La Chine anticipe une exploitation du thorium pour 2024

La course à l’exploitation du thorium s’accentue et la Chine n’aura pas tardé pour mettre la pression sur la concurrence. Elle vient en effet d’avancer de 15 ans ses prévisions en matière d’équipement de réacteurs nucléaires de 4ème génération basés sur ce minerai.

La Chine relance donc avec détermination la course au thorium et prévoit les débuts d’une filière nucléaire et la mise en activité d’un premier réacteur dès 2024. Une équipe de scientifiques de Shanghai  s’est en effet vue attribuer la lourde tâche de réaliser toutes les promesses d’une exploitation nucléaire « propre » du thorium. Et ces promesses sont nombreuses…

Souvent désigné comme “le nucléaire vert”, le thorium est une ressource abondante sur terre, à fort potentiel énergétique, et dont les déchets produits dans une centrale seraient en quantité moindre par rapport à l’uranium.  Ainsi, alors qu’une exploitation du thorium produirait plus d’énergie avec moins de minerai au départ, elle diviserait également le volume des déchets radioactifs par 200 et réduirait leur durée de vie à 500 ans.

Si ces prévisions pourront paraître ambitieuses pour certains, voire irréalisables dans de tels délais pour d’autres, on comprend toutefois l’urgence qui motive la Chine au regard des problèmes environnementaux qu’elle rencontre depuis des décennies. Les taux de pollution records liés à un développement économique accéléré et l’absence totale de normes écologiques, constituent aujourd’hui l’une des principales préoccupations du gouvernement chinois qui souhaiterait dans un avenir proche s’appuyer davantage sur le nucléaire ou les EnR que sur son réseau de centrales thermiques.

Ajouté à cela le fait que le thorium est trois à quatre fois plus abondant dans la croûte terrestre que l’uranium et l’on comprendre aisément l’intérêt du gouvernement chinois à creuser dans le sens d’une utilisation rapide de ce minerai. La Chine n’est d’ailleurs pas la seule puisque d’autres nations tel que l’Inde, la Norvège, le Brésil ou la Turquie ont déjà fait part de leur volonté de construire dans le futur des réacteurs au thorium.

Ces projets n’en sont toutefois qu’au stade expérimental  et  avant d’envisager sérieusement une exploitation durable de ce minerai, de nombreux paramètres restent à évaluer.  Exploiter une centrale alimentée au thorium ne semble pour l’instant pas sans risque. Si l’on en croit l’Agence norvégienne de sûreté nucléaire, l’exploitation du thorium comporte « un risque d’accident incluant la possibilité d’une réaction en chaîne incontrôlée ». Problème que l’équipe de Shanghai devra régler au plus vite si elle veut respecter les délais avancés par Pékin.

Crédits photo : W. Oelen

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COMMENTAIRES

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    Je suis désolé de contredire la fin de ce billet, mais le principale avantage des centrales au thorium, est JUSTEMENT qu’il ne peut pas y avoir de fusion du coeur comme à Fukushima :

    “En ce qui concerne la sécurité, la caractéristique la plus marquante de ces réacteurs est l’absence d’un risque de fusion du cœur. En effet, l’amorçage et le maintien d’une réaction de fission alimentée par le thorium, au départ non fissile, nécessite un apport de neutrons. Cette source, un petit accélérateur de particules, doit être continue ; le cycle thorium ne peut pas continuer seul. Lorsque la source de neutrons s’arrête, que l’on tire la prise, les réactions de fission s’arrêtent également. Ce type de réacteur, appelé «sous-critique», a été imaginé par Carlo Rubbia, ancien directeur général du CERN. L’énergie ainsi récoltée est 60 fois supérieure à celle nécessaire à sa génération.”

    Article complet : http://www.crashdebug.fr/index.php/sciencess/3153-une-alternative-au-nucleaire-la-filiere-du-thorium

    (Entre autres rechercher “thorium” sur le blog à gauche)

    Cordialement,

    F.

    Répondre
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    Il est dommage qu’en France le CEA n’envisage les centrales à sel fondu thorium que pour un avenir très lointain. Le CEA préférant soutenir Areva avec son EPR, quitte a foncer dans le mur. Il faut juste rappeler que des prototypes de centrale à sel fondu on fonctionné parfaitement à la fin des année 60. Cette filière à été abandonné parce qu’elle ne permettait pas de fournir le plutonium dont les militaires avaient besoin.

    Répondre
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