éolienne flottante

La 1ère éolienne flottante française prend le large cet automne

Dans le cadre de son engagement à lutter contre le réchauffement climatique, la France s’est fixé d’ambitieux objectifs en termes de déploiement des énergies vertes : la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, publiée au journal officiel le 18 août 2015, entend notamment augmenter de plus de 50% la capacité installée des énergies renouvelables électriques par rapport à 2015. Pour y parvenir, l’État a d’ores-et-déjà proposé la mise en place de projets d’envergure, notamment dans la filière des énergies marines. L’Hexagone espère en effet tirer profit de ses zones maritimes en se lançant, à l’instar d’autres pays européens, dans l’éolien flottant. La première turbine offshore tricolore devrait même être mise à l’eau cet automne.

Une éolienne nouvelle génération

C’est sur le port de Saint-Nazaire, au cœur d’un chantier titanesque lancé en septembre dernier, que la première éolienne flottante française est en cours de construction. Baptisée “Floatgen”, cette nouvelle génération de turbine offshore devrait entrer en service au large du Croisic avant la fin de l’année. Première éolienne en mer française, son développement est chapeauté par la société Ideol, en partenariat avec Centrale Nantes, Bouygues et l’entreprise Le Beon.

Haute de 80 mètres et équipée d’une turbine Vestas d’une puissance de 2 MW, cette éolienne reposera sur une imposante fondation flottante constituée d’un bloc de béton armé précontraint de 36 mètres de côté et de 10 mètres de hauteur. Ce flotteur en béton, ouvert en son centre, aura pour rôle d’assurer la stabilité de l’éolienne. L’assemblage des 16 cellules qui constitueront cette coque en béton “trois fois plus léger que l’acier” est assuré par Bouygues.

La mise au point de l’éolienne Floatgen et de sa fondation devrait être terminée d’ici l’automne prochain. Il s’agira ensuite de remorquer l’ensemble sur son site d’installation, au large du Croisic. Les promoteurs du projet ont jeté leur dévolu sur une zone baptisée Sem-Rev, à un vingtaine de kilomètres des côtes françaises. Il s’agit d’un site d’essais multi-technologies en mer administré par Centrale Nantes en lien avec le CNRS.

Une fois sur son site d’exploitation, Floatgen sera raccordée à un système d’ancrage innovant puis à un câble permettant d’exporter l’électricité produite. Le système d’ancrage, développé par le Béon Manufacturing à Lorient, est basé sur l’utilisation de nylon. Ce dernier permet en effet de constituer des lignes en fibre synthétique résistantes à la corrosion et élastiques pour absorber les mouvements de la houle. Ces lignes sont chargées de maintenir l’éolienne dans sa zone de production.

Une période de test de 2 ans

L’expérimentation s’étalera sur une période de deux ans. Des tests seront ainsi menés en conditions réelles d’utilisation afin d’évaluer notamment “la résistance des ancrages, la stabilité de la plateforme, sa capacité à résister aux tempêtes et aux effets de la houle”. Selon ses concepteurs, Floatgen devrait permettre de produire suffisamment d’électricité pour alimenter entre 2.000 et 5.000 foyers français.

Véritable démonstrateur technologique, le projet d’Ideol a pour objectif de prouver “l’immense potentiel de l’éolien en mer flottant à échelle commerciale pour produire de l’électricité renouvelable loin des côtes donc sans impact visuel et au meilleur coût grâce à la qualité du gisement de vent au large”.

Filière encore émergente au niveau mondial, l’éolienne flottante Floatgen sera d’ailleurs le septième démonstrateur de ce type au monde : les autres unités recensées à ce jour se trouvent en Norvège, au Portugal et au Japon.

Les éoliennes flottantes offrent la possibilité de contourner la contrainte de la profondeur. Les turbines posées sur les fonds marins sont en effet limitées à une utilisation proche des côtes, dans des zones dont la profondeur n’excède pas 40 mètres. Les éoliennes flottantes peuvent être installées dans des zones pouvant aller jusqu’à 250 mètres de profondeur. Soit des sites plus éloignés des cotes où la puissance du vent est plus importante (ce qui augmente les rendements).

La France tente de combler son retard

“Nous installons notre première éolienne quand il y en a déjà 3.000 en mer du Nord. Nous avons un certain retard que nous souhaitons combler en essayant d’être un leader mondial sur l’éolien flottant”, explique le fondateur d’Ideol, Paul de la Guérivière.

Car malgré l’important potentiel que lui accordent ses zones maritimes, la France est pour le moment totalement dépourvue d’éoliennes offshore, qu’elles soient flottantes ou posées sur les fonds marins. Mais l’État entend bien combler ce retard en favorisant l’émergence d’une filière éolienne en mer innovante et dynamique. L’enjeu est d’autant plus primordial que le potentiel tricolore de l’éolien posé est estimé entre 12 et 15 GW alors que celui de l’éolien flottant est de 6 GW.

Le projet d’Ideol est largement soutenu par les pouvoirs publics. En plus d’une enveloppe budgétaire de 10 millions d’euros de l’Union européenne, la mise au point du démonstrateur Floatgen a reçu le soutien de l’État via une subvention de 5,7 millions de l’Ademe (au titre du programme des investissements d’avenir) ainsi que de la région Pays de la Loire. Grâce ce projet, Ideol bénéficiera d’un retour d’expérience non-négligeable pour son projet de parc pilote en Méditerranée, au sud-est de Gruissan. La société basée à La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, a en effet remporté l’appel d’offres du gouvernement pour installer 4 turbines éoliennes flottantes de 6 MW dans les eaux méditerranéennes.

D’autres acteurs énergéticiens vont également contribuer à soutenir la vitalité de cette nouvelle filière. Un consortium mené par Engie a été chargé d’installer 4 éoliennes flottantes à Leucate, dans l’Aude. Toujours en Méditerranée, dans le cadre du projet de Faraman, le gouvernement a fait appel à EDF EN pour installer 3 éoliennes flottantes d’une puissance unitaire de 8 MW. L’électricien tricolore doit également mettre en service, dans le courant 2018, une ferme éolienne au large de Port Saint-Louis du Rhône (dans l’embouchure du Rhône).

Dans la course à l’éolienne flottante qui se joue actuellement entre une petite dizaine de pays, la France se présente comme un sérieux challenger. “Les flotteurs des éoliennes ne peuvent être construits que par l’intermédiaire de chantiers navals et, dans ce domaine, nous avons des leaders”, estime Marc Lafosse, organisateur du colloque Floating Wind Power en faisant référence aux spécialistes tricolores des énergies marines tels que DCNS, STX ou encore CMN. “Ces groupes sont capables de produire des machines en série et c’est là l’atout de la France”.

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