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Le système électrique pendant la canicule d’août 2018 (Tribune)

Tribune de la DOAAT, la Direction Optimisation Amont/aval & Trading d’EDF

En ce début de mois d’août 2018, les températures en France sont restées durablement à des niveaux caniculaires, au-delà des normales de saison d’environ 6°C en moyenne sur le pays pendant 6 jours consécutifs, avec localement des écarts supérieurs à 10°C. Ces valeurs situent cette vague de chaleur parmi les plus importantes mesurées depuis plusieurs décennies. Elle est semblable à celle vécue en 2006, en intensité comme en durée. Elle se différencie de la canicule de 2003 par sa situation hydrologique, qui est bonne alors qu’en 2003, les fortes chaleurs s’étaient superposées à un long épisode de sécheresse.

Un premier effet de la canicule s’observe sur la consommation, qui est augmentée par un usage accru des climatiseurs. La sensibilité est de 500 MW de consommation supplémentaire pour un accroissement de la température de 1°C. La demande sur la période a donc été supérieure d’environ 3000 MW, l’équivalent de deux à trois tranches nucléaires, par rapport à ce qu’elle aurait été à température normale.

Le deuxième effet est l’augmentation des températures de l’eau des fleuves, comme le Rhône, le Rhin ou la Garonne. Les centrales nucléaires qui ne sont pas situées en bord de mer utilisent l’eau des fleuves et des rivières pour refroidir les installations. Avec les fortes chaleurs rencontrées ces derniers jours, la température de ces cours d’eau augmente, et peut s’approcher et même dépasser sous l’effet du soleil les valeurs maximales spécifiées dans les règlementations des centrales nucléaires pour un maintien des tranches en fonctionnement. Ces valeurs maximales sont précisées pour chaque centrale dans un document réglementaire, appelé Arrêté de Rejet. L’objet de ces limitations est la protection de la faune et de la flore aquatique ; l’arrêt des centrales évite d’ajouter à l’échauffement provoqué par la canicule celui induit par leur fonctionnement. Au plus fort des chaleurs de ce début août, trois tranches nucléaires ont été arrêtées sur le Rhône (Bugey 2 et 3, Saint Alban 1), et Fessenheim 1 sur le Rhin (plus précisément, sur le Grand Canal d’Alsace).

Un troisième effet est une production photovoltaïque élevée en France, avec un maximum proche de 5500 MW à 14h chaque jour. En revanche, dans cette situation anticyclonique, la production éolienne a été faible.

Ainsi, en cette période de canicule, EDF dispose de moins de production nucléaire et fait face à plus de consommation, alors que l’équilibre doit être maintenu en permanence pour assurer le fonctionnement du système électrique. Ceci intervient cependant dans une période de faible consommation d’électricité en France du fait d’une activité économique réduite.

Par ailleurs, le parc de production d’EDF, grâce à ses sources d’énergie diversifiées et complémentaires offre des leviers variés pour traiter ces épisodes de forte chaleur. La continuité d’approvisionnement en électricité des clients d’EDF n’est pas en risque.

EDF gère cette vague de chaleur en s’appuyant sur l’expérience tirée des canicules de 2003 et de 2006 et à la variété de son parc de production :

  • Des dispositions techniques efficaces ont été mises en œuvre sur le parc de production pour fiabiliser son fonctionnement sous forte chaleur, comme par exemple l’optimisation des systèmes de ventilation des locaux techniques, et l’amélioration des aéroréfrigérants ;
  • Une coordination anticipée et renforcée est mise en place avec les pouvoirs publics, plusieurs mois à l’avance ;
  • Le renforcement du partenariat avec Météo France pour mieux anticiper les épisodes chauds ;
  • La réalisation d’un suivi en continu de la situation à travers une organisation dédiée associant l’ensemble des métiers du Groupe EDF et notamment des spécialiste de la prévision hydrométéorologique ;
  • Les parcs thermiques à flamme et hydrauliques ont été sollicités. La situation hydrologique favorable du premier semestre et la bonne gestion des lacs ont favorisé la production hydraulique.

Les températures de l’air chutent ce mercredi 8 août pour trouver des normales de saison, ce qui entrainera progressivement une baisse des températures de l’eau des fleuves, et permettra le redémarrage des centrales d’EDF d’ici la fin de cette semaine.


Photo principale – Saint-Alban © Photo : Jacob Frederick

Photo dans le corps de l’article – Bugey © Photo : Jean-Luc Petit

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