Fessenheim, la fin d’une époque ?

Fessenheim, la fin d’une époque ?

La messe est dite et à la fin de ce mois, le rideau va se baisser sur cette tragi-comédie des temps modernes. Sauf que le dénouement ne sera pas heureux puisque la centrale de Fessenheim, victime expiatoire sur l’autel de la bêtise humaine, sera définitivement sacrifiée et rejoindra dans l’indifférence quasi générale le cimetière des causes perdues où se trouvent déjà Super-Phénix ou ASTRID…

Une tragi-comédie qui ne fait pas rire et inciterait plutôt à pleurer devant tant d’inconséquences, d’incompétences, voire d’irresponsabilités au plus haut niveau de l’Etat.

Alors que la France doit faire face à une grave crise économique et que les caisses de l’Etat sont vides, est-elle assez riche pour gaspiller ainsi une dizaine de milliards d’euros en arrêtant une centrale très rentable et, dans le même temps, continuer de subventionner à hauteur de plus de 5 milliards d’euros chaque année (chiffre en croissance permanente !) des éoliennes que plus personne ne veut dans son jardin ?… Il y a bien d’autres urgences dont la reconstruction de notre système de santé.

Emploi

Alors que la crise économique est la cause de plus de 500 000 suppressions d’emplois et autant de chômeurs, faut-il que l’Etat en rajoute en supprimant près de 2000 emplois directs et 3000 emplois indirects dans une région déjà durement touchée ?…

Alors que l’Allemagne démarre des centrales au charbon et que la France diffère l’arrêt des siennes, la priorité donnée à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et au respect des engagements de l’accord de Paris pour le climat n’est-elle qu’un rideau de fumée offert aux voix des écologistes ?…

Alors que les plans de sauvetage pour sauver notre industrie se succèdent les uns après les autres, ne serait-il pas temps de laisser l’industrie nucléaire vivre sa vie en supprimant purement et simplement l’ARENH devenue aujourd’hui obsolète et de revoir la loi NOME ?…

Alors que le nucléaire a donné l’exemple ces derniers mois de sa capacité à répondre aux besoins d’un réseau malmené par les variations des éoliennes, que penser des propos d’Elisabeth Borne qui s’inquiète à juste raison d’un passage problématique du prochain hiver alors qu’elle contribue à la réduction de la production nucléaire ?

Pénurie d’électricité ?

Ce qui n’empêchera pas d’attribuer à cette filière industrielle la responsabilité d’une éventuelle pénurie de production d‘électricité, énergie vitale devenue stratégique pendant la crise sanitaire.

Enfin, la suppression des 1800 MW de la centrale de Fessenheim qui représentent de l’ordre de 2% de la production électrique annuelle de la France, aujourd’hui rayée d’un trait de plume alors qu’elle aurait pu continuer à fonctionner de nombreuses années, est en contradiction avec les recommandations de l’Autorité de Sûreté Nucléaire qui appelle à accroître les marges de production.

Tout cela dans l’indifférence d’une opinion publique formatée et des élus qui ne pourront dire « On ne savait pas !… »

Triste à pleurer !…