L’électricité, vitale au cœur de la crise et pilier de la reprise économique en Europe

La crise du Covid-19 a révélé à quel point nos sociétés fonctionnent grâce à l’électricité. Les plans de relance qui se dessinent représentent une opportunité à saisir pour accroître encore la résilience de nos infrastructures vitales.

La crise sanitaire témoigne de l’importance de la continuité des services essentiels au pays. Dans un moment de reprise progressive des activités, assurer l’approvisionnement en électricité s’avère plus que jamais stratégique. Ceci permet d’assurer le bon fonctionnement des hôpitaux et des acteurs du système de santé, mais aussi des services publics et plus largement de permettre le maintien de l’activité économique.

À l’heure où des millions de personnes dans le monde passent beaucoup plus de temps à leur domicile et recourent au télétravail, nous réalisons à quel point une alimentation électrique fiable sous-tend tous ces services.

Il n’est sans doute pas exagéré de dire que la sécurité électrique est une des conditions de la stabilité et de la prospérité de notre société. Ce moment qui rappelle le rôle indispensable de l’électricité donne également un aperçu de la manière dont sa place évoluera dans les années à venir.

Continuité de service et infrastructures vitales

Au plus fort de la crise, en France, les équipes de dépannage et de sécurisation des réseaux électriques sont intervenus dans toutes les régions auprès des services médicaux d’urgence, des hôpitaux et des casernes de pompiers, mais aussi de la distribution alimentaire et des commerces de proximité.

Les professionnels de la filière se sont mis à la disposition des collectivités locales et des préfectures afin de sécuriser les réseaux des opérateurs de télécommunications ou les stations de pompage d’eau et d’épuration.

La mobilisation de la filière des réseaux a mené en France à plus de 100 000 interventions par plus de 4 000 professionnels sur le terrain, soutenus par leurs collaborateurs des métiers supports organisés en travail à distance.

Ce moment inédit a constitué un test grandeur nature pour les réseaux. En effet, grâce à la modernisation et à la digitalisation du réseau de distribution d’électricité, de véritables « tours de contrôle », pilotées par 500 experts, surveillent en temps réel, 24h/24, l’état du réseau et permettent une réactivité dans les interventions auprès des clients. 1,5 million d’interventions à distance ont également été réalisées grâce aux 25 millions de compteurs communicants installés en France.

Pour autant, la gestion de l’urgence ne doit pas faire oublier les impératifs de la transition énergétique.

Tirer les leçons de la variation de la demande sur les réseaux

Dans la plupart des économies qui ont pris de fortes mesures de confinement en réponse au Coronavirus, la demande d’électricité a diminué d’environ 15%, principalement en raison de l’arrêt des usines et des entreprises.

Ainsi, la baisse récente de la demande d’électricité a propulsé les systèmes électriques d’origine renouvelables en accroissant mécaniquement leur part dans le mix électrique.

En même temps, cette part très élevée d’énergies éolienne et solaire à un moment donné a rendu plus complexes les opérations liées au maintien de la stabilité du réseau. C’est pourquoi, il s’agit d’un moment important pour la compréhension des systèmes électriques durables.

Les opérateurs ont développé des moyens de gérer ces défis. Cela souligne la nécessité pour les décideurs politiques d’évaluer la disponibilité des ressources et de la flexibilité dans des conditions extrêmes.

Les réseaux électriques sont l’épine dorsale des systèmes énergétiques d’aujourd’hui. Ils témoignent de leur résilience en période de crise et ils joueront un rôle toujours plus important avec l’accélération de la transition vers les énergies renouvelables et l’usage croissant des flexibilités énergétiques.

C’est pourquoi des investissements importants dans ces réseaux seront essentiels dans les années à venir.

Green Deal et plans de relance : ils devront investir largement le champ des réseaux

A la veille de la crise du Covid-19, l’Union européenne était en train de s’engager dans une accélération de sa transition énergétique à travers le Green Deal. Déjà, à l’occasion de la présentation de ce plan, des voix plaidaient pour une prise en compte des réseaux au regard de leur rôle clé et de leur importance industrielle. La crise que nous avons vécue a encore rappelé cet enjeu.

Les plans de relance qui se dessinent sont une nouvelle opportunité à saisir pour accroître encore davantage la résilience de nos infrastructures vitales, dont nous avons vu l’importance ces derniers mois.

Cela correspond bien à l’esprit de l’Union de l’énergie, lancée en 2015, qui vise à mettre sous le même toit le cadre climatique et énergétique 2030 et la stratégie de sécurité énergétique.

L’accord de Paris, conclu la même année, engage l’Union Européenne à réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre. Le récent paquet « Énergie propre pour tous les Européens » vise quant à lui à aligner la législation énergétique de l’UE sur les engagements pris à Paris.

L’Europe est face à une mission historique : être un modèle de la transition énergétique et des innovations écologiques, pour prendre la tête du combat contre les changements climatiques.

Le dérèglement climatique, loin de s’opposer à la crise du Covid-19, est bien une toile de fond, qui met l’humanité à plus rude épreuve encore. Il rend nécessaire la recherche d’une résilience des Etats ainsi que d’une solidarité internationale.

Proposé par la Nouvelle Commission Européenne fin 2019, le Green Deal se décline sur tous les fronts de la transition écologique. Au programme, entre autres, des investissements dans le secteur ferroviaire pour traverser le continent en train sans que l’avion s’impose, la mise en place d’un million de points de recharge de batteries pour véhicules…

Le cadre législatif contraignant du Pacte vert a été annoncé le 4 mars 2020. Certes, les grandes difficultés économiques à venir du fait de la crise sanitaire ne peuvent manquer d’interroger la nécessité de garder le cap du Green Deal.

Pour autant, le signal des décideurs publics ne devrait-il pas être que le moment est au changement de modèle, tout en proposant les filets d’accompagnement nécessaires ?

Relier économie et écologie

Arrêter d’opposer économie et écologie nécessite de penser et de mettre en œuvre une métrique commune pour que la première ne prospère plus seulement au détriment de la seconde et que la seconde soit une opportunité de croissance pour la première.

Penser un développement économique fondé sur des technologies nouvelles, plus respectueuses de l’environnement, nécessite, comme à l’époque de la CECA, un effort de coopération entre États, sous l’égide des institutions européennes. Une tribune récemment parue et co-signé par 90 dirigeants de grandes entreprises françaises qui plaident pour une relance « verte » de l’économie va dans ce sens.

Souligner la nécessité de l’électrification dans la loi climat européenne contribuera à la mobilité électrique, en multipliant l’installation de bornes de recharge, en veillant à produire des batteries en Europe et en prévoyant leur recyclage. Travailler avec les entreprises et les collectivités permettra de rapatrier et moderniser notre appareil industriel grâce à l’électricité et au numérique.

L’électricité décarbonée sera au cœur des villes de demain pour éclairer, refroidir les data centers, faire rouler les voitures et assurer le bon déroulement des soins dans les hôpitaux. Produite localement, elle devrait répondre à la moitié des besoins de l’Europe en 2050.

La troisième révolution industrielle, pour se faire, a besoin d’une deuxième révolution de l’électricité. C’est peut-être le moment de l’engager résolument dans le contexte de la relance et alors que l’Europe bénéficie dans l’énergie, dans l’automobile, dans le bâtiment et dans les réseaux d’acteurs industriels qui sont des leaders internationaux.

 

 

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