Les déchets nucléaires en débat : les contraires ne s’y épousent pas !

« Ils sont dangereux, ils s’accumulent et on ne sait qu’en faire… » ! Vous avez forcément deviné qu’on parle ici des déchets nucléaires, dans la présentation classique qu’en font les opposants.

Les tenants rétorquent qu’il est facile de parler d’impasse quand on considère des solutions techniques crédibles, certaines déjà à l’œuvre, comme de faux palliatifs, voire d’une inconséquente fuite en avant.

Le Débat Public sur le « plan national de gestion des matières et déchets radioactifs » (PNGMDR)  bat son plein.

C’est l’occasion d’une forte mobilisation des opposants au nucléaire, dont c’est l’un des chevaux de bataille et d’une contre argumentation des partisans.

En 2015, Francis Sorin, spécialiste reconnu des questions de sûreté nucléaire, a écrit un ouvrage : « Déchets radioactifs, où est le problème ? ».

Faisant le tour de la question, il présentait les positions des uns et des autres, mais donnait aussi suffisamment d’éléments pour qu’on puisse considérer qu’un problème qui possède des solutions n’en est plus vraiment un.

Mais il est difficile de dépasser les -a priori- et sur ce terrain propice où ils foisonnent, les différentes contributions au débat PNGMDR précité et les réactions qu’elles suscitent, en attestent.

Les positions s’excluent les unes les autres, affirmation idéologique qu’il est impensable « d’oublier nos miasmes nucléaires en les mettant sous le tapis… » contre affirmation pragmatique qu’il nous revient, au contraire, de régler radicalement la question par l’enfouissement profond.

Mais que des solutions puissent exister priverait les contempteurs d’une formidable martingale, celle permettant de mettre le nucléaire échec et mat en jouant ce coup gagnant sur les déchets. En effet, une impasse pour les déchets et c’est toute la filière qu’on taxerait d’inconséquence.

CIGÉO, au coeur des débats

Au centre de la polémique, CIGEO, le projet de stockage dans des couches géologiques profondes auxquelles sont dévolues le rôle de confinement ultime, c’est-à-dire la protection du biotope.

La loi impose que ce stockage soit réversible, c’est-à-dire qu’en cas d’avancées technologiques permettant de réduire notablement les durées de stockage, voire le niveau d’activité des déchets, on puisse retirer les colis et retraiter leurs contenus.

Il est clair que la réversibilité qui ne faisait pas partie du projet initial a été ajoutée pour une meilleure acceptabilité par l’opinion. Pesant avantages et inconvénients (dont l’accroissement des coûts), le législateur a donc choisi d’entrefermer la boite pour une centaine d’années.

Le retraitement des combustibles nucléaires usés permet, en outre, la récupération de matières valorisables (plutonium, uranium) et la concentration des cendres de la réaction nucléaire, deux avantages insignes par rapport aux pays qui considèrent les combustibles usés comme des déchets ultimes.

Ces cendres sont un mélange de noyaux brisés (les produits de fission) et d’éléments fabriqués par la capture de neutrons, sans fission, par l’uranium (les actinides mineurs).

Les premiers sont très radioactifs, mais en conséquence leur virulence va décroître relativement rapidement, les seconds, moins radioactifs le resteront plus longtemps, voire très longtemps.

La forte radioactivité des produits de fission produit de la chaleur et on doit attendre quelques dizaines d’années pour que par diminution continue de cette radioactivité, les déchets refroidissement assez pour permettre leur stockage définitif.

Cette latence est souvent présentée par les opposants comme le signe tangible que la situation est bloquée.

En réalité, le mélange -produits de fission-actinides mineurs- a été intégré et fixé au sein de matrices de verre (un procédé développé en France et devenu référence mondiale) créant un premier obstacle efficace et durable à la migration des produits dangereux.

Encapsulés dans des conteneurs étanches, ces « verres » attendent dans des alvéoles ventilées que les conditions thermiques d’admission au stockage définitif soient réalisées.

Les lois de la physique

On a choisi pour CIGEO une vaste et épaisse couche d’argilite au seuil du plateau lorrain. Stable depuis 150 millions d’années cette roche anhydre apparaît comme un réceptacle idoine.

Au lieu retenu, elle se situe à environ 500 mètres de profondeur.

Un laboratoire (situé sur la commune de Bure) a été implanté -in situ- pour vérifier la possibilité de créer pratiquement le stockage et s’assurer que la roche présente bien l’homogénéité et les capacités de confinement requises.

Ces propriétés qu’elle devrait conserver à l’échelle des temps géologique (millions d’années) bien supérieure à la durée de décroissance radioactive des produits confinés (dizaine de milliers d’années) constituent l’option de base de sûreté et la raison d’être du projet.

Lancé par loi de 1991, confirmé par celle de 2006, le stockage profond en couche géologique, en appui sur les nombreuses études et expériences menées depuis, reste la pierre de touche de la résolution de la question des déchets radioactifs en France et ailleurs.

Différer sa réalisation confine à la procrastination au détriment des générations futures, un argument qui peut faire pièce au fameux « legs empoisonné » que nous laisserions à environ mille cinq cents pieds sous terre, mais menacerait de rejaillir demain ou après demain, le diable sachant se jouer des lois de la physique.

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