Un nouveau projet de réacteur alimenté avec des déchets nucléaires

Le groupe japonais Hitachi développe en partenariat avec trois universités américaines un nouveau type de réacteur nucléaire utilisant comme combustible des déchets nucléaires transuraniens. Une avancée prometteuse qui pourrait permettre de raccourcir considérablement le cycle de vie des déchets radioactifs de haute activité à vie longue.

Les éléments transuraniens sont des éléments artificiels plus lourds que l’uranium formés dans le combustible nucléaire à la suite du processus de fission et qui expliquent en grande partie pourquoi la période d’élimination nécessaire à la décomposition des déchets radioactifs dépasse aujourd’hui plusieurs milliers d’années.

Selon Hitachi, « si ces déchets transuraniens peuvent être efficacement éliminés des combustibles utilisés, alors la période de décroissance pour les déchets radioactifs restants pourrait être réduite à seulement quelques centaines d’années« . Une diminution significative du temps d’évanouissement de la radioactivité qui offrirait une émission de déchets quasi inoffensive et mieux maîtrisable.

Dans les faits, le groupe japonais s’est associé avec le MIT (Massachusetts Institute of Technology), l’Université du Michigan et l’Université de Californie, afin d’évaluer les perspectives d’une telle théorie appliquée à des réacteurs à eau bouillante (REB). Une technologie existante reconfigurée dans ce cas pour laisser place à une nouveau type de réacteur à eau bouillante et ressources renouvelables. Processus complexe qui implique cependant de revoir l’ensemble des techniques de base nécessaires à la combustion afin d’obtenir une fission nucléaire efficace avec des éléments transuraniens hautement raffinés.

Ces réacteurs nouvelle génération présenteraient alors la possibilité d’exploiter les éléments transuraniens séparés et purifiés, générant ainsi plus de puissance tout en recyclant. A l’étude depuis 2007, ce projet rentre aujourd’hui dans une nouvelle étape destinée à tester la performance et la sûreté de ce type d’installations. Elle pourrait aboutir à la conception de réacteurs tests dans chaque université impliquée.

Crédits photo : Hitachi