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RTE estime possible de fermer les centrales à charbon d’ici 2022

La fermeture des centrales à charbon françaises était un engagement du président Macron. Pour RTE (Réseau de Transport d’Electricité), il sera possible de fermer ces centrales thermiques sous certaines conditions.

Tourner le dos au charbon pour la production d’électricité

C’est au cours d’une interview réalisée par France 2 en décembre 2017, qu’Emmanuel Macron s’engage à fermer les centrales à charbon de l’Hexagone d’ici la fin de son quinquennat afin de lutter contre le réchauffement climatique et améliorer le bilan carbone de notre pays. Une promesse forte, qui visait notamment à convaincre les Français que l’écologie est un de ses dossiers prioritaires.

“Ma priorité en France, à l’Europe, à l’international, c’est les émissions de CO2 et le réchauffement climatique (…). On a encore des centrales thermiques et à charbon, on va les fermer pendant mon quinquennat”, affirmait le président de la République au micro de Laurent Delahousse.

Un an s’est écoulé depuis cette déclaration et le sujet n’a été que peu abordé par les membres du gouvernement.

Pourtant, si l’on se fie à RTE, la fermeture des centrales à charbon hexagonales est tout à fait envisageable dans les prochaines années.

Dans son étude sur les perspectives sur la sécurité d’approvisionnement électrique en France sur la période 2018 – 2023, le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité explique en effet que les dernières centrales thermiques pourront être stoppées après l’hiver 2020 sous certaines conditions.

Un système électrique sans marge jusqu’en 2020

Dans sa vaste analyse, RTE souligne que la situation actuelle de la France en matière de sécurité d’approvisionnement ne permet pas de lancer le processus de fermeture des centrales thermiques.

Selon le gestionnaire, les capacités de production de notre pays sont conformes au critère public de sécurité d’approvisionnement (c’est-à-dire apte à assurer l’équilibre offre-demande du réseau électrique dans des conditions normales d’utilisation) sans toutefois bénéficier de marge supplémentaire.

“La structure du parc de production français a progressivement convergé vers le niveau de sécurité d’approvisionnement actuel. L’équilibre atteint repose désormais sur la maîtrise de la pointe de consommation, une disponibilité adéquate du parc nucléaire, le maintien du parc de cycles combinés au gaz et de turbines à combustion, et la fiabilisation du gisement actuel d’effacements de consommation. Dans cet équilibre, chacune des composantes compte. D’ici à 2020, cette situation ne devrait pas évoluer”.

En 2020, la France bénéficiera de “marges de manœuvre” supplémentaires pour assurer l’équilibre de son réseau électrique et donc pour permettre d’aborder sans crainte le processus de fermeture des centrales au charbon.

L’analyse de RTE montre en effet que les marges dégagées permettront aux producteurs d’électricité de répondre à la demande sans avoir à craindre un déficit en raison de l’absence des centrales thermiques.

Les experts envisagent cependant la fin du charbon en France sous certaines conditions. Et notamment la prolongation du parc nucléaire et le développement des énergies renouvelables.

L’abandon du charbon sous certaines conditions

“Après l’hiver 2020, des marges de sécurité devraient réapparaître. Elles permettraient la fermeture, progressive, des cinq unités de production charbon situées sur les sites de Cordemais (Loire Atlantique), du Havre (Seine-Maritime), de Gardanne (Bouches-du-Rhône) et de Saint-Avold (Moselle)”, explique RTE.

Plus concrètement, ces marges de sécurité évaluées à plusieurs gigawatts proviendront de la mise en service des premiers parcs éoliens en mer, du lancement de la nouvelle centrale à cycle combiné au gaz de Landivisiau ainsi que du couplage de l’EPR de Flamanville au réseau électrique français.

RTE évoque également la mise en service de nouvelles lignes d’interconnexion avec le Royaume-Uni et l’Italie.

En revanche, RTE estime qu’il ne serait pas raisonnable de cumuler abandon du charbon et arrêt des réacteurs nucléaires atteignant 40 ans de fonctionnement.

“La troisième variante consiste à simuler un retrait simultané des cinq centrales au charbon concernées par le Plan climat et des quatre réacteurs nucléaires arrivant à l’échéance des 40 ans de fonctionnement au cours de l’horizon d’étude. Les simulations montrent que la marge par rapport au critère de sécurité d’alimentation devient alors négative en fin de période. Le déficit de capacité en fin d’horizon est supérieur à 1 GW : on peut donc conclure que ces deux options ne peuvent pas être poursuivies de manière simultanée tout en respectant le critère de sécurité d’approvisionnement”, précisent les auteurs de l’étude.

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