La filière bioGNV / GNV, un gisement d’emplois

Le développement de la filière bio/GNV / GNV se caractérisera dans les prochaines années par une augmentation significative du nombre de véhicules en circulation et de stations d’avitaillement.

Pour faire face à ce marché, de nouveaux emplois seront créés et vont émerger. Eclairage avec Christelle Rougebief, Directrice Clients Territoire Centre GRDF Centre Ouest, Josselin GUEANT, Directeur Activités Profleet, Gaz et Mobilité,  Electrique, Tokheim Services France, et avec Vincent Lesage, PDG des Transports Breger.

 

1) Christelle Rougebief, Directrice Clients Territoire Centre GRDF Centre Ouest

 Où en sommes-nous dans le développement du bioGNV dans l’Ouest ?

Les médias se focalisent sur l’hydrogène, une filière pleine de promesses certes mais ces véhicules ne circuleront pas tout de suite. Pendant ce temps, le bioGNV qui est une technologie éprouvée, se développe à un rythme soutenu et nous pouvons nous en féliciter.

La problématique de l’approvisionnement s’estompe petit à petit. Les stations GNV maillent peu à peu le territoire. Au 1er mars, les régions Bretagne, Pays de la Loire et Centre-Val de Loire comptabilisent 37 points d’avitaillement en service (stations privatives et publiques).

Nous serons à 55 stations en fin d’année. Cela équivaut à l’ouverture de deux points d’avitaillement chaque mois ce qui est considérable !

Enfin, on ne compte plus les collectivités et les entreprises qui font le choix du bioGNV pour s’inscrire dans la transition énergétique. Selon le dernier décompte de l’AFGNV (Agence Française du Gaz Naturel Véhicules), plus de 24 000 véhicules GNV circulent aujourd’hui en France.

Depuis plusieurs années, les immatriculations des véhicules lourds au GNV augmentent en moyenne de 20 % par an. Par ailleurs, on voit apparaitre de nouveaux acteurs sur le marché comme le constructeur Renault, qui se lance dans la conversion de véhicules utilitaires diesel au bioGNV.

Quels sont les enjeux et les défis à relever pour que ce développement se pérennise dans le temps ?

La structuration et la professionnalisation de la filière du bioGNV est essentielle pour accompagner son développement. Un renforcement des compétences pour les futurs professionnels et une approche de la technologie gaz dans la mobilité sont indispensables : installation, dépannage, maintenance, déconstruction, etc.

Ce secteur sera indéniablement un secteur favorable à la création d’emplois dans les années à venir et les formations spécialisées devront répondre clairement aux attentes de la filière.

2) Josselin GUEANT, Directeur Activités Profleet, Gaz et Mobilité Electrique, Tokheim Services France

Quelques mots pour présenter l’entreprise ?

TSG France fait partie du groupe TSG (Technical Services Group) qui compte plus de 3000 collaborateurs dans 29 pays dont 1000 en France. Notre métier historique consiste à fournir des solutions pour la distribution de carburants, aussi bien au sein de stations privatives que pour des établissements ouverts au public. Depuis plusieurs années, TSG France s’oriente naturellement vers les nouvelles énergies : GNC, BioGNC, mobilité électrique et hydrogène. Notre équipe dédiée au gaz propose des stations GNC, privative ou publique, clé en main, de l’étude du projet en amont à la phase d’exécution jusqu’à la remise du dossier des ouvrages exécutés. Nous assurons également la maintenance des stations GNC.

En 2020, nous avons réalisé en moyenne 3 stations GNC par mois, pour des clients et des besoins variés : dépôts de bus (RATP, KEOLIS, Vienne Agglo, etc.), stations publiques (SEVEN Occitanie, K9, etc.), stations privatives (Transports Borini, Chapelec, Regaz Bordeaux, etc.)

 Quels sont vos activités et vos perspectives sur les stations GNV/bioGNV ?

Nous souhaitons offrir à nos clients des solutions clés en main : conception, construction, maintenance de stations sur la France et l’Europe pour le GNC/GNL. Par ailleurs, nous souhaitons devenir un acteur de premier niveau et reconnu pour la qualité de nos prestations. Enfin nous voulons renforcer nos recrutements sur cette activité en devenir.

Comment sont formés vos collaborateurs sur ce domaine ?

Les assistants techniques TSG qui sont nos formateurs au sein de notre organisation suivent des formations chez les compressoristes ou référents métiers, ils démultiplient ensuite ces formations en interne à nos techniciens. En complément des formations techniques sur les équipements, nos techniciens participent aux mises en service de toutes nouvelles stations dans leur secteur géographique, cette participation est une mise en application réelle des compétences enseignées.

Enfin, un suivi des compétences est réalisé chaque année et ajusté au besoin.

Identifiez-vous des besoins en termes de formation et de professionnalisation de la filière BioGNV ?

Effectivement, nous aurions besoin d’un programme de formation lié à ces nouvelles activités, et je pense que des écoles devraient proposer des cursus adaptés d’un an par exemple, cela serait très utile pour la profession.

 

 3) Vincent Lesage, PDG des Transports Breger

Pouvez-vous pour présenter l’entreprise Breger ?

Le Groupe a été créé en 1952 en Mayenne où nous avons toujours notre siège social à Laval. Nous sommes reconnus comme un spécialiste de l’organisation du transport et de la logistique.

Nous disposons d’un réseau de 11 agences en France, Espagne, Portugal et plus de 30 sites logistiques. Le Groupe compte 900 collaborateurs permanents et dispose d’une flotte de 650 camions.

Pouvez-vous nous faire part de votre expérience sur le BioGNV ?

Notre premier véhicule utilisant cette technologie a été livré en 2017. Notre parc est actuellement composé de 60 poids lourds roulant au GNV. Nous avons l’ambition de tripler ce chiffre d’ici 2 ans pour arriver à une flotte de presque 200 camions roulant au GNV, la conversion du tiers de notre flotte est d’ailleurs inscrite dans notre projet d’entreprise CAP 2025.

Chez Breger, nous sommes soucieux de la préservation de l’environnement et nous suivons avec attention le développement du bioGNV sur notre territoire, d’autant plus en Mayenne qui est une terre agricole avec un potentiel important de méthanisation.

Actuellement, comment s’effectue la maintenance de vos véhicules ?

Dépannage, installation ou maintenance… une bonne connaissance de la technologie et de ses risques s’avère indispensable avant toute intervention. Pour nos mécaniciens nous mettons en place des formations en interne, nous faisons appel à notre partenaire Scania, pour la mise en place de ces cursus.

Identifiez-vous des besoins en termes de formation et de professionnalisation de la filière BioGNV ?

Avec la montée en puissance des carburants alternatifs au diesel et à l’essence comme le bioGNV et l’hydrogène, il est primordial de développer dès maintenant les compétences et former les professionnels à ces technologies.

Le GNV représente un formidable réservoir d’emplois, mais également un sérieux challenge en termes de formation, puisque la plupart de personnes qui travailleront demain sur des véhicules GNV, travaillent actuellement sur des véhicules diesel ou essence.

 

commentaires

COMMENTAIRES

  • C’est une voie possible sur le principe du renouvelable, mais il est dommage que l’article ne parle que de distribution et ne rappelle même pas l’origine et la façon dont est produite ce gaz autrement qu’en le qualifiant de BIO

    Répondre
    • Effectivement encore une dénomination trompeuse, fausse, qui fait croire à un miracle renouvelable!
      Ce qu’il dénomment  »biognv » (en minuscues je vous prie!) n’est que du gaz fossile liquéfié; butane et propane, les mêmes (souvent en mélange) qui servent utiliement à faire cuire vos aliments!
      Les risques de ce choix sont énormes lors des accidents de la circulation, lors des entretiens lors des pleins…
      Seuls les véhicules roulant au Biogaz peuvent prétendre au label  »Bio », mais là, le méthane du Biogaz doit être comprimé (comme pour l’H²) à des centaines de Bars! Enfin rien de comparable ente le Biogaz produit sans apport d’énergie simplement par des bactéries et l’H² qui restera impacté par son rendement de production inférieur à 50%!

      Répondre
      • M.FAVANT,
        Je crois qu’il y a confusion dans vos propos….le BIOGNV n’a absolument rien à voir avec un gaz fossile puisque c’est justement sa version renouvelable. Le BIOGNV n’existe, pour le moment, que sous forme comprimée (BIOGNC) Ce BIOGNV est constitué exclusivement de méthane CH4 et n’a pas du tout les mêmes propriétés que le butane et le propane.
        Bien cordialement.

        Répondre
  • Bonjour
    Je suis membre du Rotary Dunkerque Horizons, et notre site acteurinnovation.fr est en cours de création pour fin mai. En effet, nous avons été retenus dans le cadre des rendez vous citoyens, des 22ème assises de l’énergie européennes de la transition énergétique à Dunkerque en 2021.Notre projet « Acteur pour l’Innovation » est porté par le club en partenariat avec la Communauté Urbaine de dunkerque /Dunkerque Grand Littoral. Du fait du confinement, nos journées ont été abandonnées pour se tourner vers une communication différente avec la création d’un site avec des étudiants de l’ULCO- ISCID CO.
    Nus sommes d’ailleurs en recherche de liens pour notre site et vos réalisations sur youtube ou autres tout comme vos interviews nous intéresseraient si vous en étiez d’accord.

    Répondre
  • En attendant le véhicule électrique avec des batteries adaptées (400 Wh / Kg et non pas 200 Li-Ion liquide cher et lourd) et l’hydrogène ( à 3 €/Kg au lieu de 12 actuellement, et des PAC finalisées), qui n’interviendront en quantité qu’à l’horizon 2030, le GNV est un des carburants les moins polluants (CH4, le meilleur rapport atomes H/C ) et facilement adaptable sur les moteurs thermiques actuels en mono ou bicarburation (autonomie et distribution assurée).
    Le GNV est plus léger que l’air, contrairement au GPL-c ( Propane C3 H8, butane C4H10) plus lourd que l’air, donc moins dangereux en parking et tunnel.
    Le GNV bio ou non est plus disponible que le GPL-c ( Production 500.000 T / an ; 1T / an / voiture = parc de 500.000 voitures pour un parc 2020 de 38.200.000 VP).

    Répondre
  • Merci pour votre article. Dommage que vous ne nous disiez pas comment est produit et acheminé de GNV et pourquoi mettre le mot bio sans même l’expliquer!

    Répondre
  • Bonjour,
    actuellement Enegy Formation accompagne la filiere GNV en proposant des formations dédiée ou sur mesure aux entreprises de la filière. Dé l’implantation d’une station à l’exploitation en passant par la maintenance
    nous sommes à votre disposition
    https://energyformation.grdf.fr
    .

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