Nucléaire – Les élus se bousculent pour accueillir les réacteurs EPR2

Nucléaire – Les élus se bousculent pour accueillir les réacteurs EPR2

Une tribune signée Alain Desgranges, ingénieur en génie atomique, membre de l’ONG PNC-France et porte-parole du collectif d’élus et d’anciens cadres de la centrale du Blayais.

Le premier lot de six EPR 2, faisant partie d’un programme décidé par Emmanuel Macron dans le cadre de son plan de relance du nucléaire, a trouvé ses sites d’implantation avec Penly, Gravelines et Bugey (ou Tricastin) grâce au soutien des présidents de leurs régions. Un deuxième lot de huit réacteurs EPR 2 en option offre une possibilité de rattrapage pour les régions qui veulent profiter du retour en grâce de cette énergie vertueuse.

Alors que la crise énergétique suscite un regain d’opinions positives en faveur de l’énergie nucléaire, reconnue par 2 français sur 3 comme une énergie d’avenir (1), et que l’arrêt dans quelques années des réacteurs de l’ancienne génération inquiète de plus en plus la population riveraine et leurs élus, la possible implantation de réacteurs de nouvelle génération sur les sites existants est ressentie comme l’une dernière chance à ne pas laisser passer.

EDF a en effet précisé que le choix des futurs sites qui accueilleront les réacteurs EPR 2 (deux par site) sera fondé sur trois critères d’ordre technique (source froide), foncière et politique (acceptation sociale). Les deux premiers critères feront l’objet d’une étude par EDF, pour autant que le troisième critère soit avéré.

C’est dire l’importance donnée au soutien des élus qui in fine sera déterminant, quel que soit le prix des travaux qui seront nécessaires pour répondre aux exigences techniques d’EDF, indispensables pour assurer le fonctionnement en toute sûreté d’une paire d’EPR 2.

Des Ardennes aux pays de la Loire, les territoires se mobilisent pour mettre en avant leurs sites respectifs. Mais ils ne sont pas les seuls. Cette opportunité n’a pas échappé aux élus de la Haute Gironde.

Ce territoire défavorisé sera lourdement handicapé lorsque les quatre réacteurs de la centrale du Blayais seront arrêtés définitivement. Une échéance qui est espérée la plus lointaine possible, mais qui finira bien par arriver.

L’histoire retiendra peut-être que c’est dans le petit village de St-Aubin de Blaye qu’est née le 1er Décembre 2022, une espérance qui paraissait un peu folle de voir un jour l’implantation sur le site du Blayais d’une nouvelle installation nucléaire qui garantira au territoire de la Haute Gironde un siècle de prospérité.

Ce jour-là, Alain Rousset président PS de la Région Nouvelle Aquitaine, a fait connaître son accord pour vérifier la compatibilité de ce site avec les exigences techniques d’EDF. L’aboutissement d’une action menée par un Collectif d’élus de Haute Gironde et d’anciens cadres de la centrale du Blayais (2). Une démarche portée par la conviction que ce site dispose de tous les atouts pour être éligible à l’accueil d’une nouvelle installation nucléaire et qui rencontra son public.

Des motions favorables à ce projet émergèrent alors dans tous les cercles d’influence, notamment dans les trois communautés de communes du territoire de la centrale, mais aussi dans le milieu industriel représenté par la CCI de Bordeaux. Des parlementaires de Gironde ont saisi à leur tour la première ministre de ce dossier.

Les planètes semblent donc s’aligner en faveur de ce projet ambitieux. Et c’est une bonne nouvelle pour la Région, ses entreprises et ses habitants. Mais aussi pour notre pays qui devra faire face à un doublement de la consommation d’électricité d’ici 2050 selon l’Académie des Sciences.

 

  1. Selon un sondage du 3 novembre 2022 du cabinet Elabe, lequel considère « que les points forts du nucléaire aux yeux des Français se renforcent depuis un an » : 78% (+5 %) estiment qu’il garantit l’indépendance énergétique de la France, 65% (+9 %) qu’il est une énergie d’avenir et 62% (+5 %) une énergie bon marché. 
  1. Ce collectif rassemble des élus et des citoyens ayant l’ambition de dépasser les clivages politiques et de s’inscrire dans un long temps pour faire aboutir ce projet. Il se compose de 147 membres dont 29 maires du territoire de la Haute Gironde, 64 conseillers municipaux et 54 anciens cadres de la centrale du Blayais.