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Une PPE subordonnée à une loi de transition énergétique ruineuse (Tribune)

Nous sommes en plein dans la préparation de la PPE et mes amis de « Sauvons le climat », entre autres, interviennent assidûment auprès du « maître d’ouvrage » de la PPE pour y introduire le maximum possible de réalisme.

Malheureusement, la PPE est subordonnée à la loi de transition énergétique, LTECV que la Cour des Comptes dénonce comme inefficace et ruineuse.

Il devient urgent que le Parlement se saisisse de la LTECV et l’amende profondément… Mais peut-être n’est-ce là qu’un vœu pieux de l’incorrigible optimiste que je suis.

Voulez-vous frémir ? Devant une somme d’argent faramineuse. D’argent public. Dont la finalité est fortement controversée ? En voici une, piochée dans le dernier rapport de la Cour des comptes. Un rapport sur «le soutien aux énergies renouvelables».

Ce chiffre ? 121 milliards d’euros. Il est inéluctable.

Il représente en effet uniquement le montant du soutien public auquel s’est engagé l’Etat par les contrats signés avant 2017 au bénéfice des producteurs d’électricité d’origine éolienne et photovoltaïque (plus un chouïa de biométhane).

 

En résumé : le résultat est climatologiquement parlant dérisoire par erreur sur la cible de l’action, visant l’électricité au lieu de viser les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre, comme le chauffage ou les transports routiers.

Or, comme le système électrique français, dont le socle est constitué du nucléaire et de l’hydro-électricité, est déjà décarboné à près de 95%, il ne peut constituer une cible efficace pour l’action climatique..

Coûts du nouveau nucléaire

La Société Française d’Energie Nucléaire, SFEN, a publié un rapport sur les coûts du « nouveau Nucléaire », disponible sur le site www.sfen.org, dont voici de courts extraits :

Les premiers réacteurs de 3ème génération (EPR, AP1000, AES2006, …) vont bientôt être connectés au réseau et devront prouver leur capacité à fonctionner de façon sûre et efficace.

Cette étape est attendue avec sérénité par les exploitants et elle sera déterminante pour que d’autres réacteurs du même type soient décidés et construits dans le monde.

La construction de ces premiers réacteurs en Europe et aux Etats-Unis a révélé des hausses importantes des coûts.

Des facteurs structurels et conjoncturels ont poussé à ces hausses :

  • Des raisons génériques à l’ensemble de l’industrie (coûts des facteurs de production, coûts des matières premières, normes environnementales) ont contribué à ces hausses lors des 10 dernières années, et ont également impacté les filières gaz et charbon.
  • Des facteurs propres à la filière nucléaire ont aussi joué :
    • L’effet de « premier de série » (First Of A Kind) inhérent à tout équipement complexe et innovant comme un réacteur de Génération 3,
    • Certains choix technologiques économiquement pénalisants (dont systèmes de sûreté),
    • Supply chain à redémarrer : les constructions de réacteurs s’étaient interrompues (Etats-Unis, puis Europe, notamment) dans les dernières 20 à 30 années, avec pour conséquence les difficultés inhérentes à la remise en marche de l’ensemble  sous de nombreux aspects (gestion de grands projets, calage des schémas contractuels avec les fournisseurs, besoins d’investissement et de formation spécifiques à la filière nucléaire).

Rappelons que c’est déjà le cas pour le concept russe VVER 1200

La baisse des coûts de production sur les projets futurs est un impératif majeur auquel tous les industriels du nucléaire s’attèlent, partout dans le monde, avec des premiers résultats. Les trois composantes du coût total les plus déterminantes sont :

  • Le coût de construction initial, déduit du design et des modes de construction retenus
  • La tenue des délais sur le chantier
  • Le financement du projet

En France, avec le concept d’un EPR optimisé développé par EDF, une baisse des coûts « overnight » d’investissement jusqu’à de l’ordre de 30% apparait atteignable pour la SFEN.

L’objectif de réduire de plusieurs années la durée de construction des réacteurs, par rapport à Flamanville 3, ce qui dépend du site des tranches à construire, est à lui seul porteur de réductions de coût parmi les plus significatives.

La construction de paires joue aussi de façon directe.

Le nucléaire de 3ème génération est donc à même de permettre de conserver au mix électrique un socle pilotable, très flexible et très peu émetteur de gaz à effet de serre, s’articulant avec les énergies renouvelables telles le solaire et l’éolien et permettant le développement de ces énergies variables.

Un socle d’approvisionnement électrique décarboné est possible

En résumé, il apparait possible, via le nouveau nucléaire, de garantir à la France un socle d’approvisionnement électrique décarboné, flexible, à coût maîtrisé et prévisible à l’horizon 2050.

Les objectifs décrits dans cette note pour fonder ce nouveau nucléaire sûr et compétitif, issus de résultats historiques solides et du retour d’expérience capitalisé depuis 5 à 10 ans, sont atteignables, mais à certaines conditions.

Pour y parvenir, les auteurs attirent l’attention sur l’importance d’une décision rapide d’un programme de construction de réacteurs en France , avec mise en service d’une première paire aux alentours de 2030.

Puis d’un programme de 6 à 8 réacteurs au total. Une révision des cadres contractuels apparait aussi nécessaire : elle est aussi en bonne part de la responsabilité de l’Etat.

S’il n’était pas décidé de construire cette « assurance nucléaire », soit l’option nucléaire sera devenue impossible dans le long terme, soit les futurs réacteurs construits sur sol français et européen dépendront d’hypothétiques conditions d’accès aux filières restantes, probablement chinoise et russe.

De l’ordre de 6, soit 3 paires. Un tel programme, axé sur le nouveau concept d’EPR que Framatome finalise, permettrait d’atteindre un rythme suffisant pour l’industrie supérieur à une tranche par an, compte tenu des exportations attendues.

Ce rythme apparait très raisonnable en référence aux réalisations des années 80 (rythme significativement supérieur à 3 tranches/an).

Il permettra le début du renouvellement du parc, tout en laissant des marges significatives pour adapter la puissance du nouveau parc (à l’horizon 2050) aux réalités techniques, économiques et sociales de cet horizon encore lointain.

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