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“Transitionner” c’est bien, sans oublier où on va, c’est mieux ! (Tribune)

La cause est belle et sa finalité louable nous concerne tous, mais la « transition écologique » reste un vocable aux acceptions floues. Présentée comme panacée et donc régulièrement convoquée hors champ, elle est surtout devenue le faux nez offensif d’intérêts puissants.

Ce monde a besoin de la transition…

Feu Yves Rocher proposant toute une gamme de produits cosmétiques à base de plantes se réjouissait dans une publicité que : « la nature soit à la mode » une forme performative qui a fonctionné à merveille.

Il en va de même aujourd’hui pour la « transition écologique » devenue elle aussi à la mode au point qu’aucun discours politique, syndical,… ni aucun article économique, technique,…ne peut plus faire l’économie du vocable ni même de sa répétition, qu’à son détriment.

Parallélisme avec ce qui précède, ceux qui se chargent de mettre en œuvre cette transition sont aussi ceux qui la promeuvent arguant de son caractère incontournable et urgent.

Ils en retirent le plus grand bénéfice politique ou économique en situant leur action dans la dynamique porteuse d’un « green business » dont, jusque tout récemment, personne ne questionnait les modalités de mise en œuvre.

Le mantra « transition écologique » vaut brevet d’authenticité et de légitimité pour tout ce qu’on y accole. Ainsi, qu’elle soit devenue un sésame magique manié sans scrupule par trop d’opportunistes dont la réussite insolente, qui fait école, devrait clairement interroger.

Mais l’opinion pourtant éduquée à la suspicion, par les media traditionnels et les réseaux sociaux, sièges de tant de « comités de vigilance », reste étonnement confiante, ignorant des signes pourtant tangibles.

Ce « moment écologique » qui permet tout, ou presque

Sous couvert de l’intérêt général qu’il sous-tend, ce mot valise, permet qu’embarquent nombre de passagers clandestins qui pèsent souvent très lourd et dont les intérêts bien compris dévoient la démarche et parviennent à masquer d’évidentes dérives.

La « transition écologique » est aussi l’accessoire indispensable de toute panoplie politique sérieuse. Comment en effet faire l’impasse ou simplement relativiser l’importance de cette facette, au départ une simple « niche verte », qui s’est commuée depuis en un « quitte ou double » pour la planète.

S’agissant des émissions de GES, l’une des variables clé pour l’évolution du climat, il est plus facile de favoriser le développement des EnR électriques, si visibles dans les paysages et donc preuves tangibles qu’on agit, que de s’attaquer à d’autres chantier longs lourds ingrats et moins porteurs.

L’isolation des bâtiments commence enfin à frémir mais la décarbonation des transports de fret reste en totale déshérence.

Aspect connexe, la réglementation thermique des bâtiments depuis sa version RT 2012 exclut de facto une électricité pourtant quasiment décarbonée des modes de chauffage des logements neufs, via des arcanes ubuesques qui offrent au gaz une part léonine, avec les rejets de CO2 correspondants, une aberration !

Toutes les démarches engagées par les entreprises et les associations se sont heurtées à un refus d’évolution, chauffage électrique restant synonyme de chauffage nucléaire.

Même si en France, éoliennes et panneaux PV ne sont d’aucune utilité dans un schéma électrique déjà quasi totalement décarboné, les présenter comme substituts crédibles au nucléaire, (ce qu’ils ne sont en rien) suffit à les rendre populaires et au passage, à dévoyer la transition.

Et tant pis pour les capitaux privés ou publics qui pourraient très utilement s’investir sur d’autre chantiers « transitionnels », ou ailleurs et dommage pour le gaspillage de l’argent public dévolu au soutien de ces filières (actuellement 7Mds€ / an et 121 Mds€, voire 145 Mds€ déjà gagés).

L’autre prise de conscience

L’équivalence « transition = renouvelables » a été ancrée (et encrée !) dans l’esprit de beaucoup ce qui permet de continuer à fixer des objectifs de déploiement aussi démesurés que démagogiques (Cf la nouvelle PPE), sans s’intéresser, si peu que ce soit, à la mesure de la valeur ajoutée pour le climat, mais la réaction s’organise.

Ainsi, en mars 2018 la Cour des Comptes dans un rapport consacré « Au soutien aux énergies renouvelables » indiquait: «  qu’afin d’éclairer les décisions publiques prises à l’avenir…il était… désormais indispensable de calculer et révéler le coût complet du mix énergétique programmé et les soutiens publics induits, et d’asseoir les décisions de programmation énergétique sur ces informations ».

Dans la même veine, en février 2019, une « Commission d’enquête sur l’impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables, sur la transparence des financements et sur l’acceptabilité sociale des politiques de transition énergétique » a été créée à l’initiative du Député LR Julien Aubert.

Les Pouvoirs Publics ont cru pouvoir jouer sur cette fibre écologique si méthodiquement tissée dans l’esprit de chacun pour pouvoir accroître notablement les taxes sur les consommations d’énergie, carbonées ou non d’ailleurs, afin de continuer à financer cette libéralité transitionnelle.

La levée en masse des gilets jaunes au premier samedi du mouvement a vite montré les limites de l’exercice, contraignant à la pause.

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