Tokyo Jeux Olympiques

Tokyo 2020 : les Jeux olympiques sont aussi écologiques

En l’absence de spectateurs dans les tribunes, les Jeux olympiques de Tokyo 2020 affichent une empreinte carbone bien meilleure que les deux précédentes éditions. Il faut dire que les Tokyoïtes ont mis les bouchées doubles en matière d’écologie afin d’organiser des Jeux pensés pour être durables. De quoi inspirer Paris 2024, qui nourrit des ambitions encore plus élevées en la matière…

Entre une météo capricieuse et l’inquiétude suscitée par la quatrième vague de coronavirus, les JO de Tokyo 2020 ont eu le mérite, du 23 juillet au 8 août, d’égayer un été quelque peu maussade. Alors nombre de participants et de téléspectateurs sont gagnés depuis quelques jours par le « blues post-olympique », la délégation tricolore peut s’estimer satisfaite de sa campagne japonaise. Avec 33 médailles dont 10 d’or, soit le même nombre de titres qu’à Rio en 2016, les Bleus ont tenu leur rang en obtenant la huitième place générale au classement des médailles. Mais les champions français ont surtout assuré le spectacle avec une réussite sans précédent dans les sports collectifs, marquées par les victoires historiques des deux équipes de handball et de celle du volley masculin. Quant aux sports individuels, ils ont eux aussi collectionné les titres et les médailles, notamment le judo, l’escrime, le tir au pistolet et l’aviron. Et cela n’est pas passé inaperçu : les téléspectateurs ont été plus nombreux qu’en 2016 devant leur écran. France Télévisions a en effet comptabilisé une audience cumulée de 50 millions, soit six de plus que pour Rio. Car, crise sanitaire oblige, les épreuves se sont tenues à huis clos, une déception pour les supporters comme pour les participants…

Cette première édition sans spectateurs dans l’histoire des Jeux s’est toutefois avérée une bonne nouvelle pour le climat. Selon l’agence Greenly, spécialisée dans le calcul de bilans carbone, leur absence aurait permis d’éviter 340 000 tonnes d’émissions d’éq. CO2, soit 12,5 % de moins que prévu, selon Alexis Normand, cofondateur de Greenly. Au total, l’empreinte carbone de Tokyo 2020 était estimée à 2,4 millions de tonnes de CO2, soit beaucoup moins que les 3,5 millions de Londres 2012 et de Rio 2016. Une amélioration en partie due au Covid, mais pas seulement. « Dans le bilan carbone d’une olympiade, c’est la construction des lieux d’épreuves et autres infrastructures qui se révèle être, bien souvent, le premier poste d’émissions de CO2 », souligne Jérôme Lachaze, responsable RSE à l’Automobile Club de l’Ouest, organisateur des 24h du Mans. À Tokyo, les installations sportives comptaient ainsi pour 55 % de l’empreinte carbone totale. La réduction des émissions de CO2 était précisément l’un des trois objectifs majeurs de l’organisation, qui à travers son slogan « Be better together » (« Soyons meilleurs ensemble ») a voulu ces Jeux durables.

Bilan carbone : les pistes de Paris 2024 pour faire mieux que Tokyo 2020

Pour approcher le zéro carbone, Tokyo 2020 a misé sur une majorité d’infrastructures déjà en place, 25 des 43 sites étant déjà existants. Les nouveaux équipements ont été, en outre, construits pour atteindre des performances environnementales élevées, et l’électricité utilisée pour le fonctionnement des Jeux provenait de sources 100 % renouvelables pour la première fois dans l’histoire des JO. Même la flamme olympique, élément hautement symbolique, était alimentée par de l’hydrogène vert qui fournissait en électricité et en eau chaude une partie des logements du village olympique ! Pour diminuer l’empreinte carbone par rapport à Londres et Rio, les organisateurs ont également fixé un objectif de zéro gaspillage incluant la réutilisation ou le recyclage de 99 % des biens achetés et de 65 % des déchets générés. Le village Plaza, le quartier olympique dédié au repos des sportifs, a ainsi été construit en bois donné par plusieurs villes japonaises, qui servira ensuite à bâtir des bancs ou des écoles. Quant au troisième objectif, baptisé « La ville dans la nature / La nature dans la ville », il portait sur le respect de la biodiversité avec la mise en place de mesures de lutte contre la chaleur, d’économies d’eau et de végétalisation des différents sites.

Alors que la flamme olympique a déjà entamé son voyage vers Paris pour l’édition 2024, le comité d’organisation de Paris 2024 ambitionne de faire encore mieux que Tokyo 2020 en limitant son empreinte carbone à 1,5 million de tonnes de CO2. Pour y parvenir, l’équipe parisienne prendra exemple sur la démarche de la capitale nipponne qui, en conciliant succès sportif et préservation de la planète, a démontré que le sport disposait d’un pouvoir unique pour contribuer à créer un monde meilleur. Mais Paris mise aussi et surtout sur ses propres atouts, à commencer par un taux d’infrastructures existantes de 95 %, gage d’économies significatives par rapport aux précédentes éditions. Pour aller plus loin encore, Paris 2024 réduira le nombre de participants à 10 500 sportifs, soit 600 de moins qu’à Tokyo et autant de déplacements lointains en moins. Ces derniers seront, de plus, moins énergivores grâce à la position centrale de la capitale française en Europe et sa connexion à un réseau ferroviaire étendu. « Un nombre non-négligeable d’athlètes et de spectateurs pourront venir en train », note Jérôme Lachaze. Avec son slogan « Made for sharing » (« Venez partager »), espérons que Paris 2024 pourra de nouveau accueillir du public dans les stades…

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