Bilan carbone : du mieux pour l’UE, moins bien au niveau mondial

La communauté internationale, engagée dans une baisse drastique des émissions de CO2, doit réduire sa dépendance aux énergies fossiles.

Quatre ans après la signature de l’Accord de Paris sur le climat, l’Union Européenne affiche une franche baisse de ses émissions de CO2. Un résultat qui ne se confirme cependant pas au niveau international. Explications.

Les émissions polluantes de l’UE repartent à la baisse

En 2017, les émissions de gaz à effet de serre issues de la consommation énergétique des pays de l’Union Européenne avaient augmenté de 1,8% par rapport à 2016.

Ce résultat avait bien évidemment été jugé décevant car en totale contradiction avec leurs engagements pris en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Aussi, c’est avec un regain d’optimisme que la communauté européenne a accueilli les dernières estimations d’Eurostat concernant le bilan carbone de l’UE.

L’office statistique européenne a en effet publié son rapport annuel consacré aux émissions de CO2 issues du secteur énergétique. Et, contrairement à l’année dernière, la tendance est cette fois à la baisse. En 2018, les pays de l’UE ont en effet diminué de 2,5% leurs émissions de CO2 provenant de la combustion des combustibles fossiles polluants.

Au cas par cas, les résultats sont plus contrastés. C’est au Portugal que la plus importante performance environnementale a été réalisée : les rejets ont en effet diminué de 9% en 2018 par rapport à 2017. La Bulgarie et l’Irlande enregistrent également de belles performances avec des émissions de CO2 respectivement en baisse de 8,1% et 6,8%.

Les émissions françaises de CO2 baissent de 3,5% en 2018

Du côté des mauvais élèves, la Lettonie se distingue par la forte hausse de ses émissions : les rejets de CO2 du pays balte ont en effet augmenté de 8,5% entre 2017 et 2018.

Pour Eurostat, cette piètre performance est à mettre sur le compte de la faible hydraulicité qui a entrainé un recours accru aux centrales à gaz.

Malte et l’Estonie complètent le podium des mauvaises performances avec des hausses respectives de 6,7% et 4,5% de leurs gaz à effet de serre.

La France se positionne en 9e position des meilleures performances environnementales de l’UE. En 2018, les acteurs du secteur de la production d’énergie ont en effet vu leurs émissions de dioxyde de carbone reculer de 3,5%. Une performance rendue possible grâce à un recours important aux ressources décarbonées (énergie renouvelable et nucléaire).

Eurostat profite de cette étude pour rappeler que “la baisse ou la hausse des émissions de CO2 dépend de plusieurs facteurs : le développement d’énergies renouvelables, mais aussi le prix du pétrole, la croissance économique ou les conditions climatiques. Par exemple, dans les pays qui possèdent beaucoup de barrages hydroélectriques, de fortes précipitations permettent d’augmenter la production d’électricité, et de se passer de modes de production qui émettent du CO2, comme les centrales à charbon ou à gaz”.

Des émissions de CO2 en hausse au niveau international

Au niveau mondial, les résultats ne sont pas aussi bons : après trois ans de stabilité, les émissions de gaz à effet de serre du G20 sont en effet reparties à la hausse avec un nouveau record de 27 milliards de tonnes de CO2 émises en 2018.

Selon le bilan énergétique mondial publié le 28 mai dernier par le bureau d’étude Enerdata, ces rejets polluants ont donc augmenté de 1,7% entre 2017 et 2018.

“Les pays non-OCDE voient leurs émissions augmenter de 2,5% et représentent 57% des émissions totales des pays du G20, avec une forte hausse en Inde, en Russie et en Chine. Les pays membres de l’OCDE voient quant à eux leurs émissions de CO2 augmenter de 0,4%, du fait des Etats-Unis principalement, où une croissance forte est constatée, contrairement à l’Union européenne, qui témoigne d’une baisse des émissions notamment due à la faible demande énergétique en Allemagne et à la décarbonation du mix énergétique français”, explique Pascal Charriau, président d’Enerdata.

Cette tendance haussière s’explique en premier lieu par une économie encore trop énergivore. Un autre facteur entre également en ligne de compte : l’hégémonie des ressources fossiles polluantes.

Ces dernières représentent en effet 80% du mix énergétique du G20. Si le charbon reste l’énergie fossile la plus utilisée dans le monde, on constate une évolution très marquée de la consommation de gaz (+4,8% en 2018).

Les statisticiens d’Enerdata soulignent cependant quelques progrès, et notamment la hausse de la part du renouvelable dans le mix électrique mondial. Il apparait en effet que la production éolienne et solaire des pays du G20 progresse respectivement de 10% et de 24%.

L’électrification croissante de nos économies est à ce titre perçue comme un véritable atout pour la transition énergétique mondiale : l’électricité est de plus en plus produite à l’aide de sources décarbonées (renouvelable mais également nucléaire), favorisant ainsi l’efficacité énergétique.

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