En route pour la 3e révolution urbaine !

Plus d’un millier de grands acteurs du bâtiment et de la ville, une centaine d’orateurs, 70 ateliers thématiques, des Grands Prix pour récompenser des projets smarts et durables… les 31 août et 1er septembre au Havre, le Smart Buildings Territories and Summit est le rendez-vous à ne pas manquer.

Mais de quoi parlera-t-on ? Explications par Emmanuel François, Président de la SBA et co-organisateur de ce sommet européen du numérique dont Le Monde de l’énergie est partenaire.

Le déploiement numérique est à l’origine d’une mutation radicale des activités humaines. « On ne travaille, habite, enseigne, … plus comme avant, confie-t-il. Aujourd’hui, on télétravaille, on partage des espaces, on enseigne à distance, et la crise sanitaire a même accéléré cette transformation. Plus question de reculer, car on a clairement perçu les intérêts de cette mutation tant financiers, sanitaires, économiques qu’en termes d’efficacité ou de qualité de vie. »

Une mutation civilisationnelle face à six enjeux majeurs

Au cœur de cette transformation, notre société est également confrontée à des défis majeurs. Un défi démographique d’abord, avec un profond déséquilibre nord-sud et le vieillissement de la population occidentale. Un défi environnemental évidemment, comme l’illustre le réchauffement climatique.

A cela s’ajoutent un défi sanitaire (marqué par la crise de la Covid-19 actuelle, mais aussi par la pollution de notre environnement à commencer par l’air, l’eau, la terre et toute la chaîne alimentaire), un défi économique (avec des disparités croissantes entre les plus riches et les plus pauvres) et un défi identitaire (avec une perte de repère et une remise en cause des codes et des règles, ciments de notre société).

« Enfin, le défi d’un numérique éthique, qui protège nos données personnelles et nos libertés individuelles, poursuit Emmanuel François. Face à ces enjeux, une remise en cause à 180° de nos modèles et modes de vie s’impose. Cela passe nécessairement par une refonte des bâtiments et des villes et de l’usage que l’on en fait, en replaçant l’humain au cœur de toute réflexion. Il convient donc d’avoir une approche transversale et holistique des sujets et non plus isolée comme c’est encore trop souvent le cas aujourd’hui du fait de nos organisations et modes de pensée. C’est ce que j’appelle la troisième révolution urbaine ! »

Le bâtiment et la ville au premier plan

Urbaine, parce que le bâtiment et la ville se situent au premier plan de cette révolution. 70 % des populations vivent en ville, qui produit 70 % des gaz à effet de serre de la planète.

« Bientôt, la mobilité électrique sera intégrée au bâtiment, insiste Emmanuel François. Ensemble, ils représenteront alors 60 % de la consommation énergétique globale, alors que les bâtiments sont utilisés 30 % du temps et les véhicules 5 % seulement. Ce n’est plus durable ! ».

Précisément, les bâtiments doivent changer et s’adapter à nos activités, qui elles même ont évolué. Il n’est plus possible d’avoir des bâtiments figés et dédiés à un seul usage : commerce, éducation, bureaux…

Les bâtiments doivent se transformer rapidement pour devenir pluriels, multi-usages, flexibles. Cette mutation constitue une formidable opportunité pour les prochaines décennies.

Il en va de même pour la mobilité, qui doit évoluer pour s’adapter à des modes plus doux et plus durables. Enfin il est également nécessaire de repenser les réseaux et d’évoluer vers plus de local et d’autonomie.

C’est particulièrement valable pour l’eau et l’énergie. Notre société devient ainsi hybride à tout égard.

Tout devient possible avec le numérique au coeur de cette transition

« Le SBTSummit a donc été organisé pour réfléchir à cette révolution urbaine, indique Emmanuel François. Il conviendra de repenser les bâtiments et la ville avec plus de sobriété, de mixité et de proximité. Les infrastructures, les réseaux d’eau, de déchets, l’agriculture seront donc gérés en local, pour économiser les ressources. Côté énergie, on devrait assister au retour du courant continu, qui permet de piloter plus aisément production d’énergie renouvelable et usages de mobilité électrique. Parlons-en ! C’est l’ambition de ces journées. » L’objectif sera de montrer comment le numérique peut accompagner cette troisième révolution urbaine.

« Un numérique maîtrisé, sobre et sécurisé, avec une gouvernance locale des données, que j’appelle girondine pour une plus grande implication citoyenne et une meilleure inclusion sociale en s’appuyant sur des micro-Data Centers à l’échelle du bâtiment et du quartier, conclut Emmanuel François. Le chantier est tout aussi gigantesque qu’enthousiasmant ! La dimension politique est manifeste. Voilà pourquoi il est important de prendre part aux discussions et aux décisions aujourd’hui pour la ville de demain et les générations futures. Soyez visionnaires, participez à la troisième révolution urbaine ».

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COMMENTAIRES

  • Formidable proposition qui me réchauffe mon coeur de 76 ans. A cet âge, on commence en principe à devenir un vieux con, mais bizarrement, je me sens encore l’énergie d’un jeune homme, aux genoux et aux lombaires près. Mais on ne va tout de même pas se laisser emmerder par ces détails. S’il faut que je me mette à fumer, je fumerais ! j’ai beaucoup trop de choses à réaliser pour m’arrêter de penser et de travailler inlassablement à la réalisation de ces objectifs. Aujourd’hui, l’utopie c’est de penser que tout peut continuer comme avant, alors que le monde qui nous fait face va nous poser beaucoup beaucoup de problème. Problème en cours, l’Afghanistan, demain matin la Louisiane…et ainsi de suite !
    En fait ce qu’on nous propose ce sont des lieux de vie, de travail, de commerce, de loisirs concentrés donc en fait des lieux de rencontre et d’entraide sans sortir à l’extérieur si les conditions sont tout simplement trop périlleuses. Bonne idée, tres bonne idée, mais il faut allez au delà, il faut prévoir la même chose dans les provinces, de taille adaptées, conçues comme résidence principale, mais aussi comme résidence secondaire, car les urbains vont craquer tres vite dans leur cage fut-elle la mleux conçue du monde. En naturellement cela nécessite que ces lieux multi-fonctions disposent d’une certaine autonomie énergétique, ce qui ne veut pas forcément dire fin du systeme centralisé. Le jour où la fin du systeme centralisé viendra, ce sera brutal, sans doute inéluctable, et donc, il faut s’y préparer en privilégiant toutes les solutions qui vont vers une plus grande autonomie, tout de suite, pourquoi attendre. Attendre, une utopie mortifère. Tout en prévoyant, que l’on puisse sortir de ces bulles de vie, au moins pour passer de façon facile rapide et safe, d’une bulle à l’autre. Et ce n’est pas la voiture électrique individuelle qu’il faut développer, mais les transports en commun multi-taille électriques tant qu’on n’aura pas trouvé mieux, non pas trouvé car c’est déja fait, mais mis en service, c’est autre chose, et il est difficile de prévoir une échéance précise.
    En tout cas, ce projet est certes un peu utopique, donc magnifique, et se passer d’utopie, c’est se passer de rêves, se passer d’espoir ! Impossible de vivre de cette façon, sans objectif précis, même à un âge avancé, on le constate tous les jours et plusieurs fois par jour. Le nombre de malades ne fait que croître et embellir. La plupart sont malades de solitude. Un avertissement : tout ce dont nous parlons ne doit pas être réservé à une élite riche ou intellectuelle, mais à tous.

    Répondre
    • Oui certes à cette  » 3ème révolution urbaine » mais il est plus fondamental de revoir « l’aménagement du territoire »: plutôt que difficilement tenter d’introduire « la Nature en ville », faire l’inverse : cf. « les villes devraient être construites à la campagne ! l’air y est tellement plus pur »… Plus besoin alors de centrales nucléaires et d’agriculture industrielle , pour les populations entassées. Mais restera-t-il assez d’espace pour ce « retour à la terre » ? la population de la France est passée de ~40 millions d’habitants entre 1880 et 1945 à ~67 millions actuellement.Vous avez dit : « décroissance » ?

      Répondre
  • Que pensez vous du film avanguadiste Wall e qui est précurseur d’un rêve devenu cauchemardesque à cause de la technique?

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