Polytechnique: l’implantation d’un bâtiment de Total sur le campus fait polémique

“Polytechnique n’est pas à vendre”: des élèves de la prestigieuse école d’ingénieurs s’opposent à la construction prévue début 2020 d’un centre de recherche et d’innovation de Total sur leur campus du plateau de Saclay, a-t-on appris mercredi.

Ce bâtiment, d’une surface totale de 10.000 m2, doit accueillir 400 personnes, dont 200 salariés du géant pétrolier, pour travailler sur la “décarbonation des énergies”, selon l’école Polytechnique.

En parallèle de ce projet, voté à l’unanimité au conseil d’administration de l’école en juin 2018, Total va financer une chaire d’enseignement sur les “défis technologiques pour une énergie responsable”.

Comme l’a révélé Mediapart, des étudiants contestent ce projet qui risque, selon eux, de conférer à l’entreprise un “grand pouvoir d’influence”.

“Total ne se contente pas de faire du lobbying à Bruxelles”, écrivent les étudiants sur un site internet dédié à leur mobilisation, dénonçant la “stratégie d’influence” du groupe pétrolier au sein de l’école.

Ces étudiants y voient une “ingérence du privé” au sein d’une école ayant pour mission de “former des ingénieurs au service de l’intérêt général”.

“Certains d’entre nous seront amenés à décider de la politique énergétique française. Malgré notre capacité de raisonnement, on est en mesure de se faire influencer par Total, d’autant qu’on n’en verra ici que l’aspect +bas carbone+”, s’inquiète un étudiant sous couvert d’anonymat.

Les opposants assurent par ailleurs n’avoir été informés de ce projet qu’en décembre dernier, avec la publication d’un article dans le journal des étudiants. Lors d’une consultation organisée par le bureau des élèves, 61% des votants se sont ensuite prononcés contre le projet.

“Il n’y a rien de révolutionnaire dans ce partenariat. Au sein de l’école, 25 laboratoires travaillent déjà avec des entreprises”, rétorque un porte-parole de l’Ecole Polytechnique précisant que d’autres entreprises sont déjà implantées sur le campus, comme EDF, Thalès ou Danone.

“On ne s’associe pas avec Total dans le domaine de la pétrochimie ou des énergies fossiles, mais sur l’énergie décarbonée. Ce sont des axes de recherches qui vont dans le bon sens pour développer les énergie renouvelables”, estime l’école.

Contacté par l’AFP, Total a indiqué chercher, avec ce projet, à “répondre à l’enjeu du changement climatique” en renforçant “ses partenariats de recherche dans le domaine des énergies bas carbone”.

“Depuis 2018, la directrice du projet a multiplié les réunions avec les représentants des étudiants […] pour prendre en compte leurs attentes “, a affirmé une porte-parole du groupe.
aba-jmi/jt/dlm

 

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