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La Belgique face à un blackout ?

Le blackout est une expression qui désigne une coupure généralisée de l’approvisionnement en électricité, qui se produit généralement lorsqu’un déséquilibre pèse sur un réseau électrique.

Le blackout est un événement qui se produit notamment lorsque la demande en électricité est supérieure à ce que les moyens de production peuvent générer.

Il s’agit d’une menace particulièrement importante au cours de la saison hivernale, lorsque les températures basses entraînent un recours massif aux systèmes de chauffage électrique.

Si l’on se fie aux déclarations du gestionnaire du réseau de transport d’électricité, la Belgique pourrait faire face à une pénurie d’électricité cet hiver.

Les ingrédients de ce scénario catastrophe sont en effet réunis : un mois de novembre aux températures qui s’annoncent à la baisse, un seul réacteur nucléaire disponible, difficulté d’import d’électricité…

La Belgique fait donc face à une situation inédite : elle va devoir passer le mois de novembre avec un seul réacteur nucléaire opérationnel. Le gestionnaire réseau va-t-il devoir envisager des délestages ? Zoom sur une situation particulièrement compliquée pour le Plat pays…

Le nucléaire : 50% du mix électrique belge

En Belgique, les centrales nucléaires occupent une part importante de la production d’électricité. Le pays abrite en effet deux centrales nucléaires : la centrale de Doel, en région flamande, qui compte 4 réacteurs (pour une puissance cumulée totale de 2.839 MW), et la centrale de Tihange, en région wallonne, avec ses 3 réacteurs (2.985 Mw).

Exploité par Electrabel, ce parc représente près de 50% du mix électrique belge. En d’autres termes, il permet de générer annuellement, et sans émission de dioxyde de carbone, la moitié de l’électricité nationale.

L’atome est donc un des éléments clé de la politique énergétique belge : il assure la sécurité électrique du pays grâce à un approvisionnement en électricité bas carbone.

Pourtant l’hiver 2018-2019 s’annonce compliqué en termes d’équilibre réseau. La pénurie d’électricité est un sujet récurrent pour les autorités du Plat pays : des coupures de courants temporaires avaient déjà été annoncées lors des périodes hivernales 2013 et 2014.

Mais la situation est cette fois plus compliquée : en raison de travaux de maintenance, un seul réacteur nucléaire devrait être capable de produire de l’électricité au cours du mois de novembre 2018.

Un seul réacteur disponible au mois de novembre

À l’heure actuelle, les réacteurs de Tihange 2, de Tihange 3 et de Doel 4 sont à l’arrêt pour des opérations d’inspection relatives à la dégradation du béton de bâtiments situés dans la partie non nucléaire de la centrale.

Malgré ce qui avait été annoncé par Electrabel, ces réacteurs ne seront pas remis en service d’ici novembre prochain. Notamment à Tihange où l’intervention est plus longue que prévue : la remise en exploitation se fera l’année prochaine après la période hivernale (le 2 mars 2019 pour Tihange 3 et le 1er juin pour Tihange 2).

Ce contretemps fâcheux intervient alors que les réacteurs Doel 1 et Doel 2 sont également à l’arrêt. En avril dernier, une fuite détectée dans le circuit de refroidissement de secours de Doel 1 a en effet poussé l’exploitant à lancer une opération d’inspection jusqu’à fin décembre. Doel 2, le réacteur jumeau de Doel 1, a été mis à l’arrêt de manière préventive.

Doel 3 et Tihange 1 sont donc les seuls réacteurs encore en activité en Belgique. Mais ce ne sera que de courte durée car Tihange 1 sera stoppé du 20 octobre au 29 novembre afin d’être rechargé en combustible. Le mix électrique belge ne comptera donc qu’un seul réacteur opérationnel entre la fin du mois d’octobre et la fin du mois de novembre.

Plusieurs solutions envisagées

Marie-Christine Marghem, ministre fédérale en charge des questions énergétiques, critique la mauvaise planification des travaux d’entretien du parc nucléaire belge, tout en assurant que la situation est “bien pire qu’en 2014”.

La Belgique va en effet devoir faire face à l’indisponibilité de plus de 3.000 MW de ses capacités de production. De fait, la sécurité d’approvisionnement des citoyens belges n’est à l’heure actuelle “pas garantie”.

Parmi les possibilités qui s’offrent à la Belgique, l’importation d’électricité des pays voisins est la solution la plus probable. Bruxelles peut en effet compter sur les 5.000 MW de capacités d’échange avec la France, l’Allemagne et les Pays-Bas.

“L’Allemagne a déjà pris l’engagement de nous aider. Un accord va bientôt être signé avec le ministre allemand de l’Économie et de l’Énergie. Deux autres accords pourraient suivre avec les Pays-Bas, puis avec la France”, a confirmé Mme Marghem.

Des propos rassurants que la ministre a cependant tenu à préciser : “même avec ces accords, il faut que la capacité soit disponible à l’étranger. En cas de vague de froid sur l’Europe, ça pourrait ne pas être le cas”.

La ministre n’exclut donc pas totalement l’hypothèse de mettre en place un plan de délestage. Ce dernier servirait à déterminer quelles zones du territoire belge seraient volontairement privées de courant temporairement, afin de maintenir l’équilibre du réseau.

Les entreprises énergivores pourraient ainsi être mises à contribution en réduisant volontairement leur activité. Le gestionnaire du réseau ferré, Infrabel, a par exemple annoncé dans le journal l’Écho qu’il n’hésiterait pas à stopper le trafic ferroviaire pendant 24 heures en cas de besoin.

Reste que la situation à laquelle fait face la Belgique pourrait avoir des conséquences économiques importantes sur l’ensemble de l’activité de ses entreprises et sur le confort de vie de ses citoyens.

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