Le numérique au service d’un nouvel effort de réduction de la consommation

L’ambition était prometteuse, mais le plan de rénovation énergétique à 340 milliards d’euros entrepris il y a dix ans n’a malheureusement pas porté ses fruits. La France ne reste cependant pas sur une défaite et a appris des erreurs passées pour relancer un plan aux objectifs similaires – notamment de réduire la consommation énergétique du pays-, mais aux moyens accrus.

340 milliards d’euros investis en 10 ans et aucune baisse de consommation d’énergie… Il s’agit là du triste bilan rapporté par Axel Gedaschko, président de GdW, la plus grande fédération allemande de sociétés immobilières, dans un rapport.

Ces travaux pharaoniques comprenaient le changement de fenêtres, de nouveaux systèmes de chauffage et l’isolement des façades. Pourtant, malgré les gigantesques investissements, la consommation énergétique, qui avait baissé de 31% entre 1990 et 2010, est depuis restée au même niveau.

En 2010, un foyer consommait en moyenne 132 kilowattheures thermiques par mètre carré. En 2018, il en consomme… 130.

Les causes à effets

La GdW souligne plusieurs causes à la stagnation de la consommation. La première serait le fameux « effet rebond » : dans des logements mieux isolés, les occupants auraient amélioré leur confort en augmentant la consigne de chauffage. S’ajoutent à cela de potentielles rénovations inefficaces.

« Nous devons abandonner les rénovations énergétiques et les isolations de plus en plus chères, et opter pour une fabrication d’énergie décentralisée faible en carbone, avec des techniques numériques d’évitement des émissions », a déclaré Axel Gedaschko. L’étude de la GdW ne donne pas de détails sur « l’effet rebond ». Cela semble être plus une hypothèse de leur part qu’une observation.

Une étude américaine réalisée en 2018 sur 30 000 foyers dans le Michigan a justement cherché à observer cet « effet rebond » post-rénovation. Ses conclusions sont que les occupants n’ont pas modifié les températures de leurs logements de manière significative. Il n’y a donc pas eu d’effet rebond.

Et maintenant ?

L’étude pragmatique faite par la GdW interpelle. Mais la recommandation d’arrêter les travaux d’isolation semble être un raccourci fallacieux. Il paraît nécessaire de compléter cette étude en observant l’ensemble des variables significatives :

  • l’impact des nouveaux usages (électroménager, électronique),
  • l’évolution de la densité d’occupation,
  • l’évolution des comportements (température de consigne de chauffage, ouverture des fenêtres, etc.),
  • la qualité des travaux d’isolation, notamment.

Mettre à la poubelle les travaux d’isolation des bâtiments est plus que périlleux dans la quête de décarbonation d’une industrie qui représente plus de 35% de la consommation énergétique mondiale…Axel Gedaschko recommande également « d’opter pour une fabrication d’énergie décentralisée faible en carbone, avec des techniques numériques d’évitement des émissions ».

Il s’agit du concept de microgrid. La GdW propose de renforcer la production d’énergie renouvelable locale et de moduler la consommation en fonction de la disponibilité d’énergie (le solaire et l’éolien étant par nature intermittents).

Pour ce faire, il faut alors connecter les systèmes techniques énergivores pour les piloter en fonction des capacités du réseau. Cette proposition s’inscrit dans une tendance de fond qui consiste à mieux mesurer et optimiser les équipements techniques des bâtiments.

Il est donc essentiel d’utiliser des outils permettant de connecter et de piloter facilement les bâtiments. Cela permettrait de pérenniser les réductions de consommation énergétique pour des coûts drastiquement inférieurs à ceux des travaux d’isolation.

Les recommandations faites par Axel Gedaschko vont d’ailleurs dans ce sens. Malgré tout, la qualité d’isolation est une composante essentielle de la performance d’un système thermodynamique.

Le travail de décarbonation nécessite qu’un large éventail de compétences s’y dédie.

Les dernières années ont apporté leur part de nouveautés et d’améliorations, et les avancées numériques sont au cœur d’une deuxième tentative réussie vers la rénovation énergétique et la réduction de la consommation. Les outils habituels bénéficient d’une performance optimale grâce aux méthodes nouvelles complétant les lacunes du premier plan de 2010.

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