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Transition énergétique : et le grand gagnant est… le gaz !

C’est le gaz, bien plus que les énergies renouvelables, qui répond à la hausse de la consommation mondiale d’énergie. Cette dernière a augmenté de 2,3 % en 2018 selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié mardi 26 mars 2019 qui souligne « une performance exceptionnelle »…

Le marché du gaz naturel, auparavant limité par les possibilités des gazoducs, se mondialise rapidement avec des bateaux transportant du gaz naturel liquéfié (GNL) à travers le monde.

L’âge d’or du gaz naturel (incluant le gaz de schiste)

L’Association allemande des industries de l’énergie et de l’eau (BDEW) a mis en garde sur l’écart en Allemagne entre la capacité de production classique (pilotable) d’électricité (nucléaire, charbon et gaz) et la demande d’ici 2023. Elle a exhorté les décideurs politiques à aider les investisseurs en récompensant les nouvelles capacités pilotables de production d’électricité, notamment le gaz.

Stefan Kapferer, directeur général de BDEW, a déclaré lors du premier jour du salon industriel de Hanovre: « Les nouvelles capacités entrant sur le marché ne suffisent pas pour compenser les diminutions successives du nucléaire et du charbon».

Le gazoduc Nord stream 2 qui relie directement la Russie à l’Allemagne par la mer Baltique doit être mis en service cette année, et Donald Trump milite pour l’export par bateau du gaz américain liquéfié (GNL) vers l’Europe.

C’est l’Europe du gaz qui va se mettre en place sous la pression de l’Allemagne (alimentée par la Russie) et des autres pays européens bientôt alimentés par une noria de méthaniers américains.

Et cette nouvelle dépendance au gaz russe et américain menace la France… si elle continue à vouloir détruire la centrale nucléaire de Fessenheim et 12 autres réacteurs nucléaires.

La Belgique a voté le 2 avril 2019 une proposition de loi qui met en place un soutien aux centrales électriques au gaz par l’intermédiaire d’un « mécanisme de capacité ». Ce dernier rémunère les installations pour la capacité à produire de l’électricité en cas de besoin et plus seulement pour l’énergie produite.

Il faut croire que l’investissement massif de ces deux pays dans les éoliennes et le photovoltaïque n’a pas porté ses fruits…

Le gaz dans le monde

Dans le monde, l’électricité est majoritairement issue d’énergies fossiles, comme le charbon.

Mais c’est surtout le gaz qui ressort grand gagnant des efforts pour la transition énergétique derrière un affichage grandiloquent sur le développement des éoliennes et des panneaux photovoltaïques.

Fatih Birol directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) déclare « Il y a trente ans, la part des fossiles dans le mix énergétique mondial était de 81 %. Depuis, malgré la baisse des coûts des énergies renouvelables, malgré les efforts fournis sur l’efficacité énergétique, cette part est toujours de… 81 %. ».

Cette croissance du gaz a une conséquence immédiate sur les émissions de CO2 qui ont augmenté de 1,7 % dans le monde en 2018 dans le secteur énergétique pour faire face à la croissance des besoins en chauffage, mais aussi en climatisation.

Aux Etats-Unis, la production massive de gaz de schiste a fait baisser drastiquement le prix du gaz qui est venu remplacer progressivement le charbon pour produire de l’électricité. La demande a augmenté de 10 % en un an.

La Chine a lancé en 2018 son plan « ciel bleu » qui organise une transition progressive du charbon (qui encore produit 68 % de son électricité) vers le gaz naturel.

Certes, le gaz émet moitié moins de CO2 que le charbon, note le rapport de l’AIE, mais la hausse des besoins en électricité limite les effets de cette substitution.

Les pays d’Asie du Sud-Est et l’Inde continuent donc d’augmenter leur consommation de charbon pour produire de l’électricité.

Et une progression du nucléaire

Le rapport de l’AIE note également une augmentation de la production d’électricité d’origine nucléaire au niveau mondial, avec la connexion au réseau de sept réacteurs en Chine en 2018, et le redémarrage de plusieurs réacteurs au Japon.

En réalité, masquée par les effets d’annonces « vertes » sur les énergies renouvelables, la véritable transition énergétique progresse vers un mix de gaz (émetteur de gaz à effet de serre) et de nucléaire (qui n’en émet pas).

Les proportions entre ces deux sources d’énergies (pour la production d’électricité et de chaleur) seront déterminées par des choix de société, et donc par des décisions politiques (prix, dépendance nationale, sécurité d’approvisionnement, émissions de CO2,…).

 

 

 

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    UK’s National Grid : La Grande-Bretagne pourrait atteindre l’objectif net zéro carbone dans son réseau électrique d’ici 2050

    “L’augmentation de la capacité éolienne en mer et la diminution de la capacité nucléaire – ainsi que l’efficacité thermique – sont communes à tous les scénarios”.

    Les résultats font partie du dernier rapport Future Energy Scenarios (FES), publié par l’exploitant du réseau de transport d’électricité et de gaz du Royaume-Uni, National Grid – l’une des plus grandes sociétés d’énergie appartenant à des investisseurs qui exploite également des services publics aux États-Unis.

    Il esquisse cinq “Pathways to 2050”, des scénarios qui tracent des “voies crédibles et des scénarios pour l’avenir de l’énergie” au cours des 30 prochaines années. Deux de ces scénarios permettent d’atteindre l’ancien objectif du pays pour 2050, à savoir une réduction de 80 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, et une nouvelle ” analyse de sensibilité indépendante sur la manière dont les émissions nettes de carbone pourraient être réalisées d’ici 2050 “.

    Dans le scénario des énergies renouvelables communautaires, les émissions devaient passer de 503 MTeCO2 à 165 MTeCO2 d’ici 2050, grâce à un rôle plus important pour le chauffage urbain et les pompes à chaleur hybrides et à une croissance plus rapide de la capacité de stockage d’électricité.

    L’augmentation de la capacité éolienne en mer et la diminution de la capacité nucléaire – ainsi que l’efficacité thermique – sont communes à tous les scénarios.

    http://fes.nationalgrid.com/

    .

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    Pour mémoire le Power to gas (Ptg) vient, entre autres, en substitution d’énergies fossiles importées dont gaz

    A fin 2018 les études scientifiques (et non des “tribunes” de marketing/publicité biaisées qui tentent de faire croire que le nucléaire serait l’approche optimale de l’énergie !) de suivi du Power to X (PtX) recensent 150 unités de Power to X et majoritairement Power to gas (PtG) à partir d’énergies renouvelables rien qu’en Europe.

    La carte mondiale plus bas des installations est édifiante.

    Le 3 décembre 2019, le projet européen STORE&GO – un succès – présentera la feuille de route concernant le PtG et des scénarios pour sa mise en œuvre en Europe dans la transition énergétique. Cela fournira une stratégie sur la façon d’intégrer cette technologie dans le système énergétique du continent.

    Conclusions de ces études scientifiques, je cite :

    “La production de gaz à partir d’énergie électrique renouvelable avec du PtG est de loin le moyen le plus prometteur de stocker de grandes quantités d’énergie. Elle réduit également le besoin et le coût de l’expansion du réseau électrique.”

    “L’évolution exponentielle de la technologie en ce qui concerne les coûts, d’une part, et la capacité installée, d’autre part, indiquent que la mise en œuvre de la technologie Power-to-Gas est en cours sur le marché. La taille moyenne des usines et le nombre de projets dans le monde augmentent. Au total, 150 projets de recherche et de démonstration de PtX sont réalisés ou déjà achevés en Europe à la fin de 2018, utilisant différentes technologies et ayant des applications différentes, notamment la conversion de l’hydrogène en d’autres carburants et produits chimiques, par exemple le méthanol, le diméthyléther (DME), les hydrocarbures à longue chaîne et surtout le méthane.”

    “À l’heure actuelle, la recherche et l’application de la technologie PtG se concentrent sur l’Europe, mais les États-Unis semblent rattraper leur retard. Dans le monde entier, les projets avec méthanisation semblent avoir à peu près la même importance que les projets sans méthanisation. Il en va de même pour la distinction entre l’électrolyse à membrane et l’électrolyse alcaline ou la méthanisation chimique et biologique. Les sources de carbone pour la méthanisation sont diverses, alors que seulement la moitié environ des projets alimentent ou introduisent leurs produits gazeux dans l’infrastructure de gaz naturel. Les autres domaines d’utilisation sont d’abord et avant tout la production de carburants alternatifs, puis les applications de recherche pure et les procédés industriels ou l’utilisation substantielle. Pour améliorer l’efficacité économique, il serait avantageux d’utiliser tous les produits de l’usine : hydrogène ou méthane, chaleur et oxygène. Seuls quelques projets abordent encore ce sujet.”

    “Les résultats montrent que le PtG réduit les coûts totaux du système énergétique et qu’il évite des investissements plus coûteux ou des coûts d’exploitation plus élevés dans d’autres parties du système énergétique. Le PtG accroît la sécurité énergétique du système énergétique en réduisant la probabilité de pénuries d’énergie, par exemple et entre autres pendant les périodes de faible production d’énergie éolienne et solaire en Europe. Le PtG pourrait réduire les goulets d’étranglement dans les réseaux électriques et permettre d’inclure l’énergie renouvelable à des coûts inférieurs à ceux qui seraient nécessaires pour étendre les réseaux électriques.”

    “D’un point de vue technologique, les gaz renouvelables sont prêts à être intégrés dans le système énergétique. Toutefois, le cadre juridique et réglementaire actuel et les conditions du marché font encore obstacle à l’installation d’unités industrielles de production d’électricité à partir de PtG et à sa montée en puissance.”

    Carte des unités PtX et PtG en Europe et dans le monde courant 2018 :

    https://ars.els-cdn.com/content/image/1-s2.0-S136403211930423X-fx1_lrg.jpg

    .

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