equiper parkings avec ombrieres photovoltaiques devient standard incontournable transition energetique - Le Monde de l'Energie

« Équiper les parkings avec des ombrières photovoltaïques devient un standard incontournable de la transition énergétique »

Le Monde de l’Énergie ouvre ses colonnes à Édouard Roblot, directeur Bâtiment bas carbone de IDEX, pour revenir avec lui sur les obligations d’installation d’ombrières photovoltaïques sur les parking de la grande distribution en France.

 

Le Monde de l’Énergie —La loi sur les énergies renouvelables va imposer aux magasins de grande distribution l’installation d’ombrières photovoltaïques sur 50 % de leurs parkings d’ici 2028. Pourquoi les acteurs du secteur contestent-ils ce choix, et que proposent-ils à la place ?

Édouard Roblot —La loi sur les énergies renouvelables impose à l’ensemble des parkings de plus de 1500m² de s’équiper en ombrières photovoltaïques sur 50% de leur surface. Cette réglementation concerne tous les parkings extérieurs français : industrie, hôpitaux, de covoiturage…

Cela représente un formidable potentiel d’énergie renouvelable : les 50 000 parkings à équiper en France totalisent 20 à 25GW de potentiel solaire, soit, en termes de puissance installée, l’équivalent de 12 EPR ! C’est donc un enjeu énergétique important à l’échelle nationale.

Parmi ces parkings, les centres commerciaux présentent des enjeux particuliers. Ils sont considérés par leurs propriétaires comme des zones stratégiques, susceptibles d’être converties en logements ou autres infrastructures, particulièrement dans le cadre de la loi sur la zéro artificialisation nette (ZAN), ce qui n’est pas forcément le cas des autres types de parking. Les fédérations professionnelles de parking demandent également un ajustement des délais d’obligation d’équipement, ainsi que l’exclusion de certaines zones des obligations.

Le Monde de l’Énergie —Quelle surface d’ombrières est nécessaire pour couvrir la consommation moyenne d’un supermarché ? Quel est l’optimum économique pour que la solarisation des parkings soit rentable ?

Édouard Roblot —En règle générale, couvrir 25% à 30% d’un parking permet de produire la quantité d’électricité solaire nécessaire à la consommation d’une grande surface située à proximité. La taille du parking est souvent proportionnelle à la consommation des grandes surfaces alimentaires.

La loi fixe quant à elle une obligation de couverture de 50% des parkings de plus de 1500m², quel que soit le type de consommateur situé à proximité. Ce taux de couverture plus élevé permet d’abaisser le coût de l’énergie solaire moyen, à la fois en faisant des économies sur les coûts fixes (raccordement, chantier…) et en optimisant les approvisionnements en matériel.

En revanche, il oblige à gérer les surplus d’énergie solaire afin de permettre de bien valoriser l’installation et que tous, autoconsommateur comme producteur d’énergie solaire ayant investi dans l’installation, bénéficient de cet effet d’échelle.

Maximiser la couverture solaire des parkings a d’autres effets positifs non négligeables : cela permet d’abriter les automobilistes de la pluie et du soleil, protège les revêtements, facilite le déploiement des bornes de recharge pour véhicules électriques…

Le Monde de l’Énergie —En quoi la solarisation d’un sol déjà artificialisé est une nécessité aujourd’hui ?

Édouard Roblot —Convertir ces terrains déjà artificialisés permet de produire renouvelable et local tout en exploitant un important potentiel jusque-là sous-utilisé.

Concentrer nos efforts sur ces sols déjà urbanisés permet également des gains de temps considérables dans la mise en œuvre des projets puisque compte-tenu de l’absence d’impact sur la biodiversité, il n’y a pas d’études environnementales à mener.

Enfin, et surtout, ces parkings ont désormais deux usages : l’équipement d’ombrières photovoltaïques sur les parkings ne détériore en aucun cas leur utilité première : le stationnement. Cela vient même améliorer le confort des automobilistes.

Le Monde de l’Énergie —Pourquoi les enseignes devraient-elles envisager le tiers-investissement ? Quels modèles d’affaires leurs sont proposés ?

Édouard Roblot —Recourir à un développeur permet aux propriétaires de parking de faire prendre en charge de A à Z leur projet. Non seulement cela leur évite de porter l’investissement, mais cela leur permet aussi de faire porter le risque de chantier, administratif (qui peut être important car l’incertitude réglementaire sur ces sujets est conséquente) et d’exploitation par un professionnel.

Pour rentabiliser l’investissement solaire, un développeur propose généralement, dans le cadre d’un contrat clé-en-mains, d’autoconsommer au maximum l’énergie produite, le reste étant valorisé auprès d’EDF OA.

L’autoconsommation collective commence également à se développer, en particulier en cas de présence de multi-clients tertiaires qui payent des prix élevés de l’électricité et lorsqu’il n’y a pas de “locomotive” de consommation à proximité.

Les contrats de type PPA (vente de la consommation à un consommateur distant) ne sont pas adaptés à des infrastructures de solaire sur parking, les projets sont de trop petite taille et les investissements trop spécifiques à un consommateur.

Le Monde de l’Énergie —Comment cette opposition pourrait, selon vous, se résoudre « par le haut » ?

Édouard Roblot —Équiper les parkings des grandes surfaces et de sites industriels avec des ombrières photovoltaïques est de plus en plus un standard incontournable de la transition énergétique.

Cela crée forcément des tensions sur le foncier, mais qui se résoudront pour une grande partie spontanément grâce au caractère compétitif de l’électricité produite et à la vitesse de déploiement des projets.

Pour que les acteurs trouvent ensemble une sortie par le haut, il est en revanche crucial que l’Etat donne de la visibilité à tous en donnant au plus vite les règles du jeu. Les tarifs de rachats existants, en particulier ceux pour les installations inférieures à 500kWc, jouent également un rôle important dans la capacité à généraliser ces installations solaires et à accélérer la production d’énergie renouvelable en France.

commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

on en parle !
Partenaires
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective