américaine a montré que la déforestation en Amazonie a modifié le régime des pluies dans l’ouest nord-américain. Même cause (déforestation) et mêmes effets autour du Kilimandjaro, en Tanzanie, et ailleurs.

    A cela s’ajoute les pompages pour les cultures intensives, comme en Californie, qui ont fait baissé le niveau des nappes phréatiques sur des centaines de kilomètres de distance. Le même problème se retrouvant dans les Grandes Plaines de l’ouest américain et partout dans le monde.

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  • Est-ce que les ”hauts responsables” de l’AIE comprendront un jour que l’urgence absolue, c’est la maîtrise de l’énergie… au lieu de toujours vouloir produire plus?
    Développer les EnR, oui, si les usagers de ces EnR acceptent leurs fluctuations et s’adaptent par exemple en ne faisant plus de lessive ou lave vaisselle la nuit!… L’homme doit s’adapter à la nature…pas le contraire!
    Notre civilisation vit au dessus de ses moyens en dilapidant toutes les formes d’énergies… nous allons le payer un max!

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