Un site industriel revitalisé grâce à la plus grande centrale solaire thermique de France

C’est à Condat-sur-Vézère, petite commune de Dordogne, que vient d’être inaugurée la plus grande centrale solaire thermique de France.

Cet équipement renouvelable de quelques 4.211 mètres carrés de panneaux solaires va permettre de réduire les coûts de production et d’améliorer le bilan carbone du papetier Lecta.

Mais il va surtout permettre à l’usine d’améliorer sa compétitivité et assurer la pérennité d’un site dont le caractère énergivore menaçait près de 250 emplois.

Explications.

Solaire thermique : des avantages économiques…

L’usine à papier de Condat, premier employeur privé de Dordogne, produit depuis de nombreuses années un papier haut de gamme utilisé pour la conception d’affiches mais également de beaux livres et de magazines.

Ce ne sont pas moins de 430.000 tonnes de papier couché qui sortent annuellement de ce site industriel géré par le groupe espagnol Lecta.

Mais le marché du papier n’est plus aussi dynamique qu’au début des années 2000. L’usine de Condat doit faire face à des baisses de commandes (2 à 3% chaque année) qui font flamber les coûts de production.

Une situation notamment imputable au caractère énergivore de l’usine : l’énergie consommée par la chaudière à gaz du groupe Lecta représente 30% des coûts de production du papier (et correspond aux besoins quotidiens d’une ville de 100.000 habitants).

Pour éviter de fermer une ligne de production, et compromettre plus de 250 postes pérennes, les responsables du site ont décidé d’abandonner leur chaudière à gaz au profit d’un équipement moins gourmand en énergie et plus respectueux de l’environnement : une centrale solaire thermique.

… aux bénéfices environnementaux

Symboliquement inaugurée le jour du solstice d’été, la centrale solaire thermique de Condat est constituée de 22 rangées de 12 capteurs solaires qui vont quotidiennement capter les rayons du soleil et produire ainsi l’énergie thermique nécessaire au préchauffage de l’eau alimentant le réseau de vapeur du site.

“Ce n’est pas une centrale photovoltaïque. Il s’agit en fait d’un gros chauffe-eau solaire. Le site, pour produire de la vapeur a besoin d’eau qu’il pompe dans la Vézère. Cette eau arrive à 20°C, et avec nos panneaux solaires thermiques, nous allons remonter la température à 80°/90°C pour qu’ensuite l’usine la transforme en vapeur avec du gaz. Toute cette partie-là était faite avec du gaz, donc avec des énergies fossiles et des émissions de CO2”, a expliqué aux journalistes de France Bleu M. André Minguzzi, le président de Condat.

Grâce à sa puissance de 3,4 MW, cette unité de production renouvelable devrait générer annuellement plus de 4.000 MWh d’énergie thermique totalement respectueuse de l’environnement. Et ainsi permettre à Lecta de réduire ses émissions polluantes de 1.000 tonnes de dioxyde de carbone par an.

Un projet soutenu par le fond chaleur de l’Ademe

La centrale solaire thermique de Condat est non seulement la plus grande de France mais également la première à utiliser des trackers. Ces dispositifs mécaniques équipés de capteurs solaires permettent d’orienter automatiquement les panneaux solaires en fonction de la position du soleil tout au long de la journée. Une innovation qui permet d’augmenter la productivité de la centrale de 15 à 20%.

“Contrairement à une centrale solaire couplée à un réseau de chaleur dont la demande est très linéaire, une centrale comme celle de Condat connectée à un site industriel nécessite de la flexibilité. Les trackers nous permettent ainsi de moduler la puissance de la centrale voire de carrément l’arrêter en cas de rupture de charge au sein de l’usine”, précise Hugues Defréville, directeur de la société bordelaise Newheat, le maitre d’œuvre du chantier de cette centrale.

La construction de la centrale solaire thermique de Condat a nécessité une enveloppe budgétaire de 2,2 millions d’euros. En raison du caractère innovant du projet, l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe) a pris en charge 65% de son coût (soit 1,43 million d’euros) via son fond chaleur.

“C’est une façon pour nous de souligner le rôle de la filière solaire thermique qui demeure le parent pauvre dans le Yalta des renouvelables que nous sommes en train de vivre. C’est d’autant plus important que 45% de l’énergie consommée aujourd’hui l’est en chaleur. Il est ainsi important de maintenir les compétences sur cette filière”, explique Arnaud Leroy, président de l’Ademe.

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COMMENTAIRES

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    Une remarque toute bête: si une enveloppe de 1,43 million d’euros d’aide a été nécessaire, c’est que le nouveau procédé n’est pas moins coûteux globalement que l’ancien. Sinon, pourquoi cette aide ? Un simple emprunt aurait suffit.

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