Les syndicats de l’énergie ont sommé vendredi le patronat d’ouvrir des négociations sur les salaires dès le 9 juin, faute de quoi elles menacent de nouvelles actions, au lendemain d’une grève très suivie, lors de laquelle des dizaines de milliers de foyers ont été touchés par des coupures.
Jeudi, quelque 35% des effectifs présents des industries électriques et gazières (IEG) ont suivi un mouvement de grève national afin d’obtenir une revalorisation de la grille des salaires prenant en compte l’inflation, selon l’interfédérale à l’origine du mouvement, qui réunit les quatre principales fédérations (FNEM-FO, FNME-CGT, CFE-Energies et CFDT Chimie-énergie).
Si cette interfédérale n’appelle pas, à ce jour, à une nouvelle grève le 9 juin, la CGT du gestionnaire du réseau électrique RTE, dont les installations ont été jeudi le théâtre de coupures, appelle d’ores et déjà à une nouvelle mobilisation ce jour-là, quelle que soit la réponse du patronat.
« On vient de signifier à nos employeurs qu’on exigeait que la question du salaire national de base soit intégrée comme premier point à l’ordre du jour » d’une réunion de branche prévue le 9 juin prochain, a indiqué Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la FNME-CGT, alors que le patronat proposait une réunion au sujet de cette question le 20 juin prochain.
« On espère que nos employeurs prendront enfin leurs responsabilités de ne pas laisser courir un mouvement jusqu’au 20 juin avec une escalade dans la mobilisation qui ne serait bonne pour personne », a ajouté M. Coudour.
« Nous, côté RTE, dans tous les cas, on appellera à faire une journée d’action le 9 », a indiqué Francis Casanova, délégué syndical central CGT pour RTE, dont les salariés sont en grève depuis plus de trois mois.
De nouvelles coupures ne sont donc pas à exclure, de la part de salariés de la base, même si les syndicats n’ont pas appelé à ce type d’action, fermement condamnées par la CFDT jeudi et contre lesquelles la direction de RTE entend porter plainte systématiquement.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, quelque 85.000 foyers ont été coupés dans la région de Béthune (Pas-de-Calais) pendant environ deux heures, avant une coupure pendant près de trois heures dans la ville d’Angers, qui a concerné jusqu’à 175.000 foyers.
« S’il y a des annonces des employeurs d’ici là, on verra », a déclaré M. Casanova, qui ne souhaite néanmoins « pas relâcher la pression ».
La Fédération CGT de l’énergie n’exclut pas d’appeler elle aussi à un mouvement plus large le 9 juin, en cas de fin de non-recevoir du patronat : « tout dépend de la posture de nos employeurs, la balle est dans leur camp », a indiqué M. Coudour, qui souligne que l’interfédérale ne s’interdit pas de prolonger le préavis de grève à l’origine de la première grève, reconductible jusqu’au 13 juin.
Contactée par l’AFP, l’Union française de l’électricité (UFE), une des deux principales organisations du patronat de la branche, a confirmé avoir pris connaissance de cette requête qui était à l’étude vendredi.