Le Japon veut restreindre ses financements de centrales à charbon à l’étranger

Le Japon a annoncé jeudi qu’il allait « durcir » ses conditions d’investissement dans les projets de centrales à charbon à l’étranger pour réduire ses émissions de CO2, mais sans aller jusqu’à supprimer cette politique très controversée.

La troisième puissance économique mondiale est régulièrement critiquée parce qu’elle soutient financièrement des projets de centrales à charbon d’entreprises japonaises en Asie du Sud-Est, et qu’elle continue d’en exploiter et d’en construire sur son propre sol.

« Nous avons décidé de durcir » les règles sur les investissements dans le charbon à l’étranger, a déclaré jeudi le ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie Hiroshi Kajiyama lors d’une conférence de presse à Tokyo.

Mais « on ne peut pas ignorer qu’il y a des pays en voie de développement dans le monde qui n’ont pas d’autre choix que de se tourner vers le charbon », a-t-il aussitôt tempéré. « Il est important d’aborder la décarbonisation en ayant en tête cette réalité ».

M. Kajiyama n’a pas donné de détails sur le durcissement des règles à venir. Selon le quotidien économique Nikkei, l’Etat japonais va continuer à soutenir des investissements à l’étranger pour des centrales à charbon émettant au moins 15% de CO2 de moins qu’une centrale classique, ou des centrales utilisant conjointement charbon et biomasse.

« C’est une décision majeure », a salué auprès de l’AFP Kimiko Hirata, directrice de l’organisation environnementale japonaise Kiko Network, tout en regrettant que le gouvernement n’ait pas complètement fermé la porte à ces financements.

L’organisation Greenpeace Japon s’est déclarée pour sa part « extrêmement déçue de voir le gouvernement refuser de prendre la crise climatique au sérieux » et de ne « pas chercher sincèrement à respecter ses engagements » de l’accord de Paris sur le climat, qu’il a signé en 2015.

L’Etat japonais « continue de répéter le mythe » de ses technologies « efficientes » en matière de charbon, a encore dénoncé Greenpeace dans son communiqué.

Bien que moins polluantes que les anciennes, les nouvelles centrales à charbon développées par le Japon émettent « plus de deux fois plus » de CO2 que des centrales à cycle combiné au gaz, a récemment rappelé à l’AFP Yukari Takamura, experte des questions environnementales à l’université de Tokyo.

Le Japon est actuellement le deuxième plus gros financeur de centrales à charbon dans le monde, après la Chine.

Les trois « mégabanques » du pays, Mizuho, Mitsubishi UFJ Financial Group (MUFG) et Sumitomo Mitsui Banking Corporation (SMBC) comptent par ailleurs parmi les principaux financeurs privés mondiaux de cette énergie. Elles se sont cependant récemment engagées à restreindre leurs financements dans ce domaine à l’avenir.

Vendredi dernier, le Japon a par ailleurs promis d’étudier des mesures concrètes pour réduire d’ici 2030 sa dépendance énergétique au charbon, qui assure actuellement près d’un tiers de sa production d’électricité.

Les médias locaux avaient annoncé que le gouvernement souhaitait fermer 100 des 114 centrales à charbon du pays construites avant le milieu des années 1990, les plus polluantes, un chiffre que le gouvernement n’a cependant pas officiellement confirmé.
nf-mc/etb/sl

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COMMENTAIRES

  • Il est étrange de voir qu’un pays qui sa targue d’être celui du Soleil levant ne ce soit pas encore aperçu que ce Soleil existait vraiment. Le génie japonais n’est plus qu’une ruine de ce qu’il a été. Il suffirait de seulement 2 ans pour que le Japon puisse se passer de son charbon et de ses centrales nucléaires dont il n’a toujours pas compris la dangerosité.
    Il ne faut que deux ans pour mettre en place n’importe quel parce éolien ou ferme solaire contre au bas mot 12 ans pour faire un EPR, il est clair qu’en l’absence de charbon la première solution est la bonne, de plus nous supprimons le risque et les déchets millénaires de la solution nucléaire, tout en installant une solution pérenne pour aussi longtemps qu’on n’en aura pas trouvé de meilleure, contre une solution nucléaire dont le glas sonne dans moins d’un siècle faute de carburant, l’uranium n’étant pas inépuisable contrairement aux photons du Soleil.

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  • Si c’était si facile, cela se saurait. Mais Rochain connaît et sait tout ce qu’il faut faire ! Mais oncernant l’usage de charbon pour la production d’électricité, c’est un vrai problème.

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    • Mais cela se sait Cochelin, sauf de vous sans doute. Et cela se sait tellement bien que le monde entier investit en moyenne 7 fois et demi plus dans le solaire… et l’éolien, ce qui revient au même, que dans le nucléaire.

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