Fermeture définitive de la centrale à charbon du Havre

Environ deux-cents personnes se sont rassemblées mercredi devant la centrale à charbon du Havre pour protester contre sa fermeture définitive le jour même dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, a constaté une correspondante de l’AFP.

“300 emplois supprimés, merci qui ?” “Ils nous ont pris nos métiers, mais pas notre fierté !”, pouvait-on lire sur des tracts.

Selon EDF, 170 agents EDF et 72 salariés de sous-traitants permanents sont concernés. La CGT parle de son côté de 300 personnes concernées dont 90 salariés de sous-traitants permanents et des agents portuaires.

“Cinquante agents ne savent absolument pas où ils seront en septembre”, a déploré Frédéric Guérin, secrétaire CGT du CE du site.

Lancée en 1968, la centrale a employé jusqu’à 560 personnes, selon M. Guérin.

Les députés PCF Jean-Paul Lecoq et Sébastien Jumel ainsi que le secrétaire de la fédération énergie de la CGT avaient fait le déplacement.

La production d’électricité de la centrale a cessé depuis le 10 mars à la suite de l’épuisement du stock de charbon mais ce n’est que mercredi que la centrale a été définitivement déconnectée du réseau de distribution électrique, selon M. Guérin.

Les “clés de la centrale doivent être remises à ceux qui vont la démanteler à l’été 2022” après notamment “six mois de mise en sécurité” du site, selon M. Guérin.

Selon EDF “le chantier de déconstruction des installations devrait nécessiter une dizaine d’années”.

La fermeture des quatre dernières centrales à charbon françaises avaient été annoncée sous la présidence de François Hollande pour “l’horizon 2023” avant que l’échéance ne soit fixée à 2022 sous la présidence d’Emmanuel Macron.

La centrale de Saint-Avold (Moselle) doit cesser son activité en mars 2022. Celle de Gardanne (Bouches-du-Rhône), marquée par un conflit social, est à l’arrêt depuis deux ans. Ces deux dernières centrales appartiennent au groupe GazelEnergie.

Quant à Cordemais (Loire-Atlantique), propriété d’EDF, RTE, gestionnaire du réseau haute tension français, a suggéré le 24 mars son maintien en disponibilité ou la conversion à la biomasse pendant quelques années, tandis que le ministère de la Transition écologique indiquait “souhaiter que, si Cordemais devait perdurer de manière marginale, ce soit avec de la biomasse”.

Selon RTE “la sécurité d’approvisionnement” de la France en électricité “reste sous vigilance” pour les trois prochains hiver, étant donné la faible disponibilité du parc nucléaire liée à des maintenances prolongées et au retard du chantier de l’EPR à Flamanville (Manche).
cor-clc/db/ide

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