“Préparons-nous au déploiement de la mobilité électrique”

Tribune de la SBA Smart buildings alliance for smart cities

Selon l’association nationale pour le développement de la mobilité électrique AVERE-France, le pays comptait, le 1er mai 2021, près de 452 000 points de charges électriques. On est extrêmement loin de l’ambition de 7 millions de bornes fixée par le gouvernement pour 2030. La situation devra donc évoluer très rapidement pour atteindre cet objectif.

« Aujourd’hui, nous ne sommes pas prêts à absorber le déploiement de la mobilité électrique qui est en cours d’accélération, déplore Emmanuel François, Président de la SBA. La Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) a ainsi prévu pour les entreprises, l’État et les collectivités une obligation de renouvellement de 10 % de leur flotte de véhicules thermiques en électriques pour 2022, 20 % pour 2024, 35 % pour 2027 et même 50 % pour 2030. La transition devra se faire vite, très vite. »

Le numérique pour faire converger mobilité et bâtiment

Aujourd’hui, 90 % de la recharge des véhicules électriques s’effectue à domicile ou au travail. Il est donc logique que la mobilité s’intègre à l’infrastructure des bâtiments. Dans ces conditions, il conviendra de piloter intelligemment les recharges des véhicules électriques pour ne pas risquer de surcharger le réseau électrique du bâtiment.

Imaginez : 50 véhicules électriques nécessitent une installation d’une puissance de 70 kW. Avec un pilotage numérique, une installation de 30 kW suffit pour supporter les recharges, avec un coût d’abonnement 7 fois inférieur !

« Pour organiser ce pilotage et permettre aux systèmes numériques de communiquer entre eux, poursuit Emmanuel François, on comprend l’urgence de mettre en place une démarche R2S pour connecter les bâtiments et gérer l’énergie en temps réel. Ou même mieux : proposer un cadre de référence dédié à la mobilité – R2S 4 Mobility – pour permettre aux bâtiments d’offrir tous les services nécessaires à l’électromobilité. »

Des nouveaux modèles réglementaires et économiques

Pour que ce déploiement de la mobilité électrique réussisse, il ne suffit pas de décider qu’une infrastructure numérique est indispensable au bâtiment. Il faut aussi pouvoir changer les comportements, encouragés par des transformations réglementaires et économiques.

« L’évolution est en marche, confie Emmanuel François, comme l’illustre le projet de loi Climat & Résilience, qui prévoit notamment de faciliter l’ajout de bornes de recharge dans les copropriétés, en facilitant les décisions d’en installer avec un vote à la majorité simple (plutôt qu’absolue) et en proposant des dispositifs de financement. »

Effectivement, il conviendra aussi d’envisager des modèles économiques innovants, pour aller dans le sens de l’autoconsommation des énergies renouvelables produites sur le bâtiment, du stockage de l’électricité dans les batteries des véhicules et de la recharge bidirectionnelle ″Vehicle-to-Grid″ pour que l’énergie soit distribuée du réseau d’électricité au véhicule et inversement.

Quand les habitudes de consommation favorisent le courant continu

À l’heure de la massification de la mobilité électrique, une question se pose : les usagers sont-ils prêts à abandonner leur habitude de s’approvisionner en carburant à la pompe, en quelques minutes seulement ? Emmanuel François n’y croit pas.

À son sens, on se dirige vers une généralisation des bornes à recharge rapide, qui recourent au courant continu. Celles-ci présenteraient en plus l’avantage d’être partagées entre plusieurs usagers, à l’inverse des charges de 8 heures qui sont nécessairement individuelles.

Sans compter que l’accélération du déploiement de mobilité électrique pourrait saturer le réseau national de courant alternatif. Un constat qui conduit le Professeur de la Chaire Électrotechnique au CNAM Jean-Luc Thomas à proposer une solution : « la réalisation d’un réseau en courant continu à l’échelle d’un quartier, qui s’appuierait sur les réseaux ferrés urbains existants, fonctionnant en courant continu, comme le métro ou le tramway. » 

L’Allemagne s’oriente vers cette option depuis quelques années et, en France, la R&D d’EDF réfléchit déjà à cette solution. « C’est une opportunité inespérée de relier directement les véhicules électriques à la production locale d’énergies renouvelables et, surtout, aux bâtiments, prédit le Président de la SBA. Ceux-ci devraient donc, à l’avenir, se doter d’un second réseau électrique en courant continu. »

La SBA est convaincue que le déploiement massif de la mobilité électrique en cours passera nécessairement par des évolutions profondes, en premier lieu la convergence avec le bâtiment connecté.

« Avec l’abandon annoncé de la motorisation thermique, la mobilité urbaine devient davantage électrique et cette mutation semble plus rapide que prévue, résume Emmanuel François. Nous sommes à l’aube d’une transformation importante de l’industrie électrique concomitante à la transition numérique, qui nécessite d’avoir une approche systémique. Sans cela, on risque de rater la généralisation des véhicules électriques et ce serait dommage pour le futur de la planète. »

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COMMENTAIRES

  • Emmanuel François. : “Nous sommes à l’aube d’une transformation importante de l’industrie électrique concomitante à la transition numérique, qui nécessite d’avoir une approche systémique. Sans cela, on risque de rater la généralisation des véhicules électriques et ce serait dommage pour le futur de la planète. »
    Ci-après les vrais dommages pour le futur de la planète que ce monsieur passe sous silence :
    Certains alcalins, métaux et terres rares seront nos incontournables nouvelles dépendances (d’ailleurs leurs prix flambent et flamberont de manière vertigineuse !). Elles remplaceront en partie notre dépendance au pétrole, qui sert aussi actuellement à fabriquer ces technologies dites « vertes ».
    Quelques exemples autres que l’aluminium et l’acier (Fe) : le cuivre, le lithium, le graphite, le cobalt, le néodyme des terres rares.
    Les ravages qu’on infligent et qu’on va infliger de manière exponentielle à d’innombrables régions à l’autre bout de notre planète sont légions . Ceci, d’une part au niveau des pollutions de l’air, des sols et des nappes phréatiques, ce qui touche les populations de ces zones et les font mourir à petit feu. La consommation d’eau pour les processus en place y est plus que pharaonique… D’autre part, cela ne se fait pas sans augmenter les GES de la planète.
    Témoins ces régions particulièrement touchées ::
    • Pour le graphite, la province d’Heilongjiang au nord de la Chine
    • Pour le cuivre dont la demande va exploser, à Chuquicamata au nord du Chili*.
    • Pour le lithium, la région du sud Lipez à l’extrême sud de la Bolivie.
    • Pour le raffinage des terres rares, la zone industrielle de Baotou de la Mongolie.

    L’Europe et les occidentaux de façon plus large devront répondre tôt ou tard des conséquences décrites ci-dessus et un électric gate arrivera cela est sûr.
    De plus, tous ces pays finiront par se révolter contre leurs dirigeants avides pour les saccages qu’ils auront subis au nom des énergies « vertes ».

    Répondre
  • Il y aura pour les CSP+ des voitures électriques à batterie au lithium et aimants aux terres rares, avec 400 kilomètres d’autonomie. Les employés, ouvriers et autres damnés de la terre auront des voitures à batterie au plomb et aimants en acier, avec 60 à 80 km d’autonomie.
    Dans les deux cas, tout simplement, le véhicule neuf correspondra à une année de revenu.

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