Le pétrole glisse malgré la réduction de production russe, la demande inquiète

Les prix du pétrole commençaient la semaine en baisse lundi, malgré l’annonce de la Russie la semaine dernière d’une réduction de sa production, les préoccupations autour de la demande à court terme revenant sur le devant de la scène.

Vers 15H40 GMT (16H40 à Paris), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril perdait 0,72% à 85,77 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mars, reculait de 0,65% à 79,20 dollars.

Après avoir grimpé vendredi après l’annonce de la Russie d’une baisse de sa production en mars de 500.000 barils par jour, les deux références mondiales du brut glissaient lundi, « la situation de la demande à court terme revenant au premier plan », selon les analystes d’UBS.

« Dans un contexte de perspectives économiques incertaines dans de nombreuses grandes économies consommatrices de pétrole, comme les États-Unis, l’Europe et même la Chine cette année, la capacité de la Russie à faire bouger les marchés mondiaux par elle-même pourrait être limitée », estime Stephen Innes, analyste chez SPI AM.

Les espoirs de reprise de la demande chinoise, premier importateur de brut au monde, avaient poussé les prix du pétrole à la hausse depuis l’abandon des strictes mesures sanitaires qui isolaient le pays. Mais les investisseurs attendent toujours des signes concrets.

La décision russe a été annoncée vendredi par le vice-Premier ministre chargé de l’Energie, Alexandre Novak, quelques jours après l’entrée en vigueur de l’interdiction par l’Union européenne des importations de produits pétroliers russe et d’un prix plafond par les pays du G7 sur ces produits.

Si le marché a été « secoué » vendredi, Stephen Brennock, de PVM Energy relativise les conséquences réelles de l’annonce, qui avait été signalée « depuis un certain temps ».

« Moscou n’a cessé de faire allusion à cette réduction depuis que l’UE et le G7 ont commencé à plafonner le prix du brut russe en décembre », rappelle-t-il.

Et malgré ce premier embargo européen et plafonnement du brut imposé depuis début décembre par l’Union européenne, le G7 et l’Australie sur le brut russe, la Russie a augmenté de 7,6% ses exportations de pétrole en 2022, à 242 millions de tonnes, a annoncé lundi M. Novak.

Plus touchées par les sanctions internationales, les exportations de gaz russe se sont quant à elles écroulées de 25,1% en 2022, a-t-il ajouté.