Eolien : foisonnement et stockage ne remplaceront jamais le pilotable

Article signé Michel Gay.

Certains, comme Nicolas Hulot, croient encore que le foisonnement éolien en France et en Europe, associé au stockage d’énergie, permettra d’alimenter la France en électricité à tout moment.

Nicolas hulot participe à une illusion soigneusement entretenue par des idéologues qui refusent de voir la simple réalité.

L’Europe au secours de la France ?

Les réseaux électriques européens sont interconnectés pour satisfaire les besoins (jusqu’à un certain point selon l’importance des liaisons électriques entre les pays). Ce maillage permet d’aller chercher les productions d’électricité là où elles sont disponibles, à un moment donné, en cas de fortes demandes ou de défaillances locales de productions.

Or, pour les trente prochaines années, quelques scénarios énergétiques de l’ADEME et de RTE intègrent un déploiement massif de sources d’énergies intermittentes comme l’éolien et le solaire qui seront donc souvent « en panne ».

La Communauté Européenne a aussi élaboré sa feuille de route « Energy roadmap 2050» incluant aussi ce type d’énergies renouvelables.

Pour tenter de maintenir l’équilibre nécessaire entre cette production aléatoire et la consommation instantanée d’électricité, ces scénarios envisagent :

– des limitations temporaires de consommation (effacements des consommations ou tarifs dissuasifs),

– un « foisonnement » des productions intermittentes qui compenserait les absences locales de vent et de soleil, (le vent et le soleil du bassin méditerranéen compenserait l’absence de vent en mer Baltique, et… vice-versa),

– l’utilisation d’énergies fossiles (comme le gaz), soit stockables (comme l’hydrogène par électrolyse, le méthane de synthèse à partir de l’hydrogène précédent, ou les barrages hydroélectriques),

Une nouvelle organisation de la société ?

Aucun de ces scénarios « savants » et séduisants ne s’appuie sur l’expérience acquise dans la production des éoliennes depuis 20 ans !

Il s’agit pourtant de sujets touchant à l’organisation de la société qui nécessitent une optimisation globale.

Pour combler cette grave lacune, Hubert Flocard et Jean-Pierre Pervès ont analysé la réalité d’une production éolienne en France et en Europe de l’ouest (7 pays) pendant 7 mois (de septembre 2010 à mars 2011).

Cette étude remarquable montre en 17 pages que le foisonnement est quasiment inexistant.

De plus, les variations rapides de cette production « fatale » ainsi qu’une puissance « garantie » faible (inférieure à 5% de la puissance installée) imposeront un usage massif de centrales pilotables à gaz (ou à charbon comme en Allemagne), ou nucléaires, en « soutien » de ces énergies fatales pour satisfaire la demande. 

Anticiper avec des prévisions ?

Les prévisions resteront impossibles sur des bases hebdomadaires, mensuelles et saisonnières. Et la figure 1 montre d’importantes erreurs de prévisions de la veille pour le lendemain.

Fig.1 : Production éolienne allemande pour la période du 18 au 21 janvier 2012 (courbe noire)

et erreur de prévision à 24h (courbe rouge)

(la courbe rouge la différence entre la production effective et la prévision de production).

L’échelle des ordonnées est graduée en mégawatts (MW), celle des abscisses en heures.

(Les données sont extraites du site transparency.eex)

La puissance installée du parc éolien allemand s’élevait en janvier 2012 à 29 gigawatts (GW = 1000 MW). Elle est aujourd’hui de 60 GW (dont près de 8 GW en mer) et de 16 GW en France et de 180 GW en Europe.

Ainsi le 19 janvier 2012 en fin d’après-midi, la prévision avait sous-estimé cette production de 25% (7,5 GW sur 29 GW installés).

Quelques heures plus tard, à l’inverse, la prévision avait surestimée la production de 14% (4 GW).

En moins de 4 heures, il a donc fallu mobiliser des centrales « pilotables » dans un sens (réduction ou arrêt), puis dans l’autre (redémarrage) pour compenser l’équivalent de 40% (11,5 GW) de la puissance installée en éolienne !

Durant les mois de janvier et février, l’erreur de prévision à 24h00 a été six fois supérieure à 20% de la puissance installée (soit 6 GW).

Or, l’obligation de réguler précisément la production d’électricité pour l’accorder à une consommation instantanée variable est impérative. Elle nécessite des réseaux européens interconnectés, et la mise en place de centrales de secours (à gaz, pétrole ou charbon) fonctionnant à temps partiel, donc mal rentabilisées, ce qui implique une production encore plus coûteuse.

Absence de foisonnement éolien en France

La puissance minimale injectée sur le réseau descend parfois jusqu’à 4% de la puissance totale installée, aussi appelée puissance nominale (Pn), avec un faible préavis (quelques jours à quelques heures).

Et ces pénuries surviennent lors d’épisodes de grands froids, ou de canicules, lorsque les besoins en énergie sont importants

La figure 2 ci-dessous représente les variations de la puissance éolienne fournie en France pendant la période hivernale (la plus ventée) du 1er septembre 2010 au 31 mars 2011 (par tranches de 15 minutes) pour une puissance installée moyenne (Pn) de 5650 MW (environ 3500 éoliennes).

La productivité moyenne (aussi appelée facteur de charge) a été de 23% sur 7 mois.

Des variations rapides sont constatées, même si la France est censée bénéficier de trois régimes de vents. Globalement, quand il n’y a pas de vent, il n’y en a nulle part, et inversement quand il y a beaucoup de vent…

Fig. 2 – Production éolienne en France de septembre 2010 à mars 2011

(la courbe donne l’évolution heure par heure, ces valeurs étant extraites du site Eco2mix de RTE qui fournit ces données par ¼ heure)

Les extrêmes suivants sont observés :

– la puissance minimale (180 MW) a été de 3,3 % de Pn. La puissance garantie est donc inférieure à 5% de Pn.

– des puissances inférieures à 10 % de Pn sont observées 7 fois,

– la puissance maximale a été de 3875 MW, soit 71 % de Pn,

– la plus importante variation a été de 7% de la Pn (380 MW) en une heure. Il y a aussi eu des variations de 50% de Pn (2900 MW) en 24 h

Sur la figure 3, la seconde quinzaine de novembre 2010 (caractérisée par de grands froids) confirme le manque de vent lors des épisodes anticycloniques (c’est le cas environ 4 fois sur 5).

La puissance éolienne moyenne n’a été que de 16% de Pn pendant ces 15 jours incluant 2 à 3 jours avec des puissances inférieures à 10% de Pn.

Pendant cette période la puissance appelée sur le réseau était importante (jusqu’à 90.000 MW).

Fig. 3 – Evolution de la puissance éolienne en France en novembre 2010

(courbe et échelle de gauche)

et de la température moyenne

(En traits rouges journées chaudes et en traits bleu les journée froides)

En 2030, l’hypothèse retenue est celle d’une consommation d’électricité maintenue au minimum au même niveau qu’aujourd’hui. Des économies d’énergie et une meilleure efficacité énergétique sont censées compenser partiellement le développement des usages de l’électricité, par exemple dans les transports.

Si la puissance éolienne installée était fortement augmentée avec, en parallèle, une baisse notable de l’électricité nucléaire, d’énormes variations de la puissance éolienne horaires, quotidiennes, et même saisonnières devraient être gérées.

La figure 4 ci-dessous met en regard ces variations extrapolées en 2030 avec une puissance éolienne presque 10 fois supérieure (53.000 MW au lieu de 5650 MW en 2010).

La puissance éolienne installée, bien que considérable, serait encore quasiment absente pendant les 15 jours de grands froids à partir de mi-novembre.

Fig. 4 – Puissance totale (en MW) appelée en France en novembre 2030 (même appel qu’en 2010)

et puissance fournie par l’éolien (en noir) avec une Pn de 53.000 MW,

et l’hydraulique (en bleu) avec une Pn de 25.000 MW

Malgré la puissance installée des éoliennes (53 GW) presque au même niveau que celle du nucléaire (63 GW), l’éolien ne fournirait que 10% du besoin sur la période de 15 jours entre le 15 novembre (346ème heure) et le 30 novembre (720ème heure).

D’autres moyens devront compenser une pénurie de courant éolien dans un tel épisode climatique.

Janvier / février 2012 : apport comparé du nucléaire, de l’éolien et du solaire

Hubert Flocard et Jean-Pierre Le Gorgeu ont examiné la vague de froid début 2012 en France.

La figure 5 montre la variation (par quart d’heure) des puissances comparées réelles fournies au réseau par le nucléaire, l’éolien et le solaire PV, ramené chacun à 1 GW de puissance installée du 23 janvier au 19 février 2012.

Fig. 5 : Période du 23/01 au 19/02/2012.

La courbe bleue correspond au Nucléaire France,

la courbe verte à l’éolien France

et la courbe rouge au solaire PV Allemagne.

(Données françaises : eCO2mix/RTE. Données allemandes : transparency.eex).

Pour un même GW de puissance installée :

– les centrales nucléaires fournissent une puissance de 0,95 GW, quelques réacteurs sur les 58 étant en arrêt pour rechargement ou visite décennale, et les autres fonctionnant à 100% de leur capacité.

– les 3500 éoliennes fournissent en moyenne 0,2 GW par GW installé (sauf lors de trois épisodes courts de vents forts (1 à 2 jours) où elles atteignent des pics de 0,55 à 0,61 GW).

Avec 50 GW de puissance éolienne installée, le réseau aurait eu à supporter le 2 février, en moins de 24 heures, une augmentation de puissance d’environ 20 GW, puis 2 jours après une baisse de même amplitude, tout en mobilisant la totalité des autres moyens de production pendant cette période glaciale de 2 semaines de grande consommation.

– la figure ci-dessus présente aussi la productivité du solaire en Allemagne qui atteint seulement 4% en moyenne aux mêmes dates, soit 0,04 GW par GW installé.

Le solaire injecte dans le réseau une puissance dont la variation est rapide, s’ajoutant à l’occasion à celle de l’éolien. Le rendement serait un peu meilleur en France (5% au lieu de 4% à la même période de l’année), ce qui ne changerait rien.

Absence de foisonnement éolien en Europe de l’Ouest

Les productions éoliennes horaires de l’hiver 2010/2011 de 7 pays de l’Europe de l’ouest représentent un bon échantillonnage.

Fig. 6 – Empilement des productions horaires éoliennes en Europe de l’Ouest (7 pays),

de septembre 2010 à mars 2011.

La contribution de chaque pays est représentée par une couleur différente.

Le résultat présenté en figure 6 révèle encore une forte variabilité.

La figure 7 ci-dessous est une extrapolation en 2030 réalisée à partir de la figure 6 précédente pour une puissance éolienne totale triple en Europe (187500 MW au lieu de 65000 MW).

(La contribution éolienne 2030 de chaque pays a ainsi été établie par rapport la production réelle 2010/2011 en affectant un coefficient multiplicateur correspondant au ratio des puissances prévues en 2030).

Fig. 7 – Empilement des productions éoliennes en MW, sur 7 mois d’hiver avec 187.500 MW installés

Les fluctuations de puissances restent très fortes

Dans le scénario 2030 les puissances minimales et maximales correspondent respectivement à 4% et 60% de la puissance totale installée (Pn).

La puissance moyenne s’élève à 21% de Pn. L’effet de foisonnement est faible.

Des épisodes de pénurie de puissance éolienne (moins de 15% de Pn) apparaissant par grands froids durant une à deux semaines (sur la figure 7 les anticyclones sont indiqués par des segments horizontaux de couleur rouge).

L’ensemble de l’Europe de l’Ouest peut être affecté par des anticyclones durant plusieurs semaines, conduisant à des productions faibles.

La figure 8 est un grossissement centrée de mi-novembre à mi-décembre de la figure 7 précédente. Elle montre une puissance totale inférieure à 15% de Pn pendant une dizaine de jours, voire même inférieure à 10% pendant deux jours.

Ces épisodes se reproduisent presque tous les ans, alors que des périodes sans vent de quelques jours s’observent plus fréquemment.

Fig. 8 – Empilement des productions éoliennes cumulées en MW sur un mois

 

La puissance « garantie » est limitée à environ à 5% de Pn.

Une puissance de secours très importante est donc requise, sans espoir qu’elle puisse provenir du solaire, particulièrement en hiver.

Un examen des 6 mois d’été montre également des pénuries d’électricité de la production éolienne en situations anticycloniques. Le solaire n’apporte alors qu’une faible compensation partielle en milieu de journée par temps ensoleillé.

Le faux foisonnement

Le foisonnement reste quasi-inexistant pour la France et même pour toute l’Europe de l’Ouest : les puissances maximales et minimales européennes (63 % et 4,1 % de Pn) sont à peine plus favorables que celles constatées en France (71 % et 3,3 % de Pn).

De plus, les périodes d’appel maximal de puissance, en hiver comme en été, sont généralement anticycloniques et l’éolien devient inefficace dans ces situations (4 fois sur 5 environ) sur de longues durées (une à deux semaines).

Malgré les déclarations dithyrambiques des promoteurs, la production de l’éolien marin (malgré un coût de production au moins double) n’est pas plus régulière à partir de données mesurées. Une analyse de 17 mois de production du parc offshore écossais Robin Rigg montre qu’il n’y a pas de miracle.

Le foisonnement de la production d’électricité éolienne en France et en Europe est, et restera, un mythe entretenu par les thuriféraires des énergies renouvelables « coûte que coûte » et propagé par les affairistes du vent.

Et le stockage d’énergie ?

L’apport du solaire en hiver étant limité, surtout la nuit, et si on s’interdit le charbon et le gaz  pour diminuer les émissions de CO2 préconisée par l’Europe, alors que faire ?

Certains ont pensé qu’il « suffirait » de stocker les surproductions pour les utiliser lorsqu’il n’y pas de vent et / ou de soleil…

Oui, mais personne ne sait stocker massivement de l’énergie, surtout sous forme d’hydrogène ou électrique, ni techniquement, ni économiquement.

Les moyens de stockage d’électricité sont nombreux (batterieshydrogèneméthanation, volants d’inertie, compression de gaz…), mais pour en stocker de grandes quantités à l’échelle des besoins d’un pays comme la France, tous ces moyens s’avèrent être de ruineuses élucubrations !

Foisonnement et stockage sont des leurres

Les annonces d’un possible stockage d’électricité à l’échelle d’un pays constituent des leurres destinés à faire croire que les productions erratiques de l’éolien et du photovoltaïque peuvent être lissées et maîtrisées pour favoriser leur coûteux développement subventionné par l’argent public des contribuables.

S’il n’y a plus de nucléaire, ni de gaz, ni de charbon pour produire massivement une électricité pilotable, et pas de stockages massifs pour absorber et restituer les productions erratiques du vent et du soleil, alors l’avenir va devenir sombre…

Et les dernières tentatives honteuses et pitoyables des promoteurs du vent pour attendrir les Français avec de « l’éolien caritatif » n’y changeront rien.

En résumé, pas de vent (ou pas de soleil) en Europe, pas d’électricité !

C’est aussi simple que ça !

 

commentaires

COMMENTAIRES

    • les énergies fossiles sont gratuites elles aussi .ce qui coute c’est l’extraction le transport et les taxes à la production et aà la consommation . il en est de même pour toutes les sources d’énergies !

      Répondre
    • Le mythe de l’extraction infinie des combustibles fossiles et de l’uranium a été dénoncé encore plus tôt, et dire que certains y croient encore !

      Répondre
  • Brillante démonstration de l’inutilité de l’énergie éolienne. Basée sur des faits indiscutables – c’est la moindre honnêteté- elle doit inspirer ceux qui continuent à développer cette énergie et à gaspiller l’argent des contribuables. Mais qui sont ils ? surement des handicapés scientifique. L’énergie obéit aux lois de la physique et pas du tout aux règles sorties de la tête des engagés en politique, en économie en « écologie » etc…

    Répondre
  • Le mythe des ressources fossiles illimitées a été dénoncé depuis encore plus longtemps. Pas de mention non plus du potentiel de stockage hydraulique par pompage ? Attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain sous prétexte que les énergies renouvelables n’ont pas le même fonctionnement par essence : elles entrent dans un schéma circulaire naturel pérenne alors que nous la comparons à un schéma linéaire forcé performant. Regardons l’efficience dans chaque cas, il n’y a pas de solution universelle. De même qu’il faut côté consommation savoir prioriser ses besoins en énergie (vitaux/futiles) et ne pas répondre à tout par l’électricité (chauffage/mobilité).

    Répondre
  • Quelle est la capacité éolienne installée maintenant vs celle installée en 2011/2012 comme montré dans les études ci-dessus?

    Est-il possible que les premières éoliennes aient toutes été installées dans les endroits avec le plus de vent, limitant de facto les impacts du (potentiel) foisonnement? (un peu comme si on mettait tous les barrages sur la même rivière, et dans ce cas on dirait que quand il ne pleut pas quelque part en France il ne pleut nulle part en France).

    Est-il possible que Hubert Flocard (CNRS, Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse – Orsay) et Jean-Pierre Pervès (Ancien Président du CEA Président de la SFEN (Société française de l’énergie nucléaire)) aient un biais en faveur du nucléaire?

    Répondre
  • Grand merci à Michel GAY pour cette excellente contribution à informer les Français recherchant une veritable information
    sur la gigantesque escroquerie en TOUS domaines que représentent les parcs éoliens . J’espère que le plus grand nombre de nos concitoyens auront une approche clarifiée de la production électrique française qui repose sur trois fondamentaux : nucleaire , hydraulique , gaz . Le verso d’une facture dEDF est utile à consulter et le comparatif avec une facture allemande confirme l’énorme échec des choix stupides en Allemagne dont nous subissons helas les conséquences ,

    Répondre
  • Voici quelques nuances que je me permet de suggérer:
    Lorsque nous observons ce qu’il se passe dans le secteur nous pouvons constater qu’aucun des acteurs historiques du système Européen n’a vu la crise de 2008 venir ni n’a cru dans le développement des énergies renouvelables. Ils se sont tous largement trompés. Il suffit de suivre leur cours de bourse pour s’en convaincre.
    Le coût des technologies renouvelables devient de plus en plus compétitif dans un marché qui n’est plus en croissance et ou les technologies classiques ne trouvent pas leur rentabilité. Pour preuve, les derniers parcs off-shore se développent sans subsides dans un marché qui oscille autour de 40€/MWh.
    A titre de comparaison, EDF a vendu à la Grande Bretagne la centrale nucléaire de Hinkley Point pour un prix complet de 105€/MWh, soit 2,5 x le prix du marché.
    A cause du caractère intermittent des énergies renouvelables, bien décrit dans l’article, la France et d’autres pays Européens ont dû développer des mécanismes de rémunération de capacité afin de soutenir les productions thermiques et nucléaires pour qu’elles ne quittent pas le système trop tôt.
    Il est illusoire de croire que le déploiement des énergies renouvelables solaire et éolienne s’arrêtera. Leur coût de production ne cesse de diminuer et ces moyens de production étant décentralisés, ils trouvent leur justification économique non seulement par rapport au prix de l’énergie mais aussi par rapport au coût du réseau qui représente 2/3 de notre facture d’électricité.
    Après avoir frappé les acteurs du marché électrique, cette révolution énergétique frappera inévitablement les gestionnaires de réseau qui devront transformer leur modèle économique qui s’appuie aujourd’hui sur une rente à la tonne de cuivre et d’acier installé pour se transformer en une offre de service performant pour optimiser le réseau en place.
    Pour avoir rendu visite au salon Hyvolution de l’hydrogène cette année. J’ai pu constater que le secteur était encore extrêmement jeune, très fragmenté avec des briques technologiques très éparpillées. La capacité de réduction de coût semble très importante en cas de structuration du secteur. Il faut dire qu’il y a cinq ans, personne ne croyait à un modèle économique viable de la conversion de l’électricité en hydrogène. Aujourd’hui il y a de bonnes raisons d’avoir des doutes. Le prix de l’électricité en Allemagne passe régulièrement sous la barre du 0€/MWh avec un prix moyen sur le marché de gros, le plus compétitif d’Europe mais avec la volatilité la plus élevée et donc un espace qui est en train de s’ouvrir pour le développement du stockage.
    La technologie hydrogène décentralisée pourrait proposer des capacités de stockage importants aux rendements très élevés en combinant la production de chaleur avec la production d’électricité. Elle offre encore la possibilité d’éviter les couts de réseau et de proposer des solutions pour les véhicules Hydrogène qui se développent. La nécessité de devoir trouver des solutions pour le transport pourrait bien être un facteur clé du développement de la filière hydrogène.
    Il est aussi difficile de croire que l’énorme infrastructure gazière en France en stockage et en transport ne sera pas amenée à jouer son rôle dans les problématiques du stockage de l’hydrogène.
    L’infrastructure hydraulique Française est vieillissante avec des investissements au point mort depuis plus de 10 ans en attente de visibilité sur la réglementation des concessions. Quel en est le potentiel réel ?
    Les possibilités de déplacer sa consommation sont également largement sous exploitées. Les compteurs de nuit enclenchent systématiquement toute sorte d’habitudes de consommation a 22h en créant bien souvent un pic de consommation alors qu’un gestion dynamique pourrait être bien plus bénéfique à tous pour consommer une électricité moins polluante et moins chère..
    La France est encore très loin d’avoir atteint la saturation du système existant en terme de déploiement des moyens solaires et éoliens que pour tirer une sonnette d’alarme. Tous les pays voisins de la France font largement mieux.
    Pour terminer, les incidents climatiques à répétitions ; épisodes de vent, de pluie, de sécheresses, augmentent les opportunités pour la production renouvelable alors qu’ils augmentent les risques de défaillance pour la production classique. Par exemple, il est de moins en moins rare de voir la production classique obligée de réduire sa production lors de canicules pour limiter la hausse de température des rivières alors que ces situations sont favorables pour la production photovoltaïque. La stabilité de la production classique thermique ou nucléaire est-elle réellement inébranlable dans le monde du futur ? Les 20 prochaines années seront sans doute extrêmement intéressantes.

    Répondre
  • Les non scientifiques et les écolos (ce sont souvent les mêmes) avec l’aide des médias sont en train de tuer médiatiquement le nucléaire en faisant la promo de l’éolien sans en mesurer ses contraintes insolubles et les coûts induits. C’est désespérant…

    Répondre
  • Communiquer autrement sur le l’énergie nucléaire: trop d’images, trop de photos, trop d’articles sur l’éolien. On en connaît les dégâts et les limites. Une communication pédagogique, progressive et bien documentée sur l’énergie nucléaire du futur serait la bienvenue. Objectif : faire tomber des idées reçues et mettre en place une communication positive en totale contradiction avec celle d’aujourd’hui : 1 seul réacteur ferme sur 58 en France et tous les journaux rivalisent de titres pessimistes : fermeture, filière nucléaire inquiète, Fessenheim fermée…… c’est la seule partie visible de l’iceberg. Il est tant de faire tomber les tabous et de continuer à laisser croire, dans des articles politiquement corrects, à l’arrêt du nucléaire. J’ai envie de lire y compris dans la presse généraliste des articles sur les centrales nouvelles générations qui se déploient à l’étranger. N’oublions que l’impact d’une catastrophe nucléaire se mesure à l’échelle mondiale et si la France perd ses atouts d’électricien nucléaire, d’autres s’en empareront et les français seront toujours à la merci d’un accident nucléaire à des milliers de km de chez eux ! le nucléaire, c’est d’abord zéro CO2 émis dans l’atmosphère. Quels sont les projets de rénovation des centrales existantes , EdF a t-il des projets de construction de centrales nouvelles générations en France ? cette information est-elle censurée ?

    Répondre
  • nos amis quebequois ont comprisque le complément de l’éolien c’est l’hydraulique !quand le vent souffke on économise l’eau des retenues !

    Répondre
  • Je trouve le propos excessif et les conclusions quasi « extrémistes » et donc peu audibles; Pour tous les experts il ne peut y a avoir un seul type d’énergie (quelle qu’elle soit !!) et l’approche de l’exclusivité du renouvelable en l’état actuel est inacceptable (sauf a faire comme le Danemark et admettre des black-outs récurrents et des tarifs de l’électricité exorbitant).
    Un mix énergétique est une évidence mais dans le même temps une réduction du CO² est aussi nécessaire !!! Il faut donc trouver des points d’équilibre entre les différentes sources d’énergie et de stockage afin de satisfaire les besoins d’aujourd’hui mais surtout d’anticiper ceux a venir.
    La contrainte principale oublié par quasi tous les argumentateurs est le réseau et sa capacité a transporter et distribué l’énergie produite aux consommateurs. Aujourd’hui, construire un champs éolien ou un parc de stockage prend de 5 à 10 ans mais construire une nouvelle ligne THT ou HT de 15 à plus de 40 ans. Là est le point a solutionner en changeant sans doute le paradigme de la structure du réseau électrique pyramidale vers un réseau maillé a tous les niveaux de tension (220, 110, 90, 45, 20, 10, 1kV) et bien sur les outils de gestion de celui-ci en remplaçant les historiques EMS et DMS par des outils de type IA assurant directement l’optimisation des flux électriques; Il est a noter que des solutions similaires existent dans des approches des réseaux telecom type 5G et il serait sans doute utile de s’en rapprocher

    Répondre
  • Quel crédit accorder à un article qui repose sur des observations faites entre septembre 2010 et mars 2011 ?
    La technologie a fait des bonds énormes en 10 ans de temps. Une seule éolienne (terrestre) de dernière génération peut produire jusqu’à 10 GWh et couvrir l’équivalent de la consommation de 2500 ménages sur un an, alors qu’il y a 10 ans, une éolienne produisait +/- 4,4 GWh/an. Idem pour l’offshore : on construit des machines de 8,4 MW qui produisent 25 GWh/an. Et on parle déjà des machines de demain : 12 voire 15 MW de puissance installée !
    Ensuite, la modélisation des prévisions s’est nettement affinée, permettant maintenant de gérer avec plus de précision les besoins à couvrir et l’apport des centrales de back-up ou la part de l’import à prévoir.
    Troisièmement, on n’a jamais essayé la sobriété. Demandons à la population de diminuer sa consommation électrique sur une base volontaire, et nous serons étonnés du résultat. De nombreux citoyens et industriels ont une marge de manoeuvre importante qu’ils seraient prêts à utiliser en cas de faiblesse de l’offre pour baisser leur consommation.
    Enfin, on vit une transition qui va s’étaler sur des décennies. Il est clair que la solution actuelle passe par un mix énergétique diversifié. Mais à terme (si on atteint la neutralité carbone en 2050), la production d’électricité ne sera plus que renouvelable. Cela paraît évident : sortie définitive des énergies fossiles qui seront devenues beaucoup trop coûteuse, pénalités et taxes carbone aidant, et les techniques de balancing avec un mix 100% renouvelables seront maîtrisées. Le solaire et l’éolien sont déjà moins chers à produire que toute autre technologie fossile. Le marché va faire le reste.

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