PPE : les préconisations de l’Ademe

PPE : les préconisations de l’Ademe

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) a été pensée comme un véritable outil de pilotage de la politique énergétique française : établie en étroite cohérence avec la stratégie nationale bas carbone, son rôle est de fixer les grandes trajectoires de notre politique énergétique pour les années à venir et de définir les actions concrètes qui mèneront vers la décarbonation et la diversification de notre mix énergétique.

Face aux évolutions technologiques et aux incertitudes qui affectent le monde de l’énergie, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a récemment publié sa contribution à ce vaste débat public qui doit se terminer fin juin.

Les conditions de réussite de la transition énergétique

C’est à travers la publication de son « cahier d’acteur » que l’Ademe a décidé de participer au vaste et ambitieux débat qu’est la révision de la PPE pour la période 2019-2023.

Ce document, rendu public ce mardi 22 mai, contient en effet des préconisations simples qui visent à atteindre de manière efficace et dans les délais souhaités les objectifs de notre transition énergétique.

Et pour les auteurs de ce document, il n’y a aucun doute : l’atteinte de ces objectifs est conditionnée par une double problématique de baisse de la consommation énergétique et de hausse de la production renouvelable.

« Pour l’Ademe, les enjeux de maîtrise de demande d’énergie et de développement des énergies renouvelables sont des facteurs clés de la lutte contre le changement climatique. Sans réduire fortement les consommations d’énergie, les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre apparaissent inatteignables », expliquent à ce titre les auteurs du cahier d’acteur de l’Ademe.

Baisser drastiquement la consommation d’énergie

La première préconisation de l’établissement public est donc de baisser drastiquement les volumes d’énergie consommée au sein de l’Hexagone : l’Ademe plaide en effet pour une réduction de 30% de la consommation française d’énergie finale d’ici l’horizon 2035, un effort qui permettra notamment de mettre la France sur la voie de la neutralité carbone prévue pour 2050.

Pour y parvenir, l’Agence estime qu’il sera essentiel de se concentrer sur une double priorité : la rénovation des bâtiments et l’évolution de nos modes de transport.

La baisse de la consommation d’énergie doit donc reposer sur un plan de rénovation massif des bâtiments existants ainsi que sur une mutation progressive des comportements de mobilité des personnes et des marchandises.

« Les baisses de consommation sont d’environ 30%, grâce à la rénovation énergétique performante de 500 000 logements par an. Pour les transports, elles sont de 50%, grâce à l’évolution des pratiques de mobilité et des technologies de propulsion des véhicules (gaz, électricité) qui devraient entraîner une baisse significative de la consommation de pétrole, dès 2030 ».

Développer la production d’énergies renouvelables

La seconde préconisation de l’Ademe est de doubler la part des énergies renouvelables dans notre mix énergétique afin d’augmenter de 70% la production renouvelable française d’ici l’horizon 2028.

En d’autres termes, la production renouvelable passerait de 290 TWh (en 2016) à près de 490 TWh en à peine une décennie. Une évolution considérée par les auteurs du rapport comme « techniquement possible » mais surtout « économiquement souhaitable » dans un contexte de hausse des prix des énergies fossiles.

La production de ces 200 GWh d’électricité supplémentaire doit passer par une forte croissance du secteur photovoltaïque (entre 27 et 30 GW de puissance installée en 2028) et éolien terrestre (entre 25,5 et 28 GW de puissance installée en 2028).

L’Ademe propose également de développer 6 GW de puissance éolienne en mer « en mettant en opération les 6 premiers parcs éoliens offshore avant 2023 et en mettant en place une nouvelle procédure d’appel d’offres ».

Le cahier d’acteur de l’Ademe plaide également pour le développement de trois autres filières renouvelables, notamment dans le cadre de la production de chaleur : le bois-énergie (hausse de 28 TWh d’ici 2028), la méthanisation (+27 TWh) et les pompes à chaleur (+21 TWh).

L’Ademe rappelle qu’au-delà des enjeux climatiques, la transition est également une véritable opportunité économique pour notre pays.

L’évolution du mix énergétique suggéré par ce cahier d’acteur permettrait en effet de créer jusqu’à 340.000 emplois d’ici 2035, alors que la réduction de la consommation énergétique engendrera une hausse de 7,5% du revenu disponible des ménages.