L’EPR, rampe de lancement de l’avenir nucléaire chinois

La technologie EPR désigne des réacteurs nucléaires de troisième génération, capables de produire de l’électricité décarbonée via la fission nucléaire et l’utilisation d’eau comme fluide caloporteur. Version moderne des réacteurs à eau sous pression de seconde génération, ils ont été conçus dans les années 90 par l’industriel Areva. Grâce à des technologies plus efficaces et plus sûres, l’EPR est un réacteur dont la puissance peut atteindre plus de 1.600 MW dans des conditions optimales de sûreté.

Le 14 décembre 2018 a eu lieu en Chine la mise en exploitation commerciale du premier réacteur EPR du monde. Le lancement du réacteur 1 de la centrale de Taishan a été un événement majeur pour l’industrie énergétique mondiale.

Neuf mois plus tard, et fort du succès de cette première mise en service, EDF et son homologue chinois Guangdong Energy Group annoncent l’entrée en exploitation commerciale du second EPR de Taishan.

Un deuxième succès pour l’industrie nucléaire mondiale

C’est désormais officiel : le second réacteur EPR du monde est désormais opérationnel et fournit de l’électricité propre aux citoyens chinois en toute sûreté. Framatome, filière d’EDF spécialisée dans les équipements et les services nucléaires, a en effet annoncé que l’unité 2 de la centrale nucléaire de Taishan était entrée en exploitation commerciale le samedi 7 septembre 2019.

Cette seconde unité de production électronucléaire a produit sa première réaction en chaîne en mai dernier, avant d’être raccordée au réseau électrique chinois le 23 juin. Taishan 2 ne pouvait cependant pas démarrer sa carrière sans avoir passé un ultime test règlementaire de fonctionnement : entre le 30 août et le 7 septembre, ce second EPR chinois a prouvé qu’il pouvait fonctionner en pleine puissance et sans interruption pendant une période de 168 heures.

“La mise en service du deuxième EPR au monde sur le site de Taishan ainsi que les excellentes performances opérationnelles de l’unité 1 prouvent la qualité de la conception du réacteur et apportent des gages de faisabilité industrielle pour les projets en cours et en développement”, s’est félicité Jean-Bernard Lévy, le Président Directeur Général d’EDF.

Une montée en puissance du savoir-faire français

Il est à ce titre important de souligner la réussite de cette seconde mise en service notamment pour nuancer les délais du chantier EPR de Flamanville, régulièrement évoqués pour remettre en cause le bien-fondé de la technologie nucléaire troisième génération.

EDF et ses partenaires ont en effet affiné leur savoir-faire lors de la mise en fonctionnement du premier EPR chinois. Fort de cette expérience, ils ont en effet réduit de 3 mois les étapes préalables à la mise en exploitation commerciale de Taishan 2.

Une optimisation du calendrier qui s’est bien évidemment faite dans des conditions de sûreté identiques à celles ayant encadré le lancement du réacteur 1.

Pour l’électricien et son partenaire Guangdong Energy, cette avance sur le calendrier du projet et l’excellent bilan opérationnel de Taishan 1 démontrent le bon fonctionnement de la technologie EPR ainsi que le potentiel d’optimisation des prochains chantiers EPR.

“Le succès du projet de Taishan est le fruit d’une longue et fructueuse coopération entre EDF et CGN ainsi qu’entre les filières nucléaires française et chinoise. Sûre et compétitive, la technologie EPR est plus que jamais un atout pour la décarbonation du mix énergétique mondial”, précise EDF.

La Chine mise sur le nucléaire pour sa transition énergétique

La centrale nucléaire de Taishan est donc aujourd’hui pleinement opérationnelle. Ses deux réacteurs EPR de 1.750 MW de puissance unitaire devrait permettre de produire et d’injecter sur le réseau électrique chinois jusqu’à 24 TWh d’électricité. Une production qui permettra de répondre aux besoins électriques de 5 millions de citoyens chinois tout en évitant l’émission de 21 tonnes de gaz à effet de serre.

Avec 48 réacteurs opérationnels et 9 en cours de construction, la taille du parc électronucléaire chinois se rapproche de celui de la France et des États-Unis. Le gouvernement chinois ne cache d’ailleurs pas ses ambitions : s’appuyer sur l’énergie nucléaire pour réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre et tendre vers l’indépendance énergétique.

Après une pause au début des années 2010, le programme nucléaire chinois a retrouvé une vitesse de croisière. En avril dernier, les responsables du China Electric Council annoncent ses objectifs : porter la puissance cumulée totale du parc nucléaire chinois à 137 GW en 2030 puis à 200 GW d’ici l’horizon 2035.

Des objectifs ambitieux qui prouvent que la Chine semble bien décidée à s’aider de l’énergie nucléaire sur du long terme.

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