Procès RTE: Martinez (CGT) ira « apporter son soutien » aux quatre agents licenciés

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez ira soutenir mardi à Paris quatre ex-agents du gestionnaire des lignes à haute tension RTE qui comparaissent devant la justice, soupçonnés d’interventions frauduleuses sur le réseau électrique l’été dernier en plein conflit sur les salaires, a-t-on appris lundi de source syndicale.

Avec le secrétaire général de la CGT Energie, Sébastien Ménesplier, lors d’une manifestation devant le tribunal, ils apporteront « leur soutien aux quatre agents de l’entreprise de Service Public RTE déjà licenciés, traités comme des terroristes », selon un communiqué de la CGT Energie.

Les quatre hommes, qui n’étaient pas membres de la CGT, aujourd’hui âgés de 32 à 36 ans, doivent être jugés devant la 13e chambre correctionnelle du tribunal de Paris pour « entrave au fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données à caractère personnel mis en oeuvre par l’État », « modification » d’un tel système et « introduction frauduleuse de données », entre les 15 juin et 22 juillet 2022.

Ils avaient été placés en garde à vue en octobre dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), provoquant l’émoi de la CGT et de salariés de RTE.

Concrètement, la direction, qui avait déposé une plainte contre X, leur reproche d’avoir provoqué à distance et dans le cadre du conflit social une « perte de la téléconduite » de postes électriques sur le réseau. Cette action « symbolique », parfois utilisée pendant les mouvements de grève pour mettre la pression, a selon RTE mis l’opérateur dans l’impossibilité de surveiller ou de piloter les postes électriques par ordinateur, ce qui outrepasserait le droit de grève.

La CGT reproche elle au groupe d’avoir « criminalisé » ce droit.

« Pour nous, c’est avant tout une journée pour les libertés syndicales et le droit de grève, avec évidemment ce point d’orgue fort contre la criminalisation de l’action syndicale », a déclaré à l’AFP Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la CGT Energie.

Autre enjeu, pour la CGT, mobilisée en intersyndicale depuis le début de l’année contre le projet gouvernemental de réforme des retraites: remobiliser ses troupes, en pleines vacances scolaires et à une semaine d’une journée « France à l’arrêt », le 7 mars, qui pourrait marquer un durcissement du mouvement.

« Cette journée s’inscrit pleinement dans la stratégie de luttes reconductibles décidée par les syndicats de la FNME-CGT pour gagner le retrait de la réforme des retraites Macron/Borne », explique le communiqué de la FNME-CGT.

« Une vingtaine de rassemblements » sont prévus mardi devant des sites RTE, dans toute la France, selon Fabrice Coudour.

La plupart de ces rassemblements auront lieu dans la matinée, comme à Saint-Etienne, Marseille, Béziers, Bordeaux ou Nantes, alors que des retraites aux flambeaux sont également prévues en début de soirée, comme à Martigues, avec des appels à la grève dans certains endroits, selon ce qui a été décidé localement.

« Les agents en grève et tous leurs soutiens seront mobilisés pour la relaxe de nos 4 collègues », conclut la CGT.