Perspective pour le réseau électrique national : de la cécité volontaire au blackout : noir c’est noir !

Sous la pression des Pouvoirs Publics, RTE(1), sans regimber, se résigne à l’inacceptable, alors qu’il est encore possible de réduire le risque, désormais avéré, de défaillance majeure du réseau électrique dans les années qui viennent.

Il s’agit d’appeler énergiquement à reconsidérer des mesures de fermetures d’installations de production déjà programmées, décisions idéologiques prises par unique souci d’afficher ostensiblement l’engagement vert de la France.

Aucun bénéfice tangible pour le climat n’est à en attendre, alors que ce faisant, on bafoue toutes les règles de prudence s’agissant de l’équilibre du réseau électrique.

Vers un avenir électrique intermittent ?

« Avoir les pieds dans l’eau » signifie, en général, qu’on connaît une situation d’attente inconfortable, mais RTE avait cru pouvoir inverser le sens de la formule en comptant justement sur l’éolien offshore, pour reconstituer les marges qui vont cruellement manquer au réseau national dans les années qui viennent.

Las, les six projets éoliens offshore les plus avancés connaissent tous des retards conséquents (le premier, celui de Saint Nazaire, ne commencera à produire qu’en 2023) et on s’achemine inéluctablement vers une période de grande incertitude quant à la capacité du réseau à pouvoir accorder demande et offre avec un bon degré de confiance.

Ce risque, puisqu’il faut l’appeler par son nom (produit de la probabilité d’un tel événement par ses conséquences) apparaît ici particulièrement élevé, sans pour cela devoir inventer des configurations abracadabrantes.

  • D’un côté la possibilité d’un mode commun climatique de type lentille froide posée durablement sur la partie ouest de l’Europe et limitant notablement la puissance éolienne disponible en France et dans les différents pays qui lui sont connectés (et ce d’autant que le mix électrique de ces pays est riche en moyens éoliens).
  • De l’autre la contrainte de délestages profonds, voire l’occurrence d’un blackout, dont il est loisible de penser qu’il n’affecterait pas seulement la France.

Peut-on faire courir un tel risque à nos sociétés et à nos économies devenues totalement électro-dépendantes, surtout en s’y exposant volontairement ?

Encore, RTE base t-il ses prévisions sur des consommations stables voire en légère baisse, ce qui peut paraître surprenant car même en considérant que l’efficacité énergétique progresse partout, l’incitation forte à transférer des usages carbonés vers l’électricité devrait, entre autres, avoir quelques conséquences, pour ne parler que de la mobilité électrique, tout à fait emblématique.

On pourrait maintenir la tension…. en la faisant baisser !

En regard, certaines décisions annoncées apparaissent particulièrement inconséquentes. La règle d’or de l’alpinisme est en effet de ne lâcher une prise que lorsqu’on s’est assuré d’une autre et ce principe, qui s’applique partout, semble pourtant ne pas valoir pour le réseau national

Alors que la situation s’annonce tendue voire critique avec un jeu d’hypothèses qui n’a rien de fantaisiste, RTE n’incite pas les Pouvoirs Publics à vouloir bien reconsidérer certaines de leurs injonctions.

  • Ainsi le report de l’arrêt des dernières centrales charbon n’est-il pas considéré sérieusement (sauf Cordemais (4)). Rarement utilisées (qq centaines d’heures par an, au plus), mais toujours dans des situations difficiles pour le réseau, elles restent capables d’offrir 3 GWe en soutien à la demande, ce qui est considérable.

Ces centrales sont l’otage de notre volonté de montrer à nos voisins, voire à la planète tout entière, que la France est un bon élève climatique et qu’elle fait le ménage jusque dans les coins, chassant implacablement l’escarbille.

Leur contribution en CO2 est marginale dans l’absolu mais peut paraître énorme en relatif dans un système électrique qui n’en produit quasiment pas et c’est cet argument de courte vue qui est brandi par les contempteurs les plus radicaux.

  • Quant à différer l’arrêt des 1,8 GWe de Fessenheim, décarbonés et programmables, ce doit être un casus belli pour ces mêmes ayatollahs verts. Il est vrai que la réduction du poids du nucléaire dans le mix électrique est, depuis le départ, le passager clandestin du navire « transition énergétique » et que cet alien a pris dans l’intervalle possession de la passerelle.

L’arrêt de Fessenheim (programmé en 2020) n’a évidemment rien à voir avec une quelconque préoccupation climatique, mais au contraire, tout à devoir aux ennemis jurés du nucléaire, qui ont réussi à mettre un pied dans la porte et ne vont pas s’arrêter en si bon chemin, la PPE (2) constituant même leur feuille de route.

A la décharge de RTE, le nouveau retard de l’EPR de Flamanville (1,65 GWe) creuse le déficit, mais dans ce cas, pourquoi maintenir coûte que coûte le découplage entre l’arrêt de Fessenheim et l’entrée en lice de l’EPR, une clause de prudence qui avait été initialement retenue, laquelle respecte la disposition de puissance nucléaire maximale installée, contenue dans la loi de 2015.

Mordre la main qui nourrit

Le nucléaire gênerait-il le développement des renouvelables ? C’est en tous cas un argument répété à l’envi, comme un mantra.

Mais la réalité est toute autre, les productions renouvelables sont prioritaires sur le réseau et les autres composantes du système doivent s’adapter en miroir, le nucléaire en premier, qui rend donc possible le développement massif des EnR sans trop grever le bilan carbone du système électrique (lequel, comme en Allemagne ou en Espagne doit recourir massivement aux sources carbonées pour palier l’intermittence des EnR).

Le nucléaire français est souple et cette qualité insigne, qu’il lui a fallu développer du temps de son omnipotence, se retourne contre lui, sans que pour autant ses détracteurs le reconnaissent, or ce service rendu l’est clairement à son détriment.

Moins utilisé et moins bien rémunéré, deux conséquences directes du déversement inconditionnel des EnR sur le réseau, le nucléaire dont les coûts fixes sont incompressibles et les coûts variables faibles, s’éloigne de plus en plus de l’optimum technico-économique pour lequel il a été pensé, un cadre dans lequel il a rendu d’éminents services au pays.

Dans un tel contexte, on comprend mal la hargne des opposants ligués à la perte d’un nucléaire qui sous-tend l’épanouissement de leurs champions et leur permet de faire illusion, puisque le développement de ceux-ci progressent sans conséquences dommageables en termes de continuité de la fourniture.

Le consommateur ignorant largement les arcanes sous-jacents, ne fait pas la bonne corrélation avec l’augmentation des prix du courant (évidemment imputée au nucléaire dont les coûts sont pourtant remarquablement stables depuis des années) et l’envol des taxes sur les carburants, désormais source du soutien de l’Etat au développement des EnR électriques.

En fait, la véritable gêne au développement « sans entrave » des EnR, surtout de l’éolien, vient des riverains qui, de plus en plus systématiquement, lèvent les fourches contre les nuisances et pour la protection des paysages, rarement pour des raisons plus systémiques.

Dès avant le forfait, le coupable est déjà connu

Le pire n’est jamais sûr, certes, mais l’adage pourrait ne constituer qu’une faible protection devant l’inéluctable si on persiste à vouloir méthodiquement brûler ses atouts.

Pourtant, il est clair que si un blackout devait advenir ou si de lourdes et longues coupures tournantes s’imposaient, un coupable est déjà tout désigné à la vindicte : le nucléaire !

Elément dominant du mix, c’est vers lui que se tourneraient les regards inquisiteurs, arguant, entre autres, d’une moindre disponibilité constatée de l’ensemble de la flotte qui réduirait considérablement les marges.

L’argument n’est pas sans fondement alors que depuis des années la disponibilité globale du nucléaire chute, laquelle pourra difficilement remonter dans les temps qui viennent. En effet, la famille des réacteurs de 900 MWe entre progressivement dans la séquence des quatrièmes révisions décennales, avec donc des arrêts pour maintenance prolongés du fait de l’importance des contrôles et des travaux à conduire.

Mais RTE est bien au fait de ces éléments de politique industrielle qui sont quantifiés et planifiés depuis longtemps et qui font partie de la donne s’agissant d’équilibrer demande et offre électrique, sa mission cardinale.

Funambules sur un fil électrique

L’opinion, à qui on présente avec constance l’inverse de la réalité, s’est accoutumée à marcher sur la tête. Voir pousser partout les mats éoliens et s’étendre davantage les champs photovoltaïques, sans conséquence aucune sur la baisse des émissions de CO2 n’étonne donc pas et demander de faire sciemment des efforts insignes pour décarboner à prix d’or un système électrique qui l’est déjà paraît logique, même quand tout reste à faire ailleurs.

Cette même opinion plébiscite l’exercice et en redemande, NIMBY(3), bien évidemment, mais sans réaliser vraiment qu’RTE ne pourra à la fois satisfaire aux injonctions du politique (vertes, conjoncturelles et laxistes) et à celles de la physique des systèmes électriques (incolore, immuable et implacable).

In fine, on peut pourtant rêver qu’imposer une marche sur un fil, sur la tête et dans le noir, éveille quelques suspicions.

 

————– 

(1) RTE : Réseau de Transport d’Electricité

 

(2)PPE : Planification Pluriannuelle de l’Energie

 

(3) NIMBY : Not In My Backyard

 

(4) Centrale thermique charbon de Cordemais (1,2GWe) située sur la Loire en aval de Nantes, appui clé de l’alimentation de la Bretagne, pour laquelle existe un projet de reconversion temporaire (charbon => biomasse) dit « Ecocombust » avec limitation de la durée de fonctionnement (800h/an/tranche) et perspective de fermeture définitive en 2023.

A noter que la centrale à gaz de Landivisiau (0,6 GWe) sur laquelle RTE compte s’appuyer pour sécuriser l’alimentation de la Bretagne, mais ayant fait l’objet de recours, n’entrera finalement en service qu’en 2023.

commentaires

COMMENTAIRES

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    Article extrêmement intéressant et en le lisant je me suis posé une question tout de suite. Le nucléaire est mis en position extrêmement délicate, plus par le dogmatisme et la politique et l’on sent bien que le déploiement des REN non pilotables n’a pas comme but principal de limiter nos émissions de CO2 puisqu’il n’y a pas grand chose à éliminer dans ce domaine et c’est même plutôt l’inverse qui se produira in fine. Alors si le but n’est pas de faire baisser le CO2, quel est-il ?
    Candide (pour la circonstance).

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      L’objectif d’arrêter le nucléaire ? Faire plaisir aux écolos, pardon, escrolos qui n’y connaissent rien en terme de réseau électrique et de gestion du parc de production (installations, construction et gestion des déchets de tous les moyens de production). Ou plutôt, qui ne veulent pas connaître. Ils s’enferment de leur idéologie purement dogmatique sans aucun fondement factuel. Et Hollande s’est fait embobiner là dessus en votant la fermeture de Fesseinheim.

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    Bonjour, sur quelles sources est basé cet article anxiogène ?
    Risques de blackout ? Quand, comment, pourquoi ? Qui prétend ça, et sur quelles sources (fiables) ?
    Sans vouloir nier les problématiques, l’angle d’attaque de l’article me semble viser à côté. RTE ne décide pas quelle centrale ferme ni quand, ni quelles centrales construire et où.

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    La position de RTE est le reflet de la position de l’ancien directeur de l’Ademe, Mr Brottes qui a été nommé par F.Hollande Président du directoire de RTE apres avoir été patron de l’Ademe. Il fait tout ce qu’il peut pour favoriser les ENR, et est un antinucléaire. L’état lui a demandé ( ou lui même a t’il proposé?) de prendre en charge le financement des réseaux de l’éolien offshore à hauteur de 500 Millions d’€ par parc, ce qu’il a accepté sans problème. Pendant ce temps les incidents sur le réseau existant vont se multiplier par insuffisance de maintenance et il est prévu d’augmenter la part RTE sur nos factures.

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      Lebas, c’est absolument effrayant ce que vous nous dites là. Comment un homme seul, fut-il haut-fonctionnaire, peut-il porter seul la responsabilité d’une telle attitude ? S’il entend présenter la facture aux Français, il risque d’avoir quelques difficultés. Très sincèrement, je ne crois pas ça possible.

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    L’article vise délibérément RTE qui n’est en rien responsable de la production d’énergie. RTE exploite le réseau français de Transport d’énergie et régule les charges des lignes HT, les échanges import/export d’énergie … C’est EDF qui est en charge d’anticiper les ressources de production d’énergie vis à vis des évolutions de consommations, que ce soit nucléaire, thermique, éolien, solaire ou tout autre énergie renouvelable.
    Les risques de blackout viennent aujourd’hui plus souvent de l’interconnexion des réseaux à l’échelle européenne ou intercontinentale, ayant pour conséquence de faire remonter au réseau international des risques liés à la faiblesse structurelle de certains réseaux régionaux.
    Je rejoins le commentaire de Francky : quelles sont les sources de l’article ?

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    • Gérard PETIT

      Bonsoir, merci pour votre commentaire,

      RTE, outre son activité de transporteur HT et THT a la charge d’assurer en temps réel l’équilibre production-consommation, mais pour y parvenir en conservant des marges, RTE se préoccupe de demain et d’après demain et à ce titre, doit impérativement tirer le signal d’alarme (a minima allumer des « warnings ») si les prévisions montent que cet équilibre peut être mis à mal en particulier durant les pointes de consommation.

      L’objet de mon papier est de pointer la relative complaisance de RTE vis-à vis de décisions qui évidemment ne lui incombent pas, mais qui pourraient l’empêcher d’exercer correctement sa mission. On peut juger ce papier pessimiste et statistiquement, il est probable que tout finira par bien se passer, mais il m’est apparu bien inconséquent pour RTE d’accepter de se mettre délibérément en danger.
      François Brottes le puissant patron de RTE, qui vient du monde politique, se fait le héraut de la Transition Energétique, ce qui n’est pas son rôle et pour en favoriser l’avènement, il tient des propos lénifiants sur l’impact de la montée en puissance des EnR quant à la capacité du réseau à faire face à la demande, faute d’investissement en parallèle dans des unités pilotables.

      Contrairement au passé, où un service de la « Direction Production-Transport », d’EDF, appelé « Mouvement d’Energie » assurait en temps réel l’équilibre production-consommation avec comme outils le dispatching national et les dispatchings régionaux, appuyée sur programmation pluriannuelle des moyens mis en regard de prévisions, EDF n’a plus aujourd’hui cette charge, mais cette évolution, pourtant majeure, est mal connue . Ayant quitté dans l’intervalle le statut d’EPIC pour celui de SA, EDF est devenu de ce fait un simple fournisseur du réseau (certes l’acteur pesant le plus lourd, mais qui doit entre autres compenser en miroir les variations des EnR prioritaires.. et vendre son courant à prix courant via l’ARENH à ses concurrents).

      Enfin, à propos de mes sources, j’ai répondu directement à FRANCKY , mais ce sont assurément les mêmes que les vôtres, les sites publics dont celui de RTE, seule notre lecture de ce qu’on y trouve peut différer.

      Ci-dessous, un extrait du site RTE décrivant sa vision de l’avenir électrique du pays, mais que vous connaissez sans doute.

      La sécurité d’approvisionnement en électricité 2019-2025 : Une période charnière pour le système électrique français, en pleine dynamique de transition énergétique.
      20-11-2019

      Mercredi 20 novembre 2019, RTE, Réseau de Transport d’Electricité, publie son diagnostic sur la sécurité d’approvisionnement en électricité de la France, à l’horizon 2025.

      Durant l’hiver 2019-2020, RTE estime que l’approvisionnement en électricité devrait être assuré, à températures de saison.
      A l’horizon 2025, RTE prévoit que la transition énergétique s’accélère et que le système électrique français entre dans une période charnière marquée par une forte diversification et une décarbonation du mix électrique : accélération du rythme de développement des énergies renouvelables, fermeture de 5 GW de capacités de production – 1,8 GW de nucléaire (Centrale de Fessenheim) et 3 GW de centrales au charbon (Saint-Avold, Gardanne, Le Havre et Cordemais)- et du retard pris dans la mise en service du réacteur EPR de Flamanville. La consommation reste, quant à elle, stable.

      RTE identifie une dynamique en trois périodes :

      2019-2022 : Un système électrique ajusté au plus près des besoins

      Durant l’hiver 2019-2020, la sécurité d’approvisionnement devrait être assurée grâce à des capacités de production supérieures à l’an passé, en particulier hydrauliques et nucléaires. Les capacités d’échanges avec les autres pays européens ont également été optimisées. En cas de vague de froid, compte tenu de la disponibilité prévisionnelle actuelle du parc de production français, le risque de tension sur le système électrique est globalement moindre que l’hiver dernier, en particulier en janvier et février 2020.

      Après l’hiver 2019-2020, la centrale de Fessenheim ainsi que les premières centrales au charbon ferment.

      Ces fermetures sont compensées par la mise en service du CCG de Landivisiau, la poursuite du développement des énergies renouvelables et la mise en service de deux interconnexions avec la Grande-Bretagne et l’Italie.

      2022-2023 : Une sécurité d’approvisionnement sous vigilance

      La fermeture des moyens de production thermiques se poursuit avec l’arrêt des dernières centrales au charbon. En complément, le parc nucléaire connaît un programme chargé de visites décennales, entamant sa disponibilité.
      De nombreux pays européens réalisent, dans le même temps, la fermeture de moyens de production thermiques à flamme et nucléaires.
      Si le développement des énergies renouvelables se poursuit durant cette période, en l’absence de mise en service de l’EPR de Flamanville, il ne suffit pas à compenser les fermetures réalisées.
      Afin de sécuriser l’approvisionnement en électricité, RTE identifie trois leviers d’action :
      • La maîtrise de la consommation ;
      • L’optimisation du placement dans l’année et de la durée des arrêts des réacteurs nucléaires ;
      • Le maintien en disponibilité ou la conversion à la biomasse d’un ou deux groupes de la centrale de Cordemais, tant que l’EPR n’est pas mis en service. Sans préjudice de l’économie des centrales, le fonctionnement, pendant les périodes de tension du système électrique, est compatible avec les plafonds annuels d’émissions envisagés pour l’application de la loi énergie-climat.

      2023-2025 : Une combinaison de facteurs plus favorable

      La sécurité d’approvisionnement en électricité devrait s’améliorer avec l’accélération des mises en service de moyens de production renouvelables (parcs éoliens en mer en particulier), un programme de maintenance des centrales nucléaires plus favorable et la mise en service de l’EPR de Flamanville.

      Conformément aux dispositions prévues par la loi, le diagnostic annuel de RTE sur la sécurité d’approvisionnement en électricité, appelé également « bilan prévisionnel pluriannuel », a pour objectif d’identifier les risques de déséquilibre entre les besoins de la France métropolitaine continentale et l’offre d’électricité disponible pour les satisfaire. Il est établi en concertation avec l’ensemble des acteurs du secteur (producteurs, fournisseurs, distributeurs d’électricité et de gaz, ONG, organisations professionnelles, universitaires et think-tanks, institutions).

      Répondre
    • Gérard PETIT

      Je réitère en format réduit un commentaire pour Frédéric déjà posté mais qui n’a pas été affiché

      RTE, outre son activité de transporteur HT et THT a la charge d’assurer en temps réel l’équilibre production-consommation, mais pour y parvenir en conservant des marges, RTE se préoccupe de demain et d’après demain et à ce titre, doit impérativement tirer le signal d’alarme (a minima allumer des « warnings ») si les prévisions montrent que cet équilibre peut être mis à mal en particulier durant les pointes de consommation.

      L’objet de mon papier est de pointer la relative complaisance de RTE vis-à vis de décisions qui évidemment ne lui incombent pas, mais qui pourraient l’empêcher d’exercer correctement sa mission. On peut juger ce papier pessimiste et statistiquement, il est probable que tout finira par bien se passer, mais il m’est apparu bien inconséquent pour RTE d’accepter de se mettre délibérément en danger.
      François Brottes le puissant patron de RTE, qui vient du monde politique, se fait le héraut de la Transition Energétique, ce qui n’est pas son rôle et pour en favoriser l’avènement, il tient des propos lénifiants sur l’impact de la montée en puissance des EnR quant à la capacité du réseau à faire face à la demande, faute d’investissement en parallèle dans des unités pilotables.

      Contrairement au passé, où un service de la « Direction Production-Transport » d’EDF emblématique de l’Entreprise intégrée d’alors, appelé « Mouvement d’Energie » assurait en temps réel l’équilibre production-consommation avec comme outils le dispatching national (qui pilotait aussi la production)et les dispatchings régionaux, EDF n’a plus aujourd’hui cette charge, mais cette évolution, pourtant majeure, est mal connue . Ayant quitté dans l’intervalle le statut d’EPIC pour celui de SA, EDF est devenu de ce fait un simple fournisseur du réseau (certes l’acteur pesant le plus lourd, mais qui doit entre autres compenser en miroir les variations des EnR prioritaires.. et vendre son courant à prix courant via l’ARENH à ses concurrents).

      Enfin, à propos de mes sources, j’ai répondu directement à Francky Ce sont assurément les mêmes que les vôtres, LTECV de 2015, les différentes PPE, les bilans et prévisions de RTE,…seule notre lecture de ce qu’on y trouve peut différer.

      Répondre
  • Gérard PETIT

    Bonjour Francky,

    Ces réflexions sont celles d’un citoyen lambda qui s’intéresse à ce sujet et qui lit les chiffres officiels dans les publications officielles (LTCEV, PPE, rapports CRE et RTE,…) mais qui regarde aussi les chiffres d’ailleurs. Les Allemands en particulier ont beaucoup documenté leur Energiewende et par comparaison, il est tout à fait instructif de voir comment ce pays gère ses marges électriques, car elles nous intéressent au premier chef.

    En l’occurrence Il ne s’agit pas jouer (de manière malsaine) à se faire peur, mais une considération sans biais des données et des perspectives annoncées peut raisonnablement faire penser qu’on s’apprête à jouer avec le feu.
    Le tout récent rapport de la Commission Parlementaire présidée par le député Aubert (N° 2195 ) ne dit pas autre chose.

    Mes conclusions peuvent évidemment ne pas être partagées, mais c’est aussi l’intérêt de les exposer.

    Le fait que la France soit exportatrice nette d’électricité et même soit redevenue le n°1 en Europe, ne doit pas faire illusion, l’excèdent moyen et le défaut à la pointe peuvent hélas être compatibles.

    Quelques chiffres :

    Actuellement, notre puissance électrique pilotable (thermique et nucléaire) est de 84 GWe à condition que tous ces moyens soient disponibles, ce qui n’est jamais le cas et le sera d’autant moins que la flotte nucléaire entre dans un cycle long de révisions lourdes qui créera d’importantes indisponibilités structurelles.
    A ces moyens il faut ajouter l’hydraulique qui peut offrir 15 GWe en mobilisant vraiment tout son potentiel.
    Au total donc, 99 GWe, une valeur repère, mais dont la concrétisation physique est improbable.
    Il est sage de considérer que solaire et éolien ne seront que d’un faible apport en situation météorologique froide et stable, même si RTE table sur une valeur talon de 10% de la puissance installée (soit 2,4 GWe, 1,8 GWe si on retire le solaire).

    La pointe de consommation de l’hiver 2012 a été de 102 GWe au cours d’une situation anticyclonique qui a affecté durablement toute l’ouest de l’Europe.
    En France, à cette époque, c’est grâce à des importations massives que les pointes ont pu être passées et ce, de justesse.
    Il faut savoir qu’actuellement, à cause d’une moindre disponibilité du nucléaire, et tous autres moyens convoqués (charbon, turbines fioul,..)nous nous appuyons sur des importations conséquentes.

    L’Allemagne malgré l’imposant développement des EnR a conservé beaucoup de ses moyens pilotables (hors les 6 unités nucléaires arrêtées immédiatement en aval de FuKushima) et dispose actuellement de 118 GWe mobilisables pour une pointe de consommation historique de 82 GWe.
    Elle constitue donc actuellement, par ces capacités exportatrices, notre assurance électrique.

    Mais chacun le sait, l’Allemagne sortira définitivement du nucléaire en 2022 et veut également réduire, à la même échéance, sa flotte charbonnière. Au total sa capacité pilotable sera ainsi diminuée de 22 GWe, autant de marges qui pourraient manquer à la France…
    A noter également que les prévisions de consommation électrique en Allemagne étaient prévues à la baisse sur le moyen terme, mais qu’on constate leur maintien.

    In fine, je posais simplement la question suivante : est-il judicieux dans le contexte décrit, où la France est déjà en lourd déficit structurel en moyens pilotables de vouloir diminuer cette capacité de 4,8 GWe, soit presque 6% ?

    Apparemment, votre commentaire montre que ma réponse n’est pas triviale, dont acte.

    Bien cordialement à vous.

    Gérard Petit

    Répondre
    • Avatar

      Bon, la réponse de Gérard semble claire et bien argumentée. sa conclusion est difficilement contestable. En ramenant un peu la couverture à moi, mais je le dis donc je serai pardonné, je pense que ça renforce mes propos sur l’impasse du développement exacerbé des renouvelables non pilotables, tout le monde sait ici desquels je parle.

      Répondre
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